Flacourt, éd, 1664, p. 464 et suiv
2. Flacourt, éd. 1661, p.461 etsuiv. ; Rainaud, Le continent austral, p.302; 304, 330, et suiv.
3. Flacourt, éd. 1661, p. 466 ; de Brosses, Histoire des navigalions aux lerres australes; t, I, 1. ILI,-p. 102.
Flacourt, a cru à tort que Gonneville avait découvert la Nouvelle-Hollande. On sait aujourd’hui qu’il a abordé à la côte brésilienne (d’Avezac, Annales des voyages, 1869, t. 11, 259-297; t. III, p. 12-82).
la colonisation doit embrasser aussi bien les intérêts matériels que les intérêts moraux et religieux, mais qu’on doit songer à convertir avant de songer à exploiter. A limitation de ce qu'avait réclamé l’illustre cardinal de la Compagnie des Cent associés, il demande des missionnaires, proscrit de la colonie les étrangers et les hérétiques, veut y introduire l’organisation judiciaire de la France et propose un régime des terres qui les met entre les mains de la Compagnie comme une propriété féodale. Mais quelque difficile qu'il puisse être de diré exactement jusqu’à quel. point ce plan de colonisation représente ses opinions personnelles, on ne peut s'empêcher de reconnaître que plusieurs de ses vues sur le régime moral, administratif et économique qu'il désire pour la jeune colonie, lui ont été suggérées par ses relations avec les missionnaires, les colons et les indigènes, et par ses observations géographiques et ethnographiques beaucoup plus que par la lecture de diverses publications du temps ou par des conversations avec ses contemporains.
On lui doit des considérations neuves et originales (dont quelques-unes pourraient être encore mises à profit à l'heure présente) sur le gouvernement qu'il convenait de donner à la colonie ; l'opportunité d’une certaine tolérance pour les vieilles coutumes, lorsqu'on s’efforcerait d'établir le christianisme dans l’île, les moyens de tirer parti de ses ressources, tout en faisant participer les habitants aux avantages de la civilisation par l'initiation agricole, industrielle et commerciale, la nécessité pour les Compagnies de se montrer patientes dans l'attente des résultats et de ne point perdre courage, si les bénéfices ne répondaient pas à leurs espérances, les endroits où il était à propos de fonder des établissements, la main-d'œuvre qu'il était possible d'utiliser, les relations commerciales que l’on devrait entretenir avec les pays voisins ou éloignés de la colonie, enfin sur le régime commercial que l’on pourrait mettre en vigueur. Si quelques-unes de ces considérations peuvent paraître Contestables, elles n'en accusent pas moins toutes un grand sens pratique, une certaine expérience admi-
nistrative, et, chose surprenante de la part d’un homme qui n'avait laissé aux indigènes d'autre choix que l'asservissement ou la mort, elles feraient croire volontiers à une certaine générosité de sentiments. De même, si Flacourt se laisse quelque peu guider par son propre intérêt dans les conseils qu'il donne, il s'applique néanmoins à concilier les intérêts de la Compagnie avec ceux des colons, et il arrive parfois qu’en servant sa cause il sert celle de la France.
Que son plan de colonisation renferme des lacunes, si on le le compare à ceux de ses successeurs, des Maudave, des Beniowski et de nos contemporains, nous n’oserions y contredire ; il est toutefois le premier où l’on trouve un ensemble complet de vues, fort justes souvent, sur le régime qu'il convenait d'appliquer à notre colonie de l’océan Indien‘.
4. D'après M. Martineau (Madagascar, ke mille, p. 16), « Flacourt a laissé de son administration et de ses voyages un récit très long où l‘on trouve des vues fort justes sur l'administration européenne qu'il convient d'imposer aux peuples malgaches ».
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