TOTAUX
Angleterre (1) 1847 Marc-d'Espine, 13
Breslau, 4 851-186J Lebert, — Hôpitaux de Paris 18ô<-18(j3 (2)...
Totaux. . .
(1) Les décès anglais se montaient à 4686; ils ont été réduits à 889 pour pouvoir être comparés à ceux de Genève.
(2) Sont compris, dans cette statistique, tous les cas de cancer qui ont été traités en médecine.
De l'inspection de ce tableau on peut conclure que le maximum de fréquence est entre SO et 60 ans, quoique d'après Marc d'Espine et Breslau il soit au delà, entre 60 et 70, et d'après Lebert et Paris en deçà, entre 40 et 50.
La diminution se fait presque dans la même proportion que pour la montée; ainsi de 60 à 70 la mortalité est aussi forte que de 40 à 50 ans. La ressemblance est bien plus marquée entre les deux périodes 70 à 80, 781 cas, et 30 à 40, 760 cas.
Nous voyons donc vérifié le fait, que nous constations au début de notre chapitre, de la présence possible du cancer à tous les âges, se manifestant, bien entendu, d'une manière inégale. Nous avons vu, avec Gendrin, que cette influence de l'âge semble subordonnée à la diminution de l'activité des fonctions nutritives : pourquoi, se demandera-t-on maintenant, y a-t-il prédominance des localisations dans les divers organes aux différentes époques de la vie? Comment se fait-il, par exemple, que le rein soit l'organe le plus souvent attaqué dans l'enfance ? aurait-il donc à cette époque une activité fonctionnelle moins grande qu'à l'âge adulte, où le cancer du rein est relativement plus rare? Il est vrai que l'utérus est atteint du {carcinome surtout vers l'époque de la ménopause; or à ce i moment la physiologie nous apprend que l'échange respiratoire I se fait, chez la femme, avec un peu plus d'intensité que pendant son activité génésique ; par conséquent les fonctions nutritives, au lieu de diminuer, sembleraient augmenter !
En face de ces difticultés, puisque les statistiques ne peuvent pas nous aider à résoudre ce problème, nous croyons sage de ne point formuler de conclusions trop précises, que la science, au point oii elle en est aujourd'hui, ne serait pas en état de soutenir.
La question de Vinfluence du sexe est tout aussi délicate à pprécier, difficile à trancher, que celle relative à l'influence de 'âge. 11 ne suftit pas, en eftet, de montrer quel sexe l'emporte
sur Tautrej au moyen des dorinées slatisques; il faut voir si les manifestations diathésiques convergent toutes vers les organes « dominants 3), comme disait Bordeu; il faut rechercher si les organes semblables sont inégalement atteints, en particulier les organes de la génération, se basant, pour ces recherches, sur les analogies que l'anatomie pathologique a établies entre ces derniers. C'est ce que nous nous proposons de faire; après quoi, retranchant de part et d'autre les cas rencontrés dans les organes génitaux, nous mettrons en parallèle les résultats de la statistique; puis nous étudierons, autant que nos documents pourront le permettre, l'action de l'état de puerpéralité sur la naissance ou la marche de la carcinose.
Les données générales sur l'influence du sexe dans la production des manifestations cancéreuses indiijuent toutes une prédominance assez marquée chez la femme.
Littré (1) le déclare nettement dans son article cancer, mais . Delpech (2) croit que les supputations comparatives qu'on peut! faire rendent cette difféi^ence tout au moins douteuse, et il pense i qu'on n'a été conduit à admettre cette fréquence, que parceî qu'on estàmême d'observer, aune période de la vie des femmes,, un nombre de cancers plus considérable qu'à la même périodee chez l'homme.
Mais ce n'est pas là la manière de voir de tous les auteurs, ou tout au moins de la majorité ; et il nous est facile d'apporter,à l'appui de cette opinion, des documents assez nombreux; les chiffres ont entre eux des différences assez notables; mais lefait à prouver en général y trouve néanmoins une démonstra<i tion évidente. Ainsi Breslau, sur 3,144 décès par cancer, noua donne :
<584 femmes, -1560 liommes
soit : 51 °/o et 49 %
(4) Liltré, Dîci. de médecine, t. IV, 1096. ^ (2) Delpech, Maladies chirurgicales, t. II. 1843.
La proportion, à 2 O/o près, est la même; il n'en est plus ainsi dans les statistiques des autres auteurs : Marc d'Espine donne :
Femmes, 66 0/0 Hommes, 35 0/0
Virchow s'en éloigne peu :
Femmes, 55 0/0 Hommes, 45 0/0
Moore, faisant porter sa proportion sur 1,000, nous donne :
Hommes. . . de O à 22 Femmes. . . de 40 à 49
Simpson cite, dans ses Cliniques, 11,662 décès par cancer dans une période de cinq ans, de 1858 à 1842^ en Angleterre ; ils se répartissent en : «
2916 décès d'hommes pour 8746 décès de femmes soit :. 25.9 0/0 contre 74.1 0/0
La statistique de Lebert (1) se rapproche bien plus que toutes les autres de celle de Marc d'Espine; ses 3-49 cas se répartissent ainsi :
218 femmes 131 hommes
soit une proportion de ; 62 °/o 38
En 1856, M. Leroy d'Etiolies a présenté à la société médicale de là Seine (séance du 2 mai) une statistique roulant sur 2, 781 cas de cancer, qu'il avait, ou observés lui-même, ou reçus de 185 médecins, tant français qu'étrangers (2). Ces cas serépartissaient ainsi :
2148 pour les femmes, soit: 77 0/0
633 pour les hommes, soit : 33 0/0
(1) Leberi, loco citato.
(2) Gazette hebdomadaire, 4856, p. 404.
Si maintenant nous consultons le résultat de nos recherches sur les hôpitaux de Paris, nous trouvons, de 18(31 à 1863 (trois années) 1^725 cas observés en médecine dans les hôpitaux généraux, cas qui se divisent en :
4864 571 cas,
hommes 200
femmes
1726 dont Soit une proportion de :
et
Nous sommes encore ici d'accord avec tous les auteurs. La femme serait donc deux fois plus sujette que l'homme au cancer. Cette fréquence, s'explique facilement grâce à la prépondérance numérique des cancers de l'utérus et du sein : c'est là une opinion qu'on trouve formulée dansHirsch, Breslau, Lebert. Pour Bruch, il existe une autre explication, qu'il trouve dans « la prédisposition énorme des organes sexuels, et dans l'état » social et la vie de famille en France. » Pourquoi i'auieur s'en prend-il à la France? Qu'offre de particuUer la vie de famille dans notre pays? Cette opinion n'a rien de fondé, et comme elle ne s'appuie sur aucune preuve, nous la rejetons.
La fréquence du cancer chez la femme est bien moins grande,
NOMS