‹ Etienne Dolet, le martyr de la RenaissanceChapitre 111 sur 133 · CLAUDE DOLET · texte numérisé non relu

CLAUDE DOLET

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N n'a jusqu'ici découvert aucune trace de la veuve de Dolet et de son fils Claude. On s'est demandé ce qu'ils étaient devenus après sa mort, mais cette question est demeurée sans réponse. Née de la Rochelle n'a réussi à découvrir que deux personnes portant le même nom au dix-septième siècle : un certain Léon Dolet, avocat et échevin de Paris en 1603, et un Jacques Dolet qui remplit les mêmes fonctions en 1623. M. Boulmier n'a pu ajouter aucun nom à cette maigre liste. « Après la mort de Dolet,» écrit-il, <^ nous perdons complètement la trace de son fils Claude. » « Ce jeune infortuné, » dit Née d< Rochelle, «excite la compassion et arrache des larmes. Victime innocente et plus à plaindre de la fureur des ennemis de Dolet, que devint-il après la mort de son malheureux

père? Forcé par- un préjugé qui existe encore, de cacher son malheur, sa mère lui chercha peut-être, loin de la ville qui le vit naître, un asile où ils pussent vivre ensemble, ignorés, tranquilles et à couvert de la persécution des faux dévots et des défenseurs trop réglés de la religion catholique. Il est certain néanmoins que cet enfant, destiné à paraître avec éclat dans le monde littéraire, fut perdu pour lui, ou qu'il déroba tellement son nom à la curiosité du vulgaire, que personne n'a plus parlé de son existence, ni même de sa mort1. »

Je crois pouvoir en une certaine mesure lever le voile mystérieux qui jusqu'ici a enveloppé la fin de la vie de Claude Dolet et donner sur lui et sur ses descendants quelques indications, que je laisse à d'autres mieux placés que moi le soin de compléter.

Après de nombreuses et longues recherches faites un peu de tous les côtés pour découvrir des personnes portant le nom de Dolet, j'ai trouvé à la fin que Claude Dolet vivait dans l'aisance de 1570 à 1585 à Troyes, ville importante de France pour la fabrication des papiers, où les imprimeurs de Lyon allaient chercher le papier dont ils avaient besoin pour leurs travaux; et la publication d'une édition du Second Enfer en 1544 (par Nicole Paris) nous prouve que Dolet avait des relations dans cette ville, où je suppose qu'il a été arrêté pour la dernière fois. Parmi les manuscrits de la bibliothèque nationale se trouve une traduction française de l'Ethique d'Aristote due à Nicole Oresme2. Ce volume est un grand in-quarto écrit sur vélin d'une écriture du quinzième siècle, et orné de nombreuses miniatures, vignettes et lettres initiales ; sur le dernier feuillet on lit la note suivante : « Cest livre de Ethiques est de

Messire Bertran de Bcauvau et le acheta à Paris le

XXIIIe jour de May Van mil CCCC quarante sept. » Et au-dessous :

1 Vie de Dolet, p. 63.

2 Voyez les Manuscrits français de la Bibliothèque du Roi, par A. Paulin. Paris, vol. IV, p. 430, n» -jobg, 55i.

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