COLLÈGES DE CARPENTRAS, DE YESOUL ET DE DIJON
ans entrer dans de trop longs détails sur llnstoricjue du College de Carpentras, à la construction duquel Martellange a aussi coopéré , nous devons toutefois expliquer qu’q remontait, ainsi que celui de Vienne, à une époque assez reculée (70). On rencontre des preuves très-anciennes de la sollicitude des magistrats du pays pour l’instruction
(70) La plus grande partie des détails qui vont suivre provient dos recherches savantes do M. G. Barrés, conservateur du Musée et de ia Bibliothèque d’Inguimbert, de Carpentras. C’est, pour nous, une véritable satisfaction que d’avoir à signaler le concours infatigable et désintéressé de cet érudit qui nous a déjà fourni de nombreux renseignements pour la description del’évèché de Carpentras, construit par F. de Royers de la Valfcnicrc. Des entreprises dans le genre des notices que nous écrivons ne sont possibles qu'à cette condition.
publique. Les écoliers se réunissaient dans un local appartenant à la ville et nommé Maison des Écoles où se trouvaient des maîtres choisis et payés par elle. C’est ce qui a fait rapporter que Pétrarque reçut les leçons de Convenole da Prato, régent aux écoles de Carpentras, que la politique avait chassé de l’Italie et amené dans le Comtat.
En -1582, sous l’impulsion de l’évêque de Carpentras, Jacob Sacral, la commune cherchant à donner une extension plus grande à l’instruction publique, résolut de reconstruire l'établissement sur un plus vaste développement et en posa la première pierre en 1 593 . C’est aussi à cette époque que l’on songea à appeler les Jésuites pour sa direction ; les démarches furent nombreuses, reprises et abandonnées tour à tour. Les Avignonnais s’opposèrent aigrement à cet établissement craignant que ce voisinage ne fît concurrence au leur ; l’événement prouva, prétendent les Pères Jésuites (71), que cette crainte était chimérique.
Enfin, en 1606, on obtint du pape et du général de la Compagnie Aquaviva, les autorisations nécessaires pour installer les Pères dans les constructions qui étaient assez avancées pour recevoir les écoliers.
Le député qui avait été envoyé en dernier lieu à Rome pour négocier cette affaire, Me Pierre Giraud de Sobirots,
(71) c Dam primœ probulionis domus Burdegalœ condebalur. Caypento~ racle collegium d’ui postulatum accepil( socielas). Oppidum est Ponlificiœ ditionis in Gallia , Vindascini Comilalus caput , inter Vasionem et Avenionem. Osbslitcrant acriter Avcnionenscs, verili ne quid, ah utriusque viciniam civilatis , collegium suum detrimenti caperel. Eventu.s docuil nihil ipsis de cessise, nec parum adjumenti Cat'penloractensibus, et finitimis locis accèssisse (Historiæ societatiî Jesu Pars Y. LU), xv, ». 23). ;>
arriva à Carpentras vers -la fin de 1606 accompagné du P. Luce Benci, nommé recteur.
Après avoir vu les conseillers de la ville et la situation des travaux, le P. Benci se rendit à Lyon pour s’entendre avec le P. Richeome, provincial. Des députés, désignés par le conseil de ville, l’accompagnèrent, et l’acte d’érection fut passé le 22 mars 1607.
Au uombre des conventions, on trouve ce qui suit :
« .... Bastiront dans trois ans prochains à compter du jourd’huy l’église nécessaire suivant le dessin qui en sera faict et approuvé par le R. P. général et cependant fuiront bastir et couvrir la face antérieure dudit collège qui est depuis la porte d’iceluy jusqu’à la ruelle et au long- de la Grand-Rue, où se fera une grande salle aux actes publics et c’est dans trois mois prochains ou plus tost. »
Cette salle existe encore, mais entièrement envahie par l’humidité occasionnée par une fontaine adossée à cette pièce du coté de la rue pour le service du quartier ; elle a conservé sa porte à plein cintre.
Le 9 juillet, les consuls et notables accompagnés du P. recteur pour le Comtat, du P. Benci et de Martellange allèrent visiter les sources et conduits des fontaines pour examiner les réparations qu'il y avait lieu d’y exécuter (72).
Quelques jours plus tard (25 juillet), il y eut nouvelle réunion des consuls et notables pour étudier les plans et dessins du collég'e et de l’église dressés par notre artiste en vue de tirer parti de ce qui avait été fait antérieurement.
