PETITS RÉCIPIENTS EN PIERRE
Notre collection renferme deux petits pots en serpentine. Le premier, qui a été trouvé à Pucara (région des Canaris) {pl. X, fig. 9), est de forme globuleuse et ne présente qu’une seule anse. Le second, dont la provenance exacte n’est pas connue, a la même forme générale; il semble que l’anse en ait été rompue; son ouverture est entourée d’un léger rebord. Il ressemble beaucoup, par ce détail et par sa forme, à un objet du cerro Jaboncillo (province de Manabi), que Sa ville a décrit comme un mortier (365, ii, p. 164, pi. lxi, fig. 7). Des godets analogues ont été figurés également par Bamps, qui les désigne sous le nom de hrûle- parfums (27, p. 128, pi. xx, fig. 3, 4, 6, 7); le seul de ces échantillons dont l’origine soit connue a été recueilli à Quinjeo (région des Canaris). Uhle en a représenté un exemplaire de Quito (407, i, pi. xvii, fig. 17). Enfin, la collection Cousin en renferme trois, dont l’un, rencontré à Cayambe, est ovoïde, avec ouverture placée à l’extrémité effilée, tandis que des deux autres, provenant de Quito, l’un est globuleux et le second cylindrique.
En résumé, à l’heure actuelle, on connaît quatre pièces de ce genre du pays cara, deux du pays canari et une de la région côtière.
Des objets analogues ont été découverts dans la haute Bolivie. La forme qui paraît dominer dans cette région est cylindrique ou tronconique. De plus, les récipients sont souvent de plus grandes dimensions, tels ceux de Tialiuanaco figurés par Uhle (407, i, p/. x/x, /?g. 8-10) ; toutefois, certains sont aussi petits que nos spécimens équatoriens (407, i, j>i.xix, fig. ii-i3) et celui que nous reproduisons {pl. X, fig. 7) rappelle beaucoup un des spécimens de la collection Cousin, avec cette seule différence qu’il porte quatre petits appendices servant à le saisir.
Un petit vase en stéatite trouvé par Boman à La Paya (47, i, fig. i3, m) présente de grandes analogies avec ces formes boliviennes.
Les aborigènes chiliens, au contraire, domiaient plutôt à ces objets la forme
OnjETS EXTriAlTS DES TOMBES l'IlÉCOEOMBlEXNES DE d’ÉQUATEUB. 1 9^
globuleuse, à en juger par l’exemplaire de Curicô publié par Médina (247, p. 364, //g. 1 12).
Du côté du Nord, nous trouvons des pièces de comparaison au Costa-Rica (156, pi. XXXIX, fjg. 25, 29), dans l’Arizona (361, p. 181, /?g. 98) et surtout en Californie (319, /-/. E-E/, p. 85-86, /ig. 19-21; 331, p. 36). Parmi les très nombreux réeipients en pierre de eette dernière région, les uns, tout à fait eomparables par leur taille et leur forme à nos réeipients équatoriens, sont pour la plupart en stéatite ou en serpentine; d’autres, qui n’en diffèrent que par des dimensions un peu plus grandes et que, pour eette raison sans doute, Abbott (3i9,p. 70-86) déerit eomme des mortiers, sont en grès. Sehumaeher en a figuré eependant d’aussi grands en stéatite, qu’il désigne sous le nom de cooking pot (369, p. 258-269, fig- h a)- Des pièees semblables à nos spécimens équatoriens se rencontrent encore dans d’autres régions des Etats-Unis, d’après Fowke, qui en donne un spécimen de l’Arkansas (127, p. 93, fig. 89). Chez les Esquimaux, ces petits vases en pierre sont exceptionnels, car Thalbitzer considère comme unique l’échantillon de la collection Amdrup recueilli à Dunholm (Groenland oriental) (396, p. 38o-38i, fig. i5).