Bibliothèque nationale, Manuscrits, 10209, f. fr
isle, à se soumettre à Notre obéissance et même à payer annuellement entre Nos mains les tributs qu’ils payoient à leurs princes : Veu d’ailleurs que ladite Compagnie, satisfaite de votre conduite, vous a derechef nommé pour y aller reprendre la même direction : A ces causes et autres à ce Nous mouvant et confirmant, en tant que besoin est ou seroit, l’acte de ladite nomination dont copie est et attachée sous le contre-scel de Nostre chancellerie, Nous vous avons commis et ordonné, commettons et ordonnons var ces présentes, signées de Nostre main, pour sous Nostre autorité avec la garde de ladite isle de Madagascar et autres adjacentes et des forts qui y sont ou pourront estre ci-après établis, avec pouvoir de commander tant aux habitans desdites isles qu'aux gens de guerre qui y sont ou seront ci-après mis en garnison, comme aussi à tous autres de Nos sujets qui sont ou pourront aller s’y établir, faire vivre lesdits habitans en union et concorde les uns avec les autres; contenir lesdits gens de guerre en bon ordre et police, juger les différends qui pourront naïtre entre eux, faire punir les délinquans suivant Nos ordonnances, selon que les cas le pourront requérir, maintenir le commerce et traficq desdites isles au profit de ladite Compagnie et généralement faire et ordonner tout ce que vous connaïtrez estre nécessaire pour le bien de Nostre service et la garde et conservation desdites isles en Notre obéissance, et jouir des mêmes honneurs, autorités, prérogatives, prééminences, droits et émolumens que jouissent les autres pourvus de pareille charge, tant qu’il Nous plaira de ce faire. Nous avons donné et donnons plein pouvoir, commission et mandement spécial par ces dites présentes, par lesquelles Nous mandons et ordonnons à tous capitaines, officiers, gens de guerre et habitans desdites isles et autres
Nos officiers et sujets qu'il appartiendra de vous reconnoistre en ladite qualité de vous obeyr et entendre es choses touchant et concernant le présent pouvoir. Car tel est Nostre bon plaisir.
Donné à Bayonne, le douzième jour de mai, l'an de grâce 1660 et de Nostre règne le dix-septième (1).