Martellange critiqua vivement ces travaux, trouvant les classes, les corridors, la salle et surtout la chapelle beaucoup trop exigus. Le livre des conclusions de 1607 ex-
(72) Libvre du Consulat ci du Thresoriat de l’an 1607, folio 29 verso.
plique qu’il conclut en disant : « qu'il vaut mieux changer le plan d’un édifice quand on le trouve mauvais et môme le démolir, plutôt que d’avoir, à toujours, une construction vicieuse. Les Pères Capucins d’Avignon, venoient de changer de fond en comble le église qui avoit été reconnu mauvais. »
Il est difficile de déterminer exactement les modifications apportées par Martellang-e ; toutefois on peut les soupçonner, car après avoir signalé l’insuffisance des classes, salles, etc., il insista d’une manière spéciale sur les offices qui n’avaient pas été prévues et sur l’église. Pour cet agrandissement il fallut acheter de nouvelles maisons et des jardins.
L’administration municipale s’exécuta de bonne grâce et vota immédiatement les rectifications , ainsi que les achats de terrains indiqués.
Le collège de Carpentras, de même que ceux de toutes les autres villes, ainsi qu’on l’a déjà vu, fut doté complètement par la cité qui paya les constructions, le mobilier, la bibliothèque, l’église et le matériel des classes, et alloua une rente annuelle de mille écus, fonds qui fut plus tard augunenté encore par des donations particulières.
Aussi la municipalité fit, comme la nôtre, constater cette circonstance par une inscription qui existe encore sur la façade ; au-dessous des armes de la ville , sculptées en relief et mutilées depuis, on lit :
EX FVNDATIONE ET PVBLICIS CARPENT. CIVIT. SVMPTIBVS. 1607
L’on n’entreprit la construction de l’église que lorsque les bâtiments du Collège se trouvèrent entièrement terminés. La première pierre en fut posée le 20 mars 1 628, sous le pontificat d’Urbain VIII par Mer Cosme Bardi, évêque de Carpentras, en présence du Recteur du Comtat,
plan de leur
des magistrats, des consuls, d'un nombreux clergé du pays et d’une grande affluence de peuple. On la dédia en l’honneur du Dieu tout-puissant, de la sainte Vierge et sous le titre des saints parents de la bienheureuse Vierge Marie, sainte Anne et saint Joachim.
Les travaux marchèrent lentement et durent même être interrompus, probablement parce que les fonds manquèrent.
Enfin, en 1660, Marie de Brancas, marquise de Castellane, etc., dame d’honneur de la reine Anne d’Autriche, fit des dons considérables qui permirent de reprendre l’œuvre ; on posa même une nouvelle pierre fondamentale. L’entreprise traîna encore puisque le dôme ne fut fini que dans les premiers jours de mai 1687, comme on le voit par une inscription placée sur la boule qui sert de clef de voûte. Selon Barjavel, l’église fut bénie le AI septembre 1687, par M. de Ribeiret, prévôt du chapitre de la cathédrale de Carpentras.
Les plans de Martellange furent-ils suivis ? Nous le présumons, car cette église, ainsi qu’on le verra par sa description, présente exactement les dispositions de celle du noviciat de Paris.
L’ensemble du collège de Carpentras, tel qu’il existe encore, nous offre, sur des dimensions restreintes, les données générales adoptées dans tous les établissements de ce genre par notre artiste
Il se compose de trois corps de bâtiments parallèles se dirig-eant du levant au couchant, réunis par des ailes au nord et au midi, de façon à former deux cours ; l’église est au midi et forme un côté de la première cour qui est la principale, de façon à ce que sa façade se trouve au devant sur la rue Voltaire. L’entrée du collège est, suivant l'usage, tout à côté avec une galerie longeant la façade
latérale de l’église. Les classes sont disposées sur les trois autres faces de cette cour ; le réfectoire, la cuisine et autres dépendances se trouvent dans la seconde cour, qui est plus petite. Il est inutile d’insister sur ces dispositions qui ne varient presque jamais.
Le jardin était au sud; il est devenu une grande cour de récréation.
Ces bâtiments existent à peu près tels qu'ils ont été cons ’ traits ; quelques portes ou fenêtres ont été modifiées ; le dortoir a été établi dans une partie des chambres des Pères.
L'église est, comme plan, semblable à celle du noviciat de Paris. Comprise dans un quadrilatère de trente mètres de longueur sur vingt mètres de largeur, elle présente la forme d’une croix latine ; la nef, le chœur et le transsept ont environ huit mètres de largeur. La nef est accompagnée de deux chapelles seulement de chaque côté ; le chœur est carré. Le centre de la croisée est surmonté d’une coupole en dôme qui s’élève majestueusement au-dessus des édifices qui h environnent.
La façade, remarquable par une architecture de lâ plus grande pureté, est restée inachevée. Nous sommes disposé à y retrouver la main de Martellange qui aurait présidé aux premiers travaux.
Elle se compose, d’abord, d’une ordonnance de pilastres d’ordre dorique agencés avec une grande adresse pour encadrer, au droit de la nef, la porte d’entrée et, au droit des chapelles, des niches d’un bon dessin.
