‹ Étiologie de la carcinoseChapitre 6 sur 26 · DE PARIS · texte numérisé non relu

DE PARIS

nospiCE

d'organes.

d'organes.

Cancer du poumon.

Report . . .

— œsophage...

— estomac. . . .

— org. génitaux

(femmes) . .

— org. génitaux

(hommes)..

— pancréas . . .

A reporter...

Total . , .

l'influeuce du sexe moins marquée, si on ne tient compte que des organes atteints, mis en parallèle. Nous allons condenser dans un tableau, et nos chiffres, et ceux de Sibley se rapportant, eux, aux cancers primitifs observés à Middlesex-Hospital de 1853 à 4856.

Si nous interprétons ce tableau, nous voyons que le cancer des organes génitaux de la femme et des seins représente 93 0/0 des cas observés à Middlesex-Hospital, et 51 0/0 des cas de Paris, tandis que, si on les retranche, ainsi que les organes génitaux de l'homme, on a la proportion :

Hôpitaux de Paris : hommes 57 0/0 femmes 43 0/0 Middlesex-Hospital : — 53 0/0 — 47 0/0

C'est-à-dire que les termes sont renversés. Par conséquent, il nous parait clairement démontré que le sexe féminin ne doit sa plus grande mortalité, par le cancer, qu'à ses organes génitaux. On a dû remarquer, du reste, que cette localisation était bien plus rare chez l'homme, tandis qu'on rencontre plus souvent chez lui le cancer delà langue, de l'estomac, des reins, des os.

Lorsqu'on tient compte de l'âge et du sexe tout à la fois, on arrive à un même résultat général, toujours la prédominance chez la femme; mais les statistiques que nous avons pu réunir divergent sur bien des points de détail.

Marc d'Espine répartit ainsi ses 889 cas :

O-iO 10-20 20-30 30-40 40-50 50-60 60-70 70-80 80-90 90-100 Hommes :

4 » 2 23 42 92 88 53 17 » 318 Femmes :

Différences en plus pour la femme :

S'il fallait conclure de l'examen de cette différence, on serait fort embarrassé, car elle n'ofl're rien de bien tranché; si

on la compare à celle rapportée par M. Hénocque (1), on voit combien elle en diflere. .

Hénocque

Marc d'Espine

20 à 30 ans pour i 00 hommes

148 femmes

Les cas de 40 à 50 ans sont les mêmes; mais, au lieu de diminuer, ceux-ci vont en augmentant dans la statistique de Marc d'Espine et s'éloignent ainsi de ceux de la première, qui semble et doit être dans le vrai.

Cette plus grande fréquence de la carcinose, dans le sexe féminin, se fait-elle remarquer aussi dans l'enfance? Nous n'avons rien trouvé dans les divers ouvrages, que nous avons consultés sur ce sujet, qui nous autorise à conclure pour ou contre . Les trois cas, relevés par nous dans la statistique des hôpitaux d'enfants, appartiennent bien, il est vrai, à des filles, mais on ne peut raisonnablement pas tirer des conclusions légitimes d'un nombre de faits aussi restreint.

Nous pensons donc qu'on peut déduire de ce qui précède que le sexe féminin est plus sujet aux affections cancéreuses que le masculin, non-seulement parce que les organes génitaux de la femme sont infiniment plus sujels aux cancers que ceux de l'homme, mais parce que, par sa nature même, la femme est plus disposée que l'homme à contracter une affection cancéreuse; mais que cependant, comme nous l'avons fait remarquer plus haut, quelques organes sont plus facilement atteints chez l'homme que chez la femme. Et, retournant la phrase de M. Peter (2) à propos de la tuberculose, nous dirons : «Si,les femmes c sont plus fréquemment cancéreuses que les hommes, c'est à

(1) Héiocque, art. Carcinome ia . Dict, Encyclopédique.

(2) Peler, Clinique méd,, t. II, La fhthisie fulmonaire, 1873.

leur sexe qu'elles doivent ce fâcheux privilège : leur utérus y est pour tout^ leurs conditions sociales n'y sont pour rien.

L'infliienee de la grossesse s\iv \r marche de la carcinose est assez bien connue aujourd'hui; il est vrai de dire que jusqu'à présent on ne s'est occupé que du cancer de l'utérus. Dans ce paragraphe, quand nous parlerons du cancer, il est donc convenu que nous entendrons cette localisation , qui du reste est le plus directement en cause dans Tétat de puerpérahté.

