CHAPITRE TROISIÈME
Jean de Picquigny'1);
Regnaud de Trie, dit Patouiiïart'2';
Mathieu de Trie de Moucy®;
Philippe de Troismons, récompensé plus tard de ses bons services par Charles V'4).
TIERS KTAT.
i Etienne Marcel, prévôt des marchands.
l'a ris - Charles Toussac, échevin;
I Giles Marcel;
.. I Grimer, maître en théologie; noucn et Normandie. . . .
( Jamin Danot(J) ;
.. , . I Colart de Courliegis, de Laon(6);
\ermandois .
( Jean de rJeauIieu, maire de Noyon;
t Robert de Corbie, maître en divinité'7);
Amiens { ., .
(iiiillaume de la (Juarnere, d Amiens'8';
flans, seigneur de Dampierre, conseiller du roi et du duc de Normandie, était fils d'Eustache de Gonflans et d'Agnès de Dampierre; il l'ut envoyé avec Philippe de Troismons, en 1 3.^7, vers le roi de Navarre, pour certaines grosses besognes touchant le fait des guerres.
11 Jean de Picquigny ou Péquigny, fils de Robert de Péquigny, chevalier, seigneur de Fluy, était gouverneur d'Artois lorsqu'il assista aux états d'octobre 1 356. Il était entièrement dévoué à Charles le Mauvais. Nous verrons (p. 189) qu'il parvint à le délivrer de sa prison au château dArleux. en Cambrésis, le 8 novembre 1 357. Le 16 septembre de l'année suivante, il fit une tentative pour mettre la ville d'Amiens au pouvoir du roi de Navarre, mais il fut repoussé par le comte de Sainl-Pol. Il mourut vers i35(). «En ce tr temps, dit Froissart, trespassa de ce siècle assez ir merveilleusement, au châlel de la Harelle, que il rrtenoità trois lieues d'Amiens, rnessire Jehan de f Pétigny, si comme on dit. et l'étrangla son chamrrbellan.)) Ses biens furent confisqués et donnés à Bernard de Paillart en 1369.
Régnant de Trie , dit Patouillart, seigneur de Moucy et du Plessis. Ce fut lui qui demanda au roi Jean de pardonner au roi de Navarre, lors de la comparution de ce dernier au parlement , après le meurtre de Charles d'Espagne.
l3) Mathieu de Trie de Moucy, tils de Jean de Trie, seigneur de Moucy, sénéchal de Toulouse et d'Albigeois, était membre du conseil secret en 1 35o: il mourut peu avant i36o.
(/,) Philippe de Troismons . chevalier, conseiller du roi , fut employé dans un grand nombre d'affaires; il était maître des comptes en 1 355, du grand conseil en 1 350 et en 1 363 ; il fut envoyé en 1 35y. avec le maréchal de Champagne, Jean deConflans , vers le roi de Navarre, pour certaines grosses besognes touchant te fait des guerres, et vers le comte de Poitiers et en Languedoc. Charles V, devenu roi, lui fit un don de 100 francs d'or en récompense de ses services.
(5) Jamin Dariot. Une charte du roi Jean, de l'an 1 35o , nous apprend qu il était avocat du roi en Normandie à ce moment.
(0) Colart de Courliegis, de Laon, dit Boine,m( décapité à Laon, en 1 35 8 , comme complice de Bobert Le Coq pour livrer cette ville aux Navarrais. Le régent permit que son corps fut rendu à la sépulture ecclésiastique.
(7) Robert de Corbie, maître en divinité, était député de la ville d'Amiens aux états, où il ne larda pas à s'acquérir une grande influence. Bien qu'il eût marché dans la voie de Robert Le Coq et d'Etienne Marcel, il trouva cependant le moyen d'obtenir plus tard un plein pardon; car, après la paix de Pontoise , conclue avec le roi de Navarre, le régent lui rendit tous ses biens et bénéfices.
f) Guillaume de la Quarrière, d'Amiens , obtint de Bobert de Fiennes, connétable de France, lieutenant de Picardie, des lettres de rémission qui furent confirmées par le régent; les lettres sont du i5 mars 1 3 5 8 . et la confirmation du mois de lévrier 1 3 5 f ) .