La porte d’entrée nous paraît avoir été remaniée ; elle est formée d’un frontispice de deux pilastres ioniques, avec fronton en arc de cercle, qui encadrent une arcade. Les niches, en forme de chambranles à crossettes, renfermant une niche cintrée, sont également couronnées de fronton en arc de cercle.
Sur un stylobate s’élève l’orclre supérieur dont les pilastres s’arrêtent au-dessous des chapiteaux. Cette ordonnance encadre une grande fenêtre carrée à crossettes et est accostée de consoles dont le pied est décoré de vases d’un bon style qui surmontent le pilastre extrême de l’ordre inférieur de la façade.
Les ordres, profils et détails de toute cette architecture sont d’une grande pureté et ne le cèdent en rien à ceux du noviciat de Paris ; ils ont aussi un grand air de famille avec la façade ele la Visitation de Moulins dont nous venons de parler. Il est excessivement regrettable que les documents manquent pour déterminer d’une manière absolue la paternité de cette œuvre.
L’église fut dépouillée de ses ornements, autels (73), chaire à prêcher, table de communion, confessionnaux et tableaux à l’époque de la révolution de 1793 et servit de magasin ou d’entrepôt à un négociant du voisinage. Elle fut rouverte en 1 82(5 ou 1827 pour les besoins du collège.
Le projet d’ériger un collège a Vesoul remonte à l’année 4591, époque à laquelle l’un des principaux citoyens, gouverneur de la ville, dont nous n’avons pu retrouver le nom, employa son influence en eng-ageant l’administration municipale à cette fondation et en y appliquant une partie de sa fortune (74-' .
(73) A l’exception de la chapelle de la deuxième travée de gauche en entrant dédiée à saint François Régisdont le tableau a même clé restitué ensuite.
(7 4) « Natalis idem annus MDCXI extilit collegiis Vesulanum Tifernali et Âsculano. Vcsulum tribuitur Burgundiœ Sequanurum quern comilatum vacant.
De collocanda ibi Sociclatc ralionem inire cœpcrat jam indè ab anno
Déjà affligée par la peste de 1 580, cette malheureuse cité fut assiégée, en \ 595, par une année de cinq à six mille Lorrains et Français commandés par Tremblecour et dut capituler dans des conditions désastreuses qui ne la sauvèrent pas du pillage.
On conçoit que les questions d’instruction publique restèrent en suspens. Le connétable de Castille, D. V alesco, la reprit sur Tremblecour et la citadelle fut rasée.
Toutefois, après ces désastres, les affaires étant un peu rétablies, le maire, le conseil, les échevins et les principaux habitants s’adressèrent, le 29 avril 1603, au général des Jésuites pour obtenir un collège, lui promettant de chercher les moyens nécessaires pour subvenir à son entretien ; les négociations traînèrent et le contrat de fondation ne put être passé que le 16 août 1610. Il fut stipulé : \ 0 paiement par la ville d’une rente annuelle de 800 livres nécessaire à la dotation du collège : 2° paiement par les sieurs Claude Tessier et Nicolas de Montgenet de la somme de 27,500 livres dont l’intérêt, àhuitpour cent, devait fournir 2,200 livres complétant la dotation annuelle de 3,000 livres ; 3e promesse par les sieurs Tessier et de Montgenet de fournir les meubles nécessaires ; i° paiement par les mêmes de 3,000 livres pour la sacristie et la bibliothèque ; 5° engagement, pris également par les mê-
MDXCl primarius ci vis, regius in curia procuralor ; ici que civibus suis pcrsuaderc sludueyal, oblata forlunurum parte , cpcod cxcmplum céleris cl incitamcntum cssel. Dum res in lonçjum ducilur, bdlum a Gallis orlum csl . Urbe capta, rcgius procuralor, cum civiUilis flore abdur.tus, et grandi pretio redimere capul ac liberlatcm conclus, prislinum consilium si non abjc~ cit , s .Item in melïora tempora dislulit : ac postca cum Alberto Austriaco cgit csl collcgii Vcsulani negocium promovcrctur. Alberli liltcris excitali cives rem communibus volis composucrunt, et factum collcgii felix inilium est (Historiæ Societatis Jesu, Pars Y, liber XV, n. 28).
mes, de fournir aux Jésuites pour leur habitation et pour l'enseignement un logis commode et convenable, d’acheter la place nécessaire pour le bâtiment et de payer en outre une somme de 17,000 livres dans l’espace de vingt ans pour être appliquée aux constructions, à la décharge de la ville qui cédait aux sieurs Tessier et de Montgenet la maison du collège avec les meubles et la collecte que les habitants payaient déjà chacun en prenant son sel ; 0° promesse par les Jésuites d’avoir quatre classes de grammaire et une d’humanités dans laquelle on ferait la rhéthorique une partie de l’année ; 7° engagement par les Jésuites d’employer fidèlement l’argent stipulé à la construction des bâtiments qu’ils promettaient d’entretenir ; 8° engagement par la ville de tenir les Pères francs et quittes de toutes charges et impositions comme ils l’étaient dans les autres villes du pays ; 9° enfin engagement pris par eux de n’avoir aucun pensionnaire , si ce n’est à la prière du magistrat.
