‹ Ethnographie ancienne de l'EquateurChapitre 42 sur 149 · TOLAS · texte numérisé non relu

TOLAS

Après les sépultures en puits, ce sont les tolas ou sépultures sous tumulus qui sont les plus fréquentes en Equateur. A propos des Garas, nous avons reproduit les renseignements que donne Velasco sur la construction de ces curieux monuments funéraires et indiqué les raisons qui, contrairement à l’opinion de Gonzalez Suarez, nous font accepter les détails et les traditions que l’ancien historien du royaume de Quito nous a transmis à leur sujet. Nous n’avons donc pas à y revenir ici.

Les dimensions des tolas sont très variables : ordinairement, elles mesurent i5“ à 20"' de haut, à 49”^ de long, sur une largeur un peu moindre (201, ii, p. 617).

Leur forme est également variable; le plus souvent, elles sont parfaitement circulaires, mais il en est d’elliptiques, de circulaires avec un prolongement ou

(‘) « Aussitôt que mourait le cacique, on lui enlevait les intestins et les organes internes et on l’emliaumait avec une résine appelée mocoha.... On enveloppait le corps de riches manias, on l’ornait de bijoux d’or, on lui mettait en outre quelques émeraudes et plaquettes d’or dans les yeux, les narines, les oreilles, la bouche et l’ombilic. On le descendait alors au fond du puits et l’on disposait près de lui ses armes et ses bijoux ; brassards, plastrons et couronnes d’or. On suspendait, en outre, à ses épaules la mochila de coca, et autour de lui, on rangeait des pots de chicha et des pains de maïs. On couvrait le tout d’une couche de terre, ensuite on enterrait vivantes trois ou quatre des femmes préférées du défunt, puis on jetait une nouvelle couche de terre, au-dessus de laquelle on mettait ses meilleurs esclaves, et enfin on comblait la fosse. Les femmes et les esclaves étaient au préalable enivrés avec de la chicha mêlée de narcotiques » (341, p. 116-117).

(-) « Le mode le plus commun d’enterrer les morts était de les placer à une grande profondeur dans un caveau, la tète vers l’Est; leurs armes et leurs bijoux étaient placés à leur gauche; à leur côté, on disposait égilenrent des pots de chicha, du maïs en grains et des pierres à moudre. Ce caveau recouvert, on plaçait dans d’autres caveaux taillés dans les parois du puits quelques femmes et quelques esclaves, après les avoir enivrés; puis on finissait de combler la fosse, et tant que durait la provision de chicha, on continuait à accumuler de la terre de façon à former une pyramide plus ou moins haute ï (339, p. i43).

(®) Nous tenons ces renseignements de l’ancien directeur du Musée d'histoire nationale de Lima, le D’^ Ilhle, qui a bien voulu nous fournir les détails suivants : Los entierros de la région de Nazca lienen en gran parte (tiempo del primer periodo) una forma parecida a la de los entierros ecualorianos. Siguiendo un pozo vertical para abajo se encuentran siempre los restos en el jondoen un holsôn, como una camara al lado. En el periodo ûltimo de la costa, en el oalle de Chincha, se hicieron por millares estos entierros : un cuarto cûbico oacio à la luz del dia, mas ô menas dos métros ancho y largo y algo mas hondo, à cuyo fonda, al lado, se cncuenlra algo como una cueoa excaoada y cerrada despues de ocuparla, donde se encuentran los restos enterrados. Muchos entierros muy antiguos en Ancon y otros mas nueoos en el voile de Lima iienen la forma de un pozo que desciende en gracias, cambiando varias veees su dirccciôn hasta encontrar el lugar donde se ha metido la momia.

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appendice quadrangulaire; d’antres, enfin, sont en forme de croix (142, p. ^s). Dans la région côtière, la forme circulaire est la plus fréquente, mais on trouve aussi des tolas quadrangulaires ou en forme de T (6I).

Tantôt les tolas de la vallée interandine ne renferment qu’un seul cadavre, tantôt le nombre peut s’en élever jusqu’à 5 ou 6. La position du squelette n’est pas partout la même ; le plus souvent étendu sur le dos, il est parfois accroupi (142, p. 73); lorsqu’il y a plusieurs corps, ils sont étendus sur le dos, en cercle (140, i, p. 275). Sur la côte, d’après von Buchwald, les tolas sont généralement des sépultures collectives (61). Ce fait est confirmé par Saville (365, ii, p. 33-56), qui donne des détails circonstanciés sur trois mounds du cerro de Jaboncillo (province de Manabi), dont l’un contenait 20 squelettes.

Grâce aux travaux de Gonzalez Suarez et de von Buchwald, on peut délimiter à peu près exactement faire équatorienne des tolas. Dans la vallée interandine, on les rencontre dans toute la région comprise entre le rio Guallabamba au Sud et le rio Chota au Nord, c’est-à-dire à peu près dans tout le territoire cara (142, p. 12). Entre la Cordillère occidentale et la côte du Pacifique, l’extension des tolas est bien plus considérable. Leur limite septentrionale semble être le rio Mira ; vers le Sud, on les retrouve jusqu’à l’embouchure du rio Guayas et vraisemblablement plus bas encore (6I). Il est à remarquer que ce territoire correspond très sensiblement au domaine que la linguistique conduit à fixer au groupe barbacôa.

En dehors de l’Équateur, les tolas se rencontrent en Colombie avec une grande fréquence; nous avons vu qu’elles sont associées aux sépultures en puits chez les Quimbayas et les riverains du Sinù (p. 124-125). Douay (104, p. 755) signale également l’existence de nombreux tumulus dans tout le Cauca,mais sans donner aucun détail.

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