‹ Etienne Dolet, le martyr de la RenaissanceChapitre 23 sur 133 · HAP. VII. — L ORATEUR · texte numérisé non relu

HAP. VII. — L ORATEUR

d'insultes sur Dolet, il prétendit qu'il avait tout à la fois à défendre la dignité du parlement de Toulouse compromis-, et la cause des Gascons outragés1.»

Dolet ne se contenta pas des attaques que, dans son second discours (dont il sera question tout à l'heure), il lança contre rinache, il écrivit deux épigrammes injurieuses contreson adversaire et parla de lui avec aigreur dans ses lettri Arnoul Le Ferron. Jules-César Scaliger néanmoins ne ménage aucun compliment à Pinache, il dit qu'il est modeste, docte et éloquent8; il est vrai qu'à ce moment Scaliger avait déjà été mortellement blessé par le dialogue de Dolet intitulé: Dt imitationc Ciceroniana. Quoiqu'il en soit, le Gascon était un homme qui avait assez d'esprit et de savoir pour faire à l'orateur français une réponse virulente, pleine d'invectiv il accusa Dolet d'être non seulement un adorateur de Cicéron, mais pis encore, un luthérien et un hérétique, et demanda au bras fort de la justice de le punir pour avoir censun parlement et les magistrats. Il se pouvait que Dolet se crût obligé de répondre aux accusations de son adversaire. M une réplique qui fût à la hauteur de la situation demandait quelque préparation. Nous ne pouvons pas fixer la date précise du second discours, nous savons seulement qu'il fut prononcé entre le 26 novembre 1533 et le 26 janvier 1534'

1 second discours fut adressé à une assemblée plus nombreuse que la première, et parmi les auditeurs se trouvaient Pinache, Arnoul Le Ferron, et -ans doute Jean de Boyssone. Il est bien plus violent, bien plus libre et montre plus de

1 Préface des Orat, duos in Tholosam.

ttre à Arnoul Le Ferron, Schelhorn, Amœmtates Litterarice, VIII

Je ne puis trouver aucun autre renseignement sur Pin 9 auteurs d

raphie Toulousaine l'ont oublié, ainsi que plus d'un des fameux dont les noms sont associés à l'histoire de la ville.

:l 11 n'avait pas ete prononcé le 26 novembre, date de la lettre Jacques Bording, et avait ete prononcé avant le 2" janvier, date «Je la k iul Le Ferron.

force et de talent que le premier. Il est aussi plus long et remplit cinquante pages dans l'édition imprimée.

Commençant par des injures et des railleries à l'adresse de son adversaire qu'il appelle ineptissimus homo, imbccillus obtrectator , imper itus riidisque acclamât or ', Dolet va — comme c'était la coutume des disputants de l'époque — jusqu'aux personnalités; il parle de la voix grêle et tremblante de Pinache, de son teint basané, de son visage de rustre, et il continue, avec plus de raison, en se plaignant que, au lieu de répondre à son discours, Pinache ait excité le parlement contre lui, et que, au lieu d'attaquer sa réputation d'orateur, il ait mis sa sécurité personnelle en danger. «Me refuserezvous,» s'écrie-t-il, «le droit d'attaquer celui qui voulait non seulement compromettre ma réputation, mais encore ma sécurité, et qui ne s'efforçait pas tant de répondre à mon. discours que d'exciter le parlement contre moi?» Puis, après avoir fait l'éloge de la race et du nom français qui avaient été ravalés par Pinache, et après s'être défendu de l'accusation d'avoir attaqué Toulouse — accusation, laisse-t-il entendre, que son adversaire avait dirigée contre lui pour de l'argent ou parce qu'il était ivre — il ajoute : «Vous avez demandé, voulant me désigner: «Quel est celui qui a cherché «à faire mépriser les décrets du parlement? Qui avouera «être l'auteur d'une pareille tentative?» Tel est le langage dont vous vous êtes servi pour m'attaquer. Et votre fureur grandissant encore, vous m'avez appelé traître à mon pays, vous avez dit que j'étais coupable d'une conspiration contre lui, et déclaré que je méritais d'être décapité ou jeté du haut d'un rocher, ou lié dans un sac et lancé à la rivière, ou au moins, et c'était le châtiment le plus doux, exilé de Toulouse.»

Après s'être défendu de l'accusation d'être trop exclusivement voué au culte de Cicéron, il réhabilite encore une fois la race et le nom français et répond ensuite aux reproches personnels que Pinache lui avait faits sur sa pauvreté et sur la

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