Des lettres patentes des archiducs Albert et Isabelle, du 16 novembre 1610, approuvèrent et confirmèrent cette érection et les clauses du contrat (75).
Martellange rédigea un premier plan qui a été conservé, lequel dut être annexé au traité puisqu’il est de la même date. Il porte le titre : « Ichnografie ou plan du collège de Vesoul, 1610, leftaoust.» Il se compose d’une première cour avec église et galerie à gauche au sud-est ; par derrière est un autre bâtiment perpendiculaire avec galerie ; la bassecour est derrière l’église. Ce plan n’est pas signé ; mais l’écriture est celle de Martellange ; il est du reste impossi-
(75) Archives du dépai tcmcnl de la Haute-Saône (série D, art. 31). M. Jules Finot, archiviste, a eu l’obligeance de nous fournir cette analyse historique.
ble de s’y tromper, les dispositions présentées rentrant d’une manière absolue dans le type qu’il s’était tracé.
Martellang-e laissa un autre plan, en mars 1 613, qui ne nous est pas parvenu. Les deux pièces que nous donnons ci-après complètent suffisamment notre exposé historique :
« Devis servant à la déclaration du plan du collège des lt. P. Jésuites fondé à Vesoul, quon veut bastir, hors la ville proche et jougnant à la tour des murailles de la dicte ville, laquelle tour se nomme communément la tour des mortz, et a son aspect à l’orient devers la Ville, et pour accès une belle et grande rue (70).
« Icelui plan est prins depuis la tour laquelle entre en iceluy, puis il s’estant dans le fossé, tirant dans le jardin et verger de M. Melchior Mercier, et celuy qui est plus oultre appartient à M. Jean Flori, appoticaire, jusques vers le coing ou est la croix, despuis comprend la vigne de M. Croisier,que si l’on a besoing d’un plus grand lieu on s’eslargira aux jardins voisins, situés du eoslé du midi, et des vignes du coslé du septentrion, ce quon pourra avoir fort commodément servant pour satturer et insulcr le collège.
« Tout le contenu des bastiments du collège est comprins, et l’église qui aura une anticourt, laquelle pourra demeurer plus basse que ladicte église de 3 à 4 pieds, et le niveau de l’église qui entre en partie dans le fossé, sera ou se trouve à présent la terre contre le point de la muraille à l’endroit de la guarite de bois, qui est sur la muraille de la ville, mais comme il est nécessaire de faire écouler les eaux, qui passent à présent dans le fossé, qui pouroit estre grandes au cas que quelque mur fondit sur la cosle du chasteau, fauldra avant que de rien faire, construire au long du fossé, un canal de maçonnerie, large au moins de 4 piedz et hault de b aulmoins, pour l’csgout desdictes eaux, ce qu’estant faict l’on pourra égaler le fossé, des curées que l’on
(76) Archives du departement de la Hantc-Saônc (Série 1). liasse 31).
fera aux fondations des bastimentz, l’on pourra donc commencer à égaler la place à l’anticonrl de l’églize.
« La cour des classes sera à niveau de l’église, bien que l’on monte quelques degrées, aultant qu’il eu sera nécessaire, du costé de l’églize on fera une galerie qui aura deux estages, elle sera en arcades par le b s, avec pilastres de pierre, le second estage sera de murailles, avec des fenestres au lieu quelles sont marquées, au second plan dans la galerie, l’on pourra entrer d icelle ga'erie, aux jubés ou tribunes, on y pourra encor venir par les degrés qui seront au bout dicellc églize, comme aussi par ceux qui sont proches des sacristies.
« Le costé du corps de logis du costé du septentrion, comprendra au bas la sale des actions scolastiques, et ce qui est noté au plan pour congrégation, et en hault la bibliolcque avec quelques chambres.
« Celuy de l’occident contient au bas quatre classes, et la chambre du Préfet au second estage, des chambres, ce corps de logis aura trois estages. Il fauldra faire des degréz, au bout de la galerie procite dts lieux lesquels lieux ne monteront que jusques au premier estage, et seront couvert en appantis. On les pourrait reculer du coing, faisant passer une arcade par desoubz, pour les séparer du corps de logis pour éviter la puanteur.
« Le corps de logis du costé du midi contient au bas, l’escalier, la porterie ou entrée de la ma sson, une chambre et sale d’un costé le lavemain et au second estage des chambres pour les supérieurs avec leur cabinet, l’on pourra faire des poiles auprès d’icelles. Il y a de plus le réfectoire et cuisine, la despence et four, qui seront en une potance qui ferme la cour de la mesnagerie, laquelle sera au plan et niveau de l’anticourt du devant l’églize. Il y a des lieux communs notés contre la muraille de la ville, qu’on fera ainsi que la commodité de la place le permettra.
