‹ Ethnographie ancienne de l'EquateurChapitre 103 sur 149 · PINCES A ÉPILER · texte numérisé non relu

PINCES A ÉPILER

L’unique exemplaire de notre collection est une pince en or provenant de Pucala (pays des Paltas) [pl. XXIV, fig. 18): elle comprend deux valves de forme arrondie, se faisant face par leur concavité, unies par une lame formant ressort. C’est avec la pince en cuivre doré, trouvée par Saville dans la province de Manabi (365, ii, pi. lxvi, fig. 7), les seuls spécimens que nous connaissions de l’Equateur. Il s’agit là certainement d’objets importés du Pérou. En effet, dans ce pays, cet instrument se rencontre avec une grande fréquence et sous les formes les plus variées, ainsi qu’on peut s’en rendre compte par la belle série de 27 exemplaires que possède le Musée d’ Ethnographie du Trocadéro, les deux spécimens du Musée des Antiquités nationales de Saint-Germain (n» 23100) et les nombreuses pièces figurées par Rivero et Tschudi (344, pl. XXXIV; fig. 4), Squier (387, p. 75), de Castelnau (7i, pi. xxxi, xxxiii), Ewbank (112, p. i38, fig. S], Reiss et Stübel (335, iii, pi. lxxxi, fg. i-s), Uhle (408, pi. vu, fg. 9) et Baessler (23, pl. XVI, XVII).

L’immense majorité de ces objets est en cuivre, en bronze ou en argent. Toutefois, Baessler en a figuré 8 en or, provenant de Marquez, de Chuquitanta et de Pachacamac

(23, fig. 25i, 258, 279, 282, 283, 286, 291, 292).

Ils ne sont pas répartis d’une façon uniforme dans toute l’étendue du pays : en effet, sur 89 échantillons dont la provenance exacte est connue, 2 seulement ont été rencontrés dans le haut Pérou; ils sont en cuivre et ont été rapportés de Choquequirao par Angrand (Tr. n»» 20926, 20927). Une fois de plus, la côte péruvienne apparaît donc comme le centre par excellence de l’industrie des métaux et comme

OBJETS EXTRAITS DES TOMBES PRÉCOLOMBIENNES DE l’ÉQUATEUR. 3i5

la région où l’ouvrier savait le mieux varier les formes des produits de son industrie.

Du Pérou, la pinee à épiler a pénétré dans les pays adjacents du Sud et de l’Est : en Bolivie, d’où l’on connaît trois spécimens de Copacabana, deux en cuivre, un en argent {23, fg. 268, 273, 280); en pays calchaqui, où elle est très fréquente et d’où Ambrosetti en a figuré ou signalé plusieurs, tous en cuivre ou en bronze, provenant d’Amaicha, du Rio del Inca, de Belén, de Fuerte Quemado (vallée de Yocavil), de Santa-Maria, de Pucarilla (8, xix, p. 48, fig. 67; 13, p. 230-231, fig. 47) et de La Paya [15, p. 233-234; 15 W.9, p. 426-428, /? g. 224). Du Chili, on ne connaissait, jusqu’à ces derniers temps, que deux pinces en argent fondu des environs d’Osorno (247, p. i68-i6g, fig. 124-125). A en juger par ces pièces, on aurait pu croire que la pince à épiler se présentait, dans ce pays, sous la forme très primitive de deux valves indépendantes qu’aucun ressort ne réunissait, mais, récemment, Latcham en a publié des exemplaires en bronze, recueillis à Cobija, à Caldera et à Paposo, absolument identiques au type péruvien (221, p. 16-17, fig. 1-7) (').

Du côté du Nord, l’usage de la pince à épiler ne semble pas avoir été très répandu; nous ne connaissons, du moins, que deux spécimens en cuivre ou en bronze (') de Cartago (Cauca) (407, i, pi. xxii, fig. 25-26), une pièce en cuivre du Chiriqui (236 ter, p. 198, fig. 326) et trois échantillons mexicains en bronze (33, pi. xxvi, fig. 9; 308, i, /. àminas, pl. CX, fig. 7; 236, II, p. 399) (").

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