Mais d'abord, si l'utérus était malade depuis quelque temps déjà, la fécondation pourrait-elle se faire quand même? Il nous suffira de citer Becquerel, Velpeau, Courty qui l'admettent sans hésitation, pour que le fait semble possible à tout le monde. 11 est bien entendu que si la néoplasie était arrivée à la période ulcérative la fécondation deviendrait impossible. Cette courte explication donnée, voyons si, oui ou non, la grossesse active la marche du cancer.

Certains auteurs, et des mieux autorisés en la matière, tels que Courty, Aran, Scanzoni ont prétendu que la grossesse ralentissait la marche du cancer, mais qu'après Taccouchemenl, ce travail s'accélérait. Ce sujet avait attiré l'attention de Mauriceau, ainsi qu'on peut s'en convaincre en lisant l'observation LXXXV, du tome II de son traité sur les Accouchements. Ici il faut examiner deux cas qui peuvent se présenter : ou bien le cancer s'est développé seulement dans le cours de la grossesse, et alors il affecte une marche plus ou moins rapide; ou bien il existait déjà, avant la grossesse, auquel cas ses progrès se trouvent modifiés d'une façon très-variable. Ainsi Cohnstein (I) rapporte une série de treize cas, dans laquelle il y eut :

3 fois de l'cxacerbalion;

6 — aucune aggravation notable;

4 — un temps d'arrêt.

(1) Cohnstein, JJeber die complication der Schwangerschaft und Geburt mit Gebarmulterkrebs, in archiv fur Gynœkologie^ t. V, fas, 2, Berlin, 1873,

Chez huit femmes ayant déjà accouché une première fois avec un cancer de l'utérus, une seconde grossesse amena cinq fois l'exacerbation; les trois autres observations sont incomplètes.

Dans certains cas on a vu le cancer faire des progrès rapides danssa marche, — Galmels (1), — etnous en trouvons des exemples dans la thèse de M. Malhieu et dans la Gazette médicale de Paris, oii M. Miller nous montre une femme succombant au moment même de l'accouchement.

M. Watille (2) a réuni 72 cas de cancer de l'utérus, sur lesquels 47 fois la mère mourut pendant le travail ; sur 75 autres cas, 41 fois elle mourut après la délivrance, dans un espace de temps qui n'est pas spécifié. Par conséquent la proportion esta peu près la même. Aussi sommes-nous porté, en présence des faits de M< Cohnstein, non contredits par ceux de M. Watille, à admettre l'influence modératrice de la grossesse sur la marche du cancer, tandis que, au contraire, nous allons voir que l'accouchement active les progrès du mal, et cela d'autant plus facilement, selon-nous, qu'il agit comme un véritable traumatisme, sur un organisme débilité par sa gestation, et chez lequel la grossesse a eu pour effet, non pas de fournir la force de résistance qui lui était nécessaire, mais bien d'augmenter l'activité de la maladie elle-même (Stolz). Aussi doit-on redouter les grossesses répétées, surtout celles répétées à de courts intervalles.

Les accouchements fréquents, en effet, ont une influence

6 avaient accouclié 11 fois 13 avaient accouché 7 fois

tT

(1) Calmcls, Le cancer de l'iUénis dans ses rapports avec la grossesse {T\. Paris, 1874).

(2) Watille, Influence du cancer sur la grossesse {Th. Pari'', ^S70)

— îo —

assez marquée. Scanzoni (l) nous fournit une statistique de 108 cas, qui vient appuyer notre opinion.

Ainsi 72 femmes sur 108 avaient eu plusieurs couches, et par conséquent 36 n'en avaient eu qu'une seule.

Lebert, au contraire, vient soutenir l'opinion contraire, lui aussi une statistique en avant; il est vrai qu'elle ne roule que sur 39 cas ; c'est peut-être dans le petit nombre d'observations qu'il faudrait rechercher la cause de la divergence entre les deux auteurs. Voici comment il répartit ses 39 cas :

0 enfants 3 cas

Tl admet une moyenne de 4 couches, ce qui, par conséquent, lui fait 26 femmes ayant eu moins de 4 enfants, et 13 en ayant eu plus. Aussi, selon lui, le cancer ne se montrant que deux ou trois années après la dernière couche, avance-t-il ceci, que la fécondité ne saurait être mise en jeu, comme cause d'exacerbation.

Il n'admet pas non plus l'influence des grossesses trop rapprochées : il n'en a trouvé que 4 cas ; non plus que celle des avortements : 5 seulement sur les 39 avaient eu des fausses couches.

