‹ Etienne Dolet, le martyr de la RenaissanceChapitre 24 sur 133 · CHAP. VI I. I- 0RA1 EUR IOI · texte numérisé non relu

CHAP. VI I. I- 0RA1 EUR IOI

bassesse de son origine; et c'est alors qu'il 'lit sur sa famille 1 1 que j'ai cité plus haut '.

«Puis, ajoute-t-il, poussé par le désir de me ravaler encore plu-, impudemment, Pinache fond sur moi avec une furie extraordinaire, et se sert contre moi du Langage le plus violent. 11 s'écrie que j'ai appris l'art oratoire chez les Italiens, aux dépens de toute liberté d'expression, et qui puis

parler que comme on m'a enseigné. Puis il m'accuse d'inconstance, il dit que je suis un déserteur et un fugitif, que je suis né en France, que j'ai fait mon éducation en Italie, que je suis dans mon pays pour le moment, mais que je songe bientôt à retourner en Italie. Il prétend que je suis devenu morose et irritable pan» que, depuis ma jeunesse, j'ai eu des relations intimes avec Simon Villanovanus. Car comment, se demande-t-il, un homme élevé par ce personnage entre tous le plus acariâtre et le plus sévère, peut-il se défendre d'être mécontent de tout, de condamner tout et de trouver à redire à tout? Si grand, ô Pinache, est votre désir de calomnier, que vous n'êtes pas satisfait de m'attaquer de la plus odieuse manière, moi, qui suis vivant; mais vous n'avez pas honte de dire du mal des morts. Christophe Longueuil lui-mêmi lettres en font foi, m'a évite la peine de louer et de défendre mon ami. Il parle en termes très élogieux de l'aimable caraci t de l'étendue du savoir de Villanovanus*. Je reconnais que pendant longtemps j'ai été très lie avec lui, mais, loin d'en avoir honte, je considère que ce fut un grand honneur pour moi. Tout le succès que j'ai pu obtenir, soit par mes compositions latines ou par mes discours — je sais combien ces succès sont faibles — je n'ignore pas que je les lui dois. J'admets aus>i que je lui suis redevable d'un certain sérieux

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pei les lettres de longueuil. passim, et surtout l.i troisième livre, q tée. Je vloj^ .nouer que nulle p

vie témoignage vie longueuil au sujet N

et d'une certaine gravité, mais je nie absolument que je sois devenu morose parce que j'ai été lié avec lui.»

Puis après avoir dit que, si l'on se fiait à la manière d'argumenter de Pinache, Démosthène, Cicéron, Horace et Juvénal seraient considérés comme des hommes grossiers et moroses, il fait un long panégyrique de la France, des Français1 et de François Ier, et est amené à invectiver contre les Gascons et à défendre Orléans attaquée par Pinache. L'orateur alors dit n'avoir point pris Toulouse à partie dans son premier discours, et tout en protestant de son affection pour la ville, et tout en regrettant qu'elle puisse être critiquée à cause de sa barbarie, il répète ses invectives, qui dépassent de beaucoup la violence des premières: «Quelle est la culture littéraire de Toulouse2, sa politesse de mœurs et sa civilisation, l'empressement que le roi a mis dernièrement à quitter la ville nous le montre fort bien. Il est venu, il a vu, il est parti. La vulgarité, la grossièreté, la barbarie, la sottise de Toulouse ont chassé celui qui fait la gloire de la France. On ne peut, sous aucun prétexte vraisemblable, prétendre que le roi a été rappelé aussi soudainement par quelque affaire pressante 3. »

Après plusieurs pages semblables, nous arrivons aux passages les plus intéressants, à vrai dire les seuls intéressants de tout le discours '*; ce sont ceux qui excitèrent contre Dolet la haine des dévots de Toulouse, et fournirent à ses ennemis des armes dont ils ne tardèrent pas à se servir; c'est là qu'il se déchaîne avec une vraie force et une vraie éloquence

1 Dans tout ce discours il fait une distinction entre les Français (Galli) et les Gascons (Vascones ou Aquitain ').

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8 François Ier entra à Toulouse le ier août i533, et ne resta dans cette ville que sept jours. Ce passage, qui semble avoir échappé à tous les biographes de Dolet, montre clairement que ce discours fut prononcé après le ier août i533, et non pas, comme M. Boulmier et les autres l'ont présumé et assuré, à la fin de i53-2 ou au commencement de i533.

1 Pages 54-6 1.

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