Flacourt, éd. 1661, p. 464 et suiv
Madagascar ‘ ». S'il faut l’en croire, les profits que l’on pourrait retirer de ce commerce ne manqueraient pas d’être considérables, car ces contrées sont si étendues qu’il est impossible qu’elles soient dépourvues de toute ressource. Elles seraient même richement dotées par la nature.
Mais ce n’est pas la seule raison qu’il allègue pour exciter ses compatriotes à l’exploration et à la conquête de ce troisième continent. Comme le voyageur Queiros, dont il fait mention et dont il semble s’être inspiré, il prétend que le but principal d’une expédition au continent austral devrait être la propagation de la foi’. Il a d’ailleurs subi une autre influence que celle des Mémoires de l’intrépide découvreur portugais. Il est certain que Flacourt se rencontrait souvent chez les évêques de Beyrouth et d'Héliopolis avec l'abbé Paulmier, chanoine de Lisieux et homme très instruit dans les navigations au long cours. Cet abbé, qui descendait de Binot-Paulmier de Gonneville, célèbre par sa navigation aux terres australes, lui fit sans doute part de ses vues sur l'établissement d’une mission chrétienne dans ces pays lointains et le persuada vraisemblablement de la nécessité de les coloniser, car il nous parle des parents de Gonneville envoyés en France et « dont la postérité y continue encore pour nous faire ressouvenir de ne pas négliger les pays méridionaux »5.
Telles sont les vues de Flacourt sur la colonisation de Madagascar et des terres australes. Il ressort de cette étude qu'elles paraissent être en partie inspirées des idées de Richelieu en matière coloniale, en partie le fruit de l'expérience personnelle de l’ancien gouverneur. Comme les hommes de son temps, comme Lescarbot, Richelieu, Champlain, il déclare que