Colart le Chauceteur, d'Abbeville, avocat Maître Guillaume de Marchières, de Meaux; Guillaume d'Avalon; Maître Guillaume de Mons; Maître Elie Baugis; Jean Louvet;
Maître Regnaut Mariavale;
Jean de Sainte-Haude, avocat, gouverneur des subsides, nomme' par les états (2).
Cette modification nous révèle un nouveau succès de la bourgeoisie. Par le premier arrangement, le tiers et le clergé devaient se mettre d'accord, s'ils voulaient vaincre les résistances de la noblesse; parle second, le tiers pouvait seul tenir tête aux deux autres ordres réunis, et il lui devait toujours être facile d'attirer à soi un membre du clergé dans les questions qui intéressaient la noblesse, un membre de la noblesse dans les questions qui intéressaient le clergé. A supposer que l'on continuât de voter par ordre, il est clair que le nombre commençait à être quelque chose et à produire au moins un effet moral, car on ne voit pas autrement l'intérêt qu'auraient pu avoir les bourgeois à s'assurer la pluralité des membres dans ce conseil. Si, sur les trente-quatre personnes dont il se trouva définitivement composé, les nobles en obtinrent moins que le clergé ou la bourgeoisie, c'est qu'ils étaient peu nombreux aux états : les uns avaient péri à Poitiers, et les autres se retiraient insensiblement d'une assemblée plus jalouse du bien public que de conserver ou d'accroître les prérogatives de la couronne et d'une caste privilégiée. On peut s'étonner de trouver, dans un conseil formé par les chefs de la bourgeoisie, deux nobles au moins sur six, dont le dévouement à la cause royale n'est pas douteux : le maréchal de Champagne, qui fut frappé plus tard dans la chambre même du dauphin, et Philippe de Troismons, qui fut récompensé par le roi Charles V; mais leur présence y était, sans danger, car les
Amiens
Champagne et Brie
Orléans. ■
Bourges
La Rochelle
Senlis j
Sens
ll) Colart le Chauceteur, d'Abbeville. Les Grandes Chroniques l'appellent iNicolas le Chauceteur. C'était un avocat d'Abbeville qui avait du crédit sur les états; il avoua Robert Le Coq lorsqu'il demanda le bannissement de vingt-deux officiers du roi. Il avait été anobli en 1 356 ; mais plus tard, ayant été convaincu d'avoir rendu la ville d'Abbeville au capitaine de Saint- Valéry, il fut condamné à mort par le mayeur et les échevins d'Abbeville en i358.
(2) Jean de Sainte-Haude était avocat. Il fut nommé par les états un des gouverneurs généraux des subsides octroyés par eux à l'assemblée convoquée par Etienne Marcel à Saint-Jacques -de-l'IIôpital; il accusa plusieurs officiers du duc d'avoir reçu , sur
l'argent des subsides, des sommes s 'élevant jusqu'à ko et 5o,ooo moulons. 11 fut, avec Robert Le Coq, du nombre de ceux que Jean Des Mares demanda au régent de ne pas laisser rentrer à Paris après la paix de Ponloise (21 août 1 35 9 ). Jean de Sainte-Haude , après la défaite de son parti en 1 358 , prit la fuite; ses biens furent confisqués et donnés à une dame de la duchesse de Normandie. Cependant il est nommé dans une liste de trois cents partisans du roi de Navarre amnistiés le 12 décembre 1 36 1 . [Bibliothèque de l'Ecole des chartes, t. H, p. 36o. Document publié par M. Douët d'Arcq, à la suite de l'acte d'accusation de Robert Le Coq. )