Quoi qu'il en soit de son opinion, soutenu par Scanzoni et appuyé sur les statistiques de Lever et de West (2) qui donnent :

Le premier, 103 femmes mariées Le second, 151 femmes mariées

10 — non mariées 13 — non mariées

ou stériles ou stériieo

(V) Scanzoni, Traité des maladies des organes sexuels de la femme 18fi8. (2) In Archives générales de médecine, t. VII, 3e série.

7 enfants 1 cas

nous dirons que la grossesse ralentit la marche du" cancer, qui est exaspérée par l'accouchement, surtout lorsque celui-ci se renouvelle, et à de courts intervalles.

Quelles sont les manifestations de la carcinose, sur quels organes se font-elles de préférence, et quels sont leurs âges d'élection ? Autant de questions que nous allons passer en revue pour essayer de les résoudre.

Et d'abord qu'elle est la fréquPAice de ces manifestations en général? Pour conclure avec sûreté, il faudrait plusieurs séries de statistiques, qui nous manquent : nous ne pouvons que rapporter ici celles que nous avons trouvées dans le Diciiomiaire encyclopédique. Elles ont été dressées par différents auteurs et nous montrent quelle a été la mortalité pendant une certaine période d'années, par rapport au nombre des habitants, et par rapport à la mortalité générale. Nous y ajoutons notre statistique, dans laquelle nous avons établi la proportion par rapport au nombre des entrées, qui, en somme, constituent la population des hôpitaux. Il est évident, d'avance, que cette proportion devra être plus forte.

Canton de Genève... Marc d'Espine. . . Période de 10 ans. . . 1 ,1 p. 1 . 000 hab.

Angleterre Hirsch 1849 à 1855 0,29 —

— C. Moore.. 1851 à 186K . , ... 0,17 à 0,22 —

Canton de Zurich.... Breslau 1849 à 1839 0,7 —

Boston , Shaltuk 1811 à 1836 0,09 -

New -York Durrael 1800 à 1805 0,07 —

Philadelphie Emerson 1807 à 1840 0,15 —

Baltimore Joynes 1836 à 1854 0^11 —

Hôpitaux de Paris.. 1861 à 1863 (décès^5,4 ~

La moyenne de cette statistique nous donne 0.9 pour 1,000 habitants de mortahté parle cancer : nombre très-approxirnatif, à cause du calcul que nous avons été obhgé de faire pour le€ hôpitaux de Paris.

La proportion des cancéreux (décès) à la mortalité générale est, suivant Marc d'Espine, pour le canton de Genève, de 5.8 p. 400 —Mooredonne pour l'Angleterre :

hommes femmes, tandis que

C'est-à-dire que la moyenne varie entre 0.75 et 0.91 p. 100 pour les hommes, et 1.9 et 2.4 p. 100 pour les femmes» — Cette statistique nous fait voir que le nombre des cancéreux a augmenté en Angleterre, de 1851 à 1861 : cette augmentation étant de 0,4 (200 par an sur 5 à 7.C00 décès). Ce qui nous fait pour 10 ans, 2.000 décès par le cancer. Or l'augmentation de la population, pendant la même période, étant de 0.1 (200.000), il y a donc augmentation notable du nombre des cancéreux.

Du reste Faur l'avait déjà signalé, puisqu'en 1838 le nombre de décès par cancer était de 2.448, est monté, pour 1 839 à 2.691. Même remarque avait été faite pour l'année 1826 à Berlin (1).

Les statistiques de Hirsch mènent aussi au même résultat:

1848 1 855 moyenne Morts 4825 6016 5350

Mortalité i our ,000 0,28 0,32 0,30

Revenons au rapport de la mortalité générale par le cancer avec la mortalité générale. — D'après BreslaU (canton de Zurich), de 1849 à 1861, on a com])té 85.990 décès, dont 3.144 par tumeurs mahgnes, soit donc 1/26. Si nous en défalquons les mort-nés, nous avons 1/24, soit 3.8 à 4 p. 100 de la mortalité générale.

en 1861

(1) In Académie des sciences, 6 mai 1844. Tanchou,

Wagner, publiant les résultats de 5.122 autopsies pratiquées dans les hôpitaux de Vienne, de Prague, Leipsig, nous montre 441 cas de cancers, soit 8 p. 100.

Broca donne 10 à 12 pour 1.000 et ne prenant que les décès au-dessous de 30 ans, il arrive à 3 ou 4 p. 100. Ces chiffres se ratjprochent de ceux de Moore et de Breslau, mais sont audessous de ceux de Wagner et de Marc d'Espine qui semblent devoir être adoptés comme moyenne.

Les hôpitaux de Paris ont eu une mortalité, par le cancer^ égