‹ Ethnographie de l'AlgérieChapitre 3 sur 13 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

L'Algérie ne consliliie pas un domaine ethnographique à part; ainsi que le Maroc et la Tunisie, elle forme une des divisions artificielles que les circonstances politiques ont tracées dans cette grande région que nous appelions autrefois» États barbaresques, » et à laquelle les Arabes continuent à donner aujourd'hui le nom de Maghreb. Toutefois, depuis 1830, l'occupation française a modifié dans une certaine mesure les conditions d'existence des quatre races ou sous-races qui peuplaient l'Algérie et leur a déjà donné une physionomie particulière qui les différencie légèrement de celles du Maroc et de

la Tunisie. En outre, il se forme sous le nom d'Algériens une race nouvelle chez laquelle les caractères spéciaux apportés par chacun des éléments d'origine latine qui la composent, tendent à se fondre pour constituer un ensemble de traits communs. L'influence persistante du milieu ne tardera pas à fixer et à accentuer ce qu'il y a encore d'indécis dans la constitution ethnographique de ces néo-algériens.

Jusqu'ici, les indigènes n'ont point pris part à cette fusion des divers groupes européens. La différence des mœurs plus que celle des religions en a été la principale cause. Les femmes européennes ne sauraient consentir à vivre dans la dure condition imposée aux femmes indigènes et celles-ci qui accepteraient volontiers l'existence plus douce que comporte notre civilisation, ne sont point libres de choisir un époux. Elles se marient à un âge trop tendre pour oser discuter le parti que leur proposentloursparents et, vivant cachées aux regards de tous les hommes, il leur est impossible d'attirer Tattention des jeunes gens européens qui pourraientpeul-ètre s'éprendre d'elles et réussir à vaincre l'hostilité des familles indigènes à l'égard de ces unions mixtes. 11 est, du reste, difficile de se

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prononcer sur le sort de somblablos mariag'es. Les orphelines recueillies pendant la famine de 1867 et converties au catholicisme n'ont point fait des ménagères exemplaires. Il est juste d'ajouter qu'elles se trouvaient dans des circonstances particulièrement défavorables : sans fortune, méprisées et haïes des musulmanes, tenues à l'écart par les européennes, elles ont vécu dans un triste isolement que la religion a été impuissante à rendre supportable. Cette expérience n'est donc nullement probante, et il faut espérer que de nouvelles tentatives d'unions mixtes faites dans des conditions plus normales donneiont des résultats moins décourageants. Dans tous les cas, l'essai doit être tenté, et il suffira, pour faciliter cette fusion si désirable dans l'intérêt des vainqueurs, aussi bien que dans celui des vaincus, que l'on arrive, par des transformations successives de la loi musulmane, à modifier la situation fâcheuse faite à la femme dans la société arabe.

ETIINOGnAPHlE DE L ALGERIE

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