« Plus oultre dans le fossé on pourra prendre le bûcher et establc, et quelque lieu pour les serviteurs et estrangers, l’infirmerie et auitres chambres se treuveront sur le réfectoire, et cui sine, le grenier pourra estre tout au-dessus.
« Pour ce qui touche les mesures et alignementz, tout est
trcs expressément au plan, il faudra se servir de l’eschelc à cet effet, les lignes pourtées marquent l’endroit des sommiers.
« Les fondemenlz seront au moins de 3 pieds d’épesseur. Les murailles de Testage d’embas de 2 pieds 1/2. Celles du second estage de 2 pieds.
« Toultes les fenestres du costé du mauvais vent, seront de
2 pieds de large et de 3 pieds dliault, et relevées sur le plainpied des clases de 5 à G pieds et seront Ireassées par le dehors. Il faudra posser les barreaux de fer, a proportion quon posera •la taillie, et toultes les fenestres de Lestage bas qui seront dehors le quarré de la court des classes, fauldra faire le mesme en nos offices en tout Lestage bas. Les fenestres des classes au dedans de nostre dite court, seront de 3 piedz de large et de six piedz dhault, et seront environ 5 piedz sur le plainpicd et tant les unes que les aultres porteront glasses par dedans.
« L’estage des classes en tout le bas sera hault, du 17 piedz au plus.
« Le second estage sera hault 9 piedz, et les fenestres seront liaoltes 5 pieds, et de largeur de celles des classes à scavoir
3 piedz.
« Les po tes des classes auront 3 piedz et demi de large et 7 piedz d’haulteur, afinque le dessus de la porte serve encore de châssis et fenestre.
I « Les portes de la mesnagerie, et aultres portes communes, seront faictes selon lusage commun et ordinaire, à lavis et dire des ouvriers expertz. Tous lesdietz avis et mémoires doibvcnl estre observéz en tant qu’il sont conformes a ce qui a esté faict au deseing de l’année 1613 au mois de mars qu’i'z avait esté faict et laissez. Plus il faut garder ceux qui ont esté faietz et laissés de nouveau au deseing reveu et corrigé lannée 1615 en décembre, et le 1 janvier l’an suivant 1616 ou bien de celuy qui a esté faict pour le changement de la place de Léglize, ainsi qu’il plairra au II. P. Provincial de l’appreuvcr.
« Faict à Vesoul le premier janvier 1016.
« Eslienne Martei, lange »
« Mémoires et avis laissés au collège de Vesoul pour la eonlinualion de la fabrique dudit collège, par Esticnnc Martellange en l’annce 1 G 1 5 en décembre, et en janvier de lan suivant 1G1G. Quil a reveu et corrigé le plan suivant ce qui avait esté escrit de Home (77).
Premièrement apres avo;r recognu ce qui avoit esté fondé eslrc aligné suivant le plan par lui laissé l’an 1 G 1 3 , sauf ce qu’on a tenu les corps de logis plus larges , et principalement du costé ou est la sale des actions, ou il est à craindre, qu’on ne > treuve que fort difficilement de poullres ou sommiers, lcsquds doibvcnt estre de sapin et non de chaisne car la portée est trop longue, (de quoy il y a l’expérience en la sale du collège de Moulins ou i'z ont manqué). Il fauldra oultre ce leur donner des consoles par le desoubs d’un pied et demi environ pour les soulager. Il seroit encor fort à propos qu’au corps de logis supé- . rieur, à l’endroit ou il y aura des tendues, faire des décharges sur iceux, pour soutenir au droit d’icelles tendues — fauldra encor étansonner les sommiers jusques qu’il soit secs. Et pour le niveau du plan des classes et de la court il est environ unze piedz sur la rue, à l’endroit de la sale intime qu’il le faut garder, et poser sur iccluy encore le seul des portes, qui l’aulsera encor de demi pied, Il est vray qu’on pourroit tenir la sale des actions plus bas des classes d’un piedz pour luy donner dadvantage^ d’aulteur , ce néantmoins le plan des classes sera a demi pied par dessus l’arrascment des fondations cftmmc a esté dict cy-dessus.
Tout l’estage d’ernbas, aux classes et corps de logis sur les caves aura unze piedz et demy au plus douze, a compter despuis le pavé d’emba; jusques sur celuv du second estage. Ledict second estage aura 9 piedz.
Et le troisième aura 7 piedz et 1/2, à compter tousjours du desus d’un plancher à Taultre. Loti pourroit faire servir les tirans du toit au lieu de sommiers, et les revêtir d’aix par dedans les chambres. Il y a cette incommodité ce faisant que sil en fa-
(77) Archives du département de la Haute-Saône (Série D, liasse 31).
luit changer quelqiuin , il fauldroit déplanclier la chambre ce qu’on éviteroit y mettant des sommiers.
« Il fauldra s livre la correction du plan pour la distinction des classes, et pour ce qui touche nos offices , et parce qu’on veut faire cave et cuverie au corps de logis qui regarde le midi, il fauldra observer les larmiers co nme porte ic p'an, et faire des doubleaux à l’endroit des murs de refont, comme aussi fonder l’escalier en sorte qu’il commance dès le bas de la cave à monter. La cave aura d’aulteur environ 10 pieds, Et à l’endroit du réfectoire il y pourra avoir deux estages comme il est spécifié au plan.
a Pour lepesseur des murailles fault garder ce qui sensuil au corps de logis des classes et sur la cave le gros de mur sera au moins de deux piedz deux poulccs. Et en celuy de la sale des actions il sera de deux pieds et demi. Il fauldra faire les retranchements en tous les estages également d'un coslé et d’aullrc, soit qu’un conquisse le dehors en talus, ou a plomb, comme il a été spécifié au* observations ausquelles les grandeurs des portes et des fenestres est nottée , le second otage sur les classes sera réduit à un pied 10 pouices et le ti oisième à un pied et demy du costé du corps de logis de la sale des actions. En réduction du second estage sera de deux piedz deux poulccs et celle du troisième sera d’un pied 9 pouices et demy. El pour la façon de couvrir après avoir enquis tant des ouvriers que habitons du lieu, ilz m’ont diet unanimement qu’il seroit mieux de lave que de tuille d’aultant qu’il nv a taille qui vaille au pais. Pour l’aulteur de la ramure, il fault faire couvrir le feste des loitz ensemble, et pour ce faire, fault prendre l’aulteur de la moitié tant du corps de logis des classes que de celuy de la sale des actions et mépartir l’espace qu’il y a de plus ou de moins, entre les deux pour les médiocres ce que j’ai faict en l’élévation.
« 11 fault ré-ouldre de cest article avec le Provincial.
« Les murailles de refait en tout lestage bas pourront cslre d’un pied et demy, on pourroit diminuer de quelque peu celles (l’en hault.
« La galerie qui est à jour dans la court des classes sera à pi-
lastres qui auront en teste un pie Jz et despesseur un pied et demy, et l'intervalle porté au deseing selon que la place donnera, on pourroit donner à la muraille de la galerie sur le de hors un pied 3 quartz. Ladicte galerie ne sera pas voultce, car les murailles seroient trop foililes, ou bien fauldroit mettre des clefs de fer dans les impostes à chaque arc, il n’est point nécessaire qu’elle le soit, fauldra haulser le plan de ladicte galerie d’un demy pied sur le plan de la court. !! fauldra envoicr l’es goût des eaux au milieu de la court avec une pente doulce. Il sci oit encore bien convenable qu’on donnât un degré devant la porte de chasquc classe, oultre le seul de la porte ainsi on en Ireroit à plain pied en la sale des actions.
« Lon pourroit prendre la chambre du Prefect entre les lignes punetées au bout de la galerie encor que la classe ou Congrégation qui est au corps de la sale luy pourroit servir.
« Si l’on trouvoit quelque chose de différent aux plans ou élévations, il est libre de suivre ou l’une ou l’aultre des deux façons. Lon peut vouller la cave et cuverie avant oster la terre qui peut^servir de ccintre, on lote puis quand on veut.
« Il seroit bon de monter les murailles de tout Lestage bas tout autour du quarré de la court, et ce jusque à poser les somiers avant de continuer de massonner, pour faire rassoir également les londemCntz, et pour remettre lt s classes égales sera mieux de noster les fundations faictes que les murailles ne soit élevées environ l’aulteur d’un homme.
« Pour le retranchement des murailles dict cy-dessus , si l’on met un courdon pour retrancher à l’endroit de l’apuy des fenestres peut estre qu’il couteroit moins que de donner le talus à la taille des fenestres, on choisira.
« Lon peut laisser défaire le plainctc aux fenestres du costé du mauvais vent comme aussi du costé du septentrion dehors le collège.
« Il fauldra prendre garJe de ne se servir des pierres du chas* terni sinon au dedans la maison et pour les murs de refent.
« Pour la conduite do la fontaine aux offices , il la fault faire passer par le desoubs des seuls des portes, et seroit bon faire
so
en ces endroits la les tuiaux de terre cuittc, et encore mieux de plomb. Il sera encor fort bon pour avoir l’eau bonne et bien fraîche mettre assez profond dans terre les tuiaux.
« Pour la conduicte de la perrière il fauldroit faire une bonne découver et avoir quelrfuc bon ouvrier, et prendre garde sur tout, qu’on ne mette point la taille en délit et qu’on taille bien.
« Pour faire meiglieur massonnerie il seroit bon se servir de la pierre de Jauge du costé du mauvais vent et au midi, et faire qu’on massonne bien avec de bonnes pierres qui fassent perpin de distance en distance tant que faire ce pourra.
Lors quon fera quelques murailles pour retenir les terres faut faire les buttes en dedans de G en G pieds et mettre la terre par dernier peu à peu, laissant quc'qucs (roux clans la muraille pour écouler les eaux.
« Il fault recouvrir au plus tôt le toit de la loge ou sont les sommiers car la pluie leur nuit grandement. Au cas qu’on laisse quelque attente du bastiment il ne la faut pas laisser en anednnt droit, mais en épaulette comme de degrés.
« Fait à Vcsoul le 2 janvier 161G.
«Estienne Maktellange. »
Nos lecteurs voudront bien nous excuser d’avoir inséré encore ici ces documents techniques que leur nature môme fait, d’habitude, reléguer à la fin du volume , comme pièces justificatives.
Le mode de publication dont nous disposons, grâce à l’indulgence des recueils et des sociétés académiques et savantes auxquelles nous nous honorons d appartenir, ne nous permet pas d’employer ce mode de classement. En conséquence, et pour que notre histoire lyonnaise ne soit pas privée de la publication de documents inédits et émanés de l’un des artistes auxquels la cité a donné le jour, nous n’avons pas craint de les placer à leur date dans le cours du récit. Du reste, les personnes qui ne trouveront
aucun intérêt à cette lecture n’auront qu’à en feuilleter rapidement les pages ; et , alors, celles, moins impatientes et auxquelles aucun détail n’est indifférent, pourront y puiser quelques renseignements utiles ou susceptibles de développements nouveaux.
On a vu que des modifications avaient été déjà apportées en IG IG au plan de 1610.
Ainsi l’église qui, dans le plan primitif, devait être au sud-est du bâtiment n’a pas été exécutée ; la chapelle actuelle est une grande pièce carrée n’accusant aucune destination religieuse. La cour centrale avec ses galeries subsiste encore ; la façade sud-est n’a pas été changée ainsi que le fronton et la petite tour construits sur les plans de Marteliange.
On s’est contenté, en 1861, d’ajouter pour le lycée plusieurs bâtiments parallèles. En somme, cet édifice n’offre actuellement aucun intérêt sérieux et, si nous lui avons consacré quelques pages — peut-être trop nombreuses — c’est pour ne pas laisser un lacune dans l’œuvre de Martellange.
On a pu remarquer dans la correspondance de notre artiste au sujet du college du Puy, en 1611, qu’il explique à deux reprises qu’on le fit revenir dans cette ville, de Dijon, où il s’occupait des bâtiments de l’église et du collège en même temps que des autres bâtiments de la province. Nous avons, en conséquence, dù nous livrer à des investigations minutieu ses à l’égard des établissements des Jésuites et particulièrement sur le college de Dijon.
M. Garnier, archiviste du département delà Côte-d’Or, ayant dépouillé avec soin le fonds de son dépôt relatif aux Jésuites, nous a affirmé que, malheureusement, ses re-
cherches ont été infructueuses. Les pièces relatives aux constructions ont disparu avec d’autres pièces essentielles et nous ne pouvons être ici aussi affirmatif que pour les autres établissements.
Toutefois, l’édifice étant encore intact nous avons eu, du moins, la possibilité de nous livrer à un examen matériel qui nous permet d’émettre la conjecture qu’il a été probablement élevé aussi avec le concours de Martellange .
Sous le nom de collège des Martins, Dijon posséda un établissement d’instruction publique dès le commencement du xvie siècle; il avait, en 1550, pour principal le fameux Turrel, un des grands mathématiciens de son temps à qui sa prétention de lire dans l’avenir faillit coûter la vie.
Le président Odinet Godran appela les Jésuites à Dijon en 1581, les institua ses héritiers par son testament (78) conjointement avec la ville à la condition d’ériger un collège, et il chargea le Parlement de son exécution
(78) « Hoc igilur anno ineunlc lestamcntum, quod multo ants
confeccrat, lel/tali morbo correptus Antonio Monino speclatœ virtutis fatnulo , posl collaudatam ejus fulem dudum sibi perspeetnm, ac Sacramento in id quod imperaturus erat adactum, in manus tradit ; quod simul ac ipse expirusset ad Senalum rtsignandum conlinuo, alque vulgandum deferrct. Hœc quanquam arcanù gcsla non lamen potuere suspicion em sororis ctpropinquorum moribundi prorsus effugere. Et Odinetus quidtm, ut Dci providentkim agnoscas, vix unoposl horœ quadrant e worilur. Qui simul animam efflavit , soror et proprinqui Antonium aggrediuntur : par lim minis , partim pollicilationibus versant omncs in partes, scd frustra : Certus ille potius mori, quam obligatam domino (idem fallcre, commissas sibi tabulas deligentissimè conservavit, postcraquo die, ubi primum effugium nuclus est detulil ad Senalum .... (Historiæ Societati Jesu mdclxi. Pars, lib. I, p. 29, u. 182-184). »
Le premier recteur fut le P. Louis Richeome (79) et l'établissement occupa l’hôtel de la Trémouille , situé entre les rues actuelles de l’École-de-Droit, Chabot-Cliarny et du Petit-Potet. Quelques difficultés intérieures furent rég'lées, en 1588 (80), par les soins du gouverneur de Bourgogne.
Les Jésuites durent, comme à Lyon, quitter la ville en 1594, lors de leur renvoi de France, et il paraît que, depuis 1581 jusqu’à cette date, ils ne se livrèrent pas à des constructions importantes. On ne pourrait guère rattacher à cette période que la cour des classes. Les Jésuites rentrèrent à Dijon au moment où ils furent installés à La Flèche (81).
L’église et le surplus des bâtiments appartiennent donc aux travaux exécutés en 1611. L’église surtout est exactement sur le modèle type que nous avons décrit. Compo-
(79) Il fut mis à la tète, eu 1 588, de la province de Lyon (id. id. l.b. VIIÎ, p. 392) dont il avait la vicc-gcrancc depuis 1586 (id., lib. VI, p. 298) ; voyez la note 14.
(80) Id. Id., lib. VIII, p. 394.
(81) « Cülleçjium Divioncnse, unie annos oclo dissolulum, nobis ex cdiclo regio redditum est eo fore tempore-quo Flcxiense surgelai. Quandiu hac illustrissima urbe caruimus , singulis prop'e annis missi fucre , commuai totius Durgundiie tonsensu, legati ad reyem , qui societalem répétèrent. Edictum vero de ilia revoeata senatus Divionensis tanta benevolenliœ in Ordinem nostrum significalione confirmuvit, ut al ejus promulgations solenncm sit auspicatus diem, quo, po si exaclas forentes sérias, ad disccndum jus pro more se referebal. Illud etiam observalum fuit, absentia rosira mitigatos, qui alieniore à nobis erant anima; et palam esse professos, pi'islini temporis accrbitalem se omni offeiurum généré deleturos. Neque inlra vuees benignilas ilia sletil ; œs aliénant, quo diutarno cl gravi premebamur, publica pecunia persolutum , aucta collegii vecligalxa , ornatœ scholœ. Pænœ dixerim profuisse rollegio cadere, ut sic resurgeret ( HiSTOniÆ societatîs jesu, Pars V, liber XII, n° 67). »
sée d’une nef qui est accompagnée de chapelles , surmontées elles-mêmes de tribunes, elle n’a pas de transsept. Cette disposition eût présenté un aspect désagréable par suite de la situation de l’édifice qui se trouve placé de flanc entre une cour et la rue actuelle de l’École-de-Droit. En conséquence, la porte d’entrée sur la voie publique se trouve latéralement du côté de l’Évangile.
La partie du collège qui sert actuellement à la Bibliothèque publique et à l’École de droit est située à l’opposite du sanctuaire, de façon à ce que la porte principale donne dans un vestibule fournissant accès à l’église et à une cour autour de laquelle on voit encore, au rez-dechaussée, les classes avec leurs portes basses surmontées d’écussons et accompagnées de fenêtres plus hautes, disposition passée aussi comme type dans tous les collèges des Jésuites. La façade sur la rue de l’École-de-Droit nous paraît plus moderne ; mais l’église est certainement contemporaine de Martellange.
Un autre corps de bâtiment avec grande cour longe la rue du Petit-Potet et fait retour sur la rue Chabot-Charny par laquelle il devait compléter un quadrilatère se reliant avec l’église. Cette construction n’a pas été achevée dans l’angle nord-est; on remarque dans l’angle sud-est une amorce intéressante de galerie qui devait sans doute entourer la cour. Les corps de bâtiments, au sud, qui ont eng’lobé l’ancien hôtel de la Trémouille, dont on retrouve encore quelques fragments, ainsi qu’une partie de 1 aile perpendiculaire à l’entrée de l'École de droit et de l’église, augmentés des constructions récentes élevées dans la g-rande cour, sont affectés en ce moment à l’École normale.
L’église, après avoir servi d'école des beaux-arts, est disposée, telle quelle, pour des cours d’instruction primaire ; quelques toiles anciennes y sont restées appen-
dues. Toute cette architecture est aussi simple que possible. La porte de l’égdise est formée d’une ordonnance de pi'astres accouplés d’ordre toscan, couronnée par un fronton brisé et ^interrompu par une niche.