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SÉPULTURES EN URNES

Gonzalez Suarez mentionne, dans plusieurs régions de l’Équateur, des sépultures en urnes. Comme nous n’en avons pas découvert au cours de nos fouilles, c’est exclusivement d’après l’historien équatorien que nous en parlerons.

Les sépultures en urnes ont été rencontrées dans le district actuel d’El Angel, dans les environs des villages de Pimampiro et de Puembo et, enfin, chez certaines peuplades des provinces d’Esmeraldas, de Manabi et même du Guayas (140, i, p. 119,

Atlas, p. 26; 142, p. 77).

« Dans le district même d’El Angel, écrit Gonzalez Suarez, on trouve des cadavres d’indigènes placés dans de grands vases d’argile; ils sont repliés sur eux-mêmes de façon à pouvoir y entrer assis, les genoux contre la poitrine, la tête appuyée sur les mains ; ces vases sont enterrés profondément dans la terre. Un tel mode de sépulture était également employé par les tribus de Pimampiro et de Puembo; dans ces deux localités, le vase funéraire était très grand et recouvert par un

VESTIGES PRÉCOLOMIilENS EN TERRITOIRE ÉQUATORIEN. I 27

couvercle d’argile presque de même taille et de forme identique. Dans certaines sépultures de Pimampiro, ces vases se rencontrent réunis dans des cavernes ou dans des trous et rangés en ordre les uns à côté des autres suivant un cercle. Les squelettes des enfants sont dans des vases plus petits « (142, p. 77).

La description des urnes funéraires de la côte est à peu près identique : « Plusieurs tribus qui habitaient les provinces d’Esmeraldas, de Manabi et même de Guayaquil, repliaient et comprimaient le cadavre de façon à le réduire à un très faible volume et l’enfermaient en position accroupie, les jambes serrées contre la poitrine et les bras ramenés sous le menton, dans des vases d’argile faits spécialement dans ce but et fermés ; puis, elles les enterraient dans des trous profonds creusés dans le sol ; à côté de l’urne funéraire, elles mettaient des vêtements, des armes, des ornements, en un mot tout ce dont le mort pouvait avoir besoin dans l’autre vie » (140, i,p. 119).

L’existence de ces sépultures en urnes en Equateur est très intéressante, mais nous ne pensons pas qu’on puisse en tirer les conelusions que Gonzalez Suarez a exposées. Cet auteur considère, en effet, ce mode de sépulture comme d’origine caribe et en infère que des peuplades de cette origine ont habité certaines régions équatoriennes (142, p. 77). Or, comme l’a montré Boman (47, i, p. 2C2-276),la sépulture en urnes est caractéristique, non des peuplades caribes mais de toutes les tribus de la famille tupi- guaranie ; de plus, cet auteur a rappelé que Hutchinson (I86, i, p. nS-nG) mentionne une urne d’environ deux pieds de hauteur, contenant tous les os d’un être humain, qui fut exhumée à Ica, et que Bastian [32 bis, ii, p. 916) a signalé la trouvaille d’urnes semblables à Canete, au sud de Lima. L’existence de sépultures analogues sur le littoral équatorien n’est donc pas un fait isolé et, avant d’en tirer une théorie sur l’origine des peuplades de cette région, il est prudent d’attendre de nouveaux faits. Quant aux trouvailles similaires faites dans la vallée interandine, elles pourraient s'expliquer par l’immigration de peuplades côtières, dont nous avons déjà signalé un exemple à propos des Garas, ou par l’existence de colonies de mitimaes péruviens.

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