SCENE l
ETIENNE, PICHTJ, CÉCll.E, Ouvriers et OuvriÈke.s.
ETIENNE. Eh ben ! mes p'tits enfans , vous v'ià dans la joie du r av.issement.
PICHU. Ali! Etienne... tout c' que j'ai est à loi ; si t'as besoin de di x. ..sous... ETIENNE. Garde donc tes c^ix .sous.
(t7Aon/artt.) Et quand on a la paix du cœ-ar.
Notre fortune est faite...
C'est égal... avec c'te fcAtrune-l^ j' vous conseille de piocher comjne des nègres , si vous n' voulez pas tirer au mur...
PICHU. Et toi... est-(:e (jue tu n' te marieras pas?l..
ETIENNE. Du tout .y j' in''y frai jamais... Vois-tu, Plchu, nous différons d'opinion politique sur le conjungo... Toi , t'a-imes ma sœur en parijculier; moi, j'aime les femmes en généi.al... et connu' je n' j»eux. pas épouser toiit^^nes pa ssions... impos-
LE MAGASIIV THEATRAL.
sibilité physique et morale..... je reste comme je suis.
PICHU. Tu serais si heureux étant marié!... ta femme te blanchirait tes cravates.
ETIENNE. Oui... j' s'rais joli garçon!... j'en connais des maris... c'est d' beaux cris à la maison... et puis, quand vous sortez r dimanche , faut porter 1' momignard... vot' femme vous bourre des couches dans vos poches , qu' c'est comme des musettes d'Auvergnats... O agréniens paternels ! . . merci ! . . j ' sors d'en prendre. . . plus tard... je n' dis pas...
CÉCILE. Mais, mon frère!...
ETIENNE. Toi, ma p'tite sœur... tu n' peux pas m' comprendre ; t'es pas à la hauteur des événemens... Sur terre chacun s'amuse à sa manière : vois les perruquiers... y vont suri' bord d' la rivière, y font des ricochets sur l'eau , c'te volupté ! c'est trop turbulent pour moi... C'est comme au dernier gratis, y me disaient tous : Vas donc aux grands théâtres , tu t'amuseras mieux; j'y ai été; merci, j'y retourne encore.
Air : Je ne savais pas lire.
Croyant rir' davantage, Aux Français j'vas raut' fois :
En voilà-t-il d' l'ouvrage !
Ils jouss' tons en bourgeois; En faut d' tous les calibres , Les uns trouvent que c'est beau ; Les opinions sont libres, Moi, j'aime mieux DeLumiu, Viv' la Chart' ! nous somm's libres, Et j'prefèr' Deburtau.
l'iciiu. Oh! c' gueux-là, est-y fameux dans V Homme-Légume !
ETIENNE. Et dans /' Bœuf enragé, esl-y coq!
CÉCILE. J' vois qu' tu n' changeras jamais.
ETIENNE. Si, car j' vas changer d' gilet.
PICHU. Drôle de corps, va! {A Etienne.) Au fait, j' veux t'imiter, j' veux t'étre un farceur.
ETIENNE. Sans compter qu' tuf 'ras bien et qn' t'es découpé pour ça...
CÉCILE. Du tout, monsieur, on n' doit plus penser à tout ça quand on va s' marier.
ETIENNE. Mais v'ià bientôt dix heures, donne-moi la clef que je mionte à la maison.
CÉCILE. Tu n' travailleras donc pas aujourd'hui ?
ETIENNE. Un lundi! merci! ça m' f'rait loucher! D'ailleurs j'ai un rendez-vous avec M. Alexandre.
CÉCILE. M. Alexandre, c'est encore quelque chose de bon ! c'est celui qui t' dérange.
ÉTiEîMNE, l'wement. Pih\ Cécile, n'en dis pas d' mal. ..y ois-tu , tu n' le connais pas, M. Alexandre; il m'aime, il aime notr' père c'est notre meilleur ami.
PICHU. Et moi?
ETIENNE. Toi aussi... mais l'orchestre séduisante de Desnoyers m'appelle à grands coups de clarinette, j'y fus.
PICHU. Tu savoures donc bien la danse?
ETIENNE. Si je la savoure? pour elle j' frais des forfaits inouïs.
Air de M. Ed. Gouvé.
PREMIER COUPLET (l)
Pour danseur je m'annonce, Mes pas sont déliés ; Je ne pès' pas nne once ; Mais faut ranger ses pieds.
Ira, la, la, la, etc.