‹ Etienne Dolet, le martyr de la RenaissanceChapitre 93 sur 133 · MAI'. XX. — PRÉSAGES DE I.A FIN · texte numérisé non relu

MAI'. XX. — PRÉSAGES DE I.A FIN

La moitié environ de ces volumes ne pouvaient être pris à partie. J'ai déjà parlé des Epîtres Familiait édi-

tions de Marot et de Rabelais; le I)e Comparanda Eloquentia de Revergata, une édition du De Moribus in Met mi-

dis, de Sulpicius V< rulanus, traduit par un ami de Dolet, Guillaume Durand, La parfaicte Amye d'Heroët, UAm\ Court de La Borderie, le Mespris de la court , traduit de ! pagnol de Guevara par Allègre, plusieurs traités médicaux Canappe, de Tolet et de Pierre Vernei, une oraison funèbre de Claude Baduel et un manifeste de François 1 contre Charles-Quint, tous ces livres ne pouvaient faire courir aucun risque à l'imprimeur; mais les autres ouvrages que D imprima pendant cette demi-année — quelques-uns étaient entièrement ou en partie de sa composition — ne pouvaient manquer d'offenser les chefs ecclésiastiques et de fournir à ses ennemis des armes contre lui, ce que ces derniers attendaient depuis longtemps. Le Nouveau Testament en fran«, les Epîtres et les Kvangiles pour les cinquante-deux dimam avec le commentaire de Le Fèvre d'Estaples, la traduction française des Psaumes et des Cantiques, faite peut-être par Dolet lui-même, l'Exhortation à la lecture des Saintes-Ecritures, le Bref discours de la république Franc (ratifia lecture des livres de la Saincte Escripture luy estre loysibh sa langue vulgaire, et un sommaire de l'Ancien et du Nouveau Testament, autant de livres qui ne pouvaient émaner d'un chrétien pur et orthodoxe, étaient dangereux pour les fidet remplis, suivant les termes de la condamnation pronom contre celui qui les avait imprimés et édit nobles et pernicieuses hérésies». Outn

publia en français deux traités religieux 'odieux

Erasme: Le Manuel du Cheval; . traduit par

Berquin, qui fut brûlé comme hérétique, et Le l de bien et catholiquement se confesser, traduit peut-él Dolet lui-même, l'un et l'autre remplis d'hérésies; / faine de Vyt et le Livre de la Compaignie des Penitens n

pas moins exposés à être censurés. Par un manque extraordinaire de prudence de la part de Dolet, tous ces livres sortirent de ses presses dans la première moitié de l'année 1542 4. Mais il s'était aussi procuré de Genève, et avait probablement vendu ou offert, des exemplaires de la Bible française d'Olivet, de l'Institution chrétienne de Calvin, des lieux communs de Mélanchthon et de l' Unio Dissidentium 2 de Herman Bodé. La mesure des iniquités était remplie jusqu'à déborder. On résolut de poursuivre Dolet sous l'inculpation capitale d'hérésie. Ses accusateurs étaient, il nous le dit dans l'épître au roi mise en tête de sa traduction des Tusculanes, ses ennemis, les maîtres imprimeurs de Lyon; et, afin de mieux le combattre et l'anéantir, on invoqua l'aide du plus terrible tribunal que le monde ait jamais vu. La Cour qui se réunit pour son procès était présidée par X Inquisiteur général.

1 Pour tous les détails sur ceux de ses livres que j'ai pu me procurer, voyez l'appendice bibliographique. Il y a plusieurs de ces ouvrages dont on ne connaît pas un seul exemplaire existant.

- Sur ce livre très rare et sur ses éditions, voyez Clément: Bibliothèque curieuse, vol. IV, p. 413-419.

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