‹ Etienne de FlacourtChapitre 76 sur 157 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

L'œuvre géographique de Flacourt.

Faibles progrès des connaissances cartographiques pendant le séjour de Flacourt à Fort-Dauphin. — Part d'originalité et d’exactitude de Flacourt dans sa carte générale : situation astronomique, relief, hydrographie fluviale, configuration. — Cartes spéciales et plans. -- Innovations dans la nomenclature.

Faibles progrès des connaissances descriptives pendant le séjour de Flacourt à Fort-Dauphin. — Part d'originalité, de sens critique, de sincérité et d’exactitude dans sa description générale et dans ses descriptions particulières : dénomination, situation, dimensions, relief, hydrographie fluviale, littoral, climat, ressources, végétales, animales et minérales. — Appréciation générale.

On sait que jusqu’à l’année 1648, les publications cartographiques n'avaient donné de Madagascar qu’une idée fort vague, très incertaine et incomplète. Depuis cette date jusqu’à l’année 1656 pendant laquelle Flacourt a établi sa carte générale, les connaissances géographiques sur la grande île avaient fait peu de progrès. Les cartes que nous ont laissées quelques géographes ou voyageurs de cette période (notamment celles de Widde, 1650; Cauche, 1651; Sanson, 1655); n'étaient pas meilleures que celles de l’époqueantérieure sur lesquelles elles semblent avoir été copiées plus ou moins servilement. Elles n’avaient pas mieux fait connaître le littoral, ni l'intérieur. Cependantelles portaient un certain nombre de nomsnouveaux, et l’on avait appris le nom de 4 caps ou pointes, 7 bouches de rivières, 8 îles, 11 ports, baies ou villages ‘.

1. Sur ce nombre il faut compter, pour la côte orientale, 4 cap, 3 bouches de rivières, 1 ports ou baies et villages ; — pour la côte méridionaie, 4 village ; — pour la côte occidentale, 3 caps, 4 bouches de rivières, 8 îles, 3 ports,

baies ou villages. Voir A. Grandidier, Histoire de la géogr., éd. 1892, p. 41 k,e; 44, 1, 89-129.

Flacourt qui a eu entre les mains la carte de Fr. Cauche et peut-être celle de Sanson, ne dit pas s'être inspiré de ces cartes pour dresser Ja sienne. Mais, ainsi qu’il le déclare lui-même, il a eu recours à quelques cartes étrangères, du moins pour la désignation de certains lieux et de certaines localités qui n'avaient point été visités par les Français. « Il a élé nécessaire, dit-il, que dans ma carte générale de l’île, je me servisse aux lieux et côles qui n’ont point encore été connus par nous autres Français des noms que l’on voit dans les cartes imprimées, lesquels ont été imposés par les Portugais aux caps, havres et terres qu'ils ont vus, sur les bords de la mer!. » Quelles sont ces cartes imprimées? C’est ce qu'il est difficile d'affirmer, Flacourt n’en ayant fait connaître les auteurs en aucun passage de son livre.

Toutefois si l'on examine les anciennes cartes de Madagascar, on ne peut s'empêcher de remarquer, que de toutes ces cartes, deux seulement donnent à la pointe de l’île la forme toute spéciale qu'elle a également sur celle de Flacourt et qu’elles sont dues à des géographes portugais, l’une à Lazaro Luiz, 1560 ; l’autre à Vaz Dourado, 1571°. Il n’est donc pastéméraire de penser qu'elles ont été entre les mains de l’ancien gouverneur. Mais celle qui semble lui avoir servi de modèle serait (comme le croit M. Grandidier)*? la carte de Lazaro Luiz. En effet l’île Sainte-Marie, tropéloignée de laterre ferme, sur celle de Vaz Dourado, est au contraire relativement bien placée sur les cartes de Lazaro Luiz et de Flacourt.

Quoi qu'il en soit, notre vieil auteur ne paraît pas avoir fait preuve de beaucoup d'originalité dans la construction de cette carte, bien qu’il assure l’avoir dressée sur les lieux *. |

Sans doute il a pu obtenir des indigènes et des Français qui avaient accompagné Pronis, ou se trouvaient sous ses ordres,

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