‹ Étiologie de la carcinoseChapitre 1 sur 26 · AVANT -PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT -PROPOS

En choisissant pour notre travail inaugural un sujet aussi vaste que ce chapitre de la pathologie générale, qui traite de l'étiologie de la carcinose, nous nous sommes proposé, non pas de juger une question aussi complexe et aussi difficile, mais bien de réunir quelques-uns des nombreux documents qui ont été apportés à son édification, et malgré lesquels cette partie de l'histoire des maladies diathésiques est restée jusqu'à présent presque inconnue dans son ensemble.

Qu'il nous soit permis, avant de commencer notre travail, de donner quelques exphcations sur le titre que nous avons choisi, et sur la manière dont nous avons compris et présenté notre sujet.

En effet, les travaux histologiques entrepris depuis une quarantaine d'années, à la suite de Jean Mûller (1838), et poursuivis avec autant de succès par l'École française que par l'École allemande, sont venus jeter un jour nouveau sur des faits depuis longtemps connus ; ceux-ci ont été différemment interprétés ; des faits nouveaux ont été produits, et les termes

eux-mêmes ont été détournés de leur vieille interprétation. 11 en est résulté une grande difficulté dans l'appréciation de quelques dénominations scientifiques importantes; et nulle entre autres n'est plus mal déterminée aujourd'hui que celle du cancer. Nous en sommes presque encore au même point que Peyrillie, qui trouvait ce le cancer aussi difficile à définir qu'à guérir. ))

Cette expression a donc fait son temps ; cependant, quoique par une sorte de convention tacite on désigne encore de nos jours, comme du temps d'Hippocrate, par le mot de cancer, toutes les productions graves au premier chef par leur récidive, leur tendance à se généraliser et à infecter l'économie tout entière ; malgré cela, disons-nous, nous avons préféré, afin qu'il ne puisse être fait aucune confusion, employer avec Virchowune sorte de néologisme, donnant au mot Carcinose le sens le plus général. Que si, cependant, dans le courant de notre travail nous employons le mot de cancer, le lecteur veuille bien se pénétrer de la valeur que nous prétendons y attacher, de concert avec tous les auteurs, englobant sous ce seul titre, aussi bien le squirrhe que l'encéphaloïde, le sarcome que répithéliome.

En nous servant du mot Élioloyie, nous l'avons compris dans le sens le plus vaste possible ; car, vouloir décrire les causes réelles de la carcinose eût pu, et avec raison, sembler pré- Homptueux de notre part. Nous décrirons donc surtout les circonstances au milieu desquelles peuvent naître et se développer les manifestations du cancer, si multiples et si fréquentes, que Billroth a pu dire que les carcinomes s'observaient aussi souvent que toutes les autres tumeurs ensemble. • Il nous a paru intéressant de jeter un coup d'œil rapide sur les opinions éliologiques mises en avant par les auteurs qui se sont succédé depuis Hippocrate ; nous les résumons dans un l" Chapitre, aussi court que possible, qui traitera Vhistoriqtie de U'v question*

Puis, quoique les causes des affections carcinomateuses, en général, soient trop peu connues pour qu'on puisse se permettre d'en faire une description didactique, nous entrerons immédiatement dans le sujet, en faisan!; des causes morbides internes (Uhle et Wagner) l'objet de notre Chapitre II^. Ce sera un des plus importants, car nous aurons, en dehors de la grande question de l'hérédité, à nous occuper de l'influence que peuvent avoir sur le développement da cancer, les âges, les sexes, etc., toutes conditions étiologiques inhérentes à l'individu lui-même. Nous donnerons des chiffres, des statistiques, mais ce sera pour en déduire des considérations aussi précises que posible.

Dans un IIP Chàpitre, il nous faudra passer en revue les différents modificateurs biologiques: circumfusa, ingesta, etc., et traiter ainsi de l'influence des conditions hygiéniques, ou causes externes. •

Puis, reprenant aussi haut que possible la question de pathologie expérimentale, nous verrons dans un IV' Chapitre les diverses tentatives d'inoculations cancéreuses qui ont été faites ; nous ajouterons notre faible contingent aux expériences passées; uis nous verrons s'il est possible, dans l'état actuel de la science, de tirer quelques conclusions positives.

Quels sont les rapports que peut avoir la carcinose avec les autres états morbides? Quelles sont ses affinités ? A-t-elle des antagonismes? Grandes questions sur lesquelles les Ecoles ont longuement discuté, mettanfen avant les théories les plus contradictoires, théories que nous exposerons, en les analysant, dans le et dernier Chapitre.

Nous terminerons ainsi ce travail, imparfait et incomplet à coup sûr, mais pour lequel nous réclamons toute la bienveillance de nos juges, ayant fait tout ce qu'il a dépendu de nous pour mener à bien une tâche aussi longue et aussi difficile pour un débutant!

• Cependant nous ne voudrions [sas terminer cet avaut-propos

sans remercier MM. les professeurs agrégés Damascliino et Liouville, à qui nous (levons d'avoir mené à bien noire travail: qu'ils daignent recevoir ici l'expression de noire reconnaissance !

Que nos collègues du Val- de- Grâce et excellents amis MM. les docteurs Zœller et Schneider veuillent bien accepter aussi tous nos remerciements, pour la gracieuseté avec laquelle ils se sont toujours mis à notre disposition, pour la traduction des auteurs allemands ou anglais dontnoup avons pu avoir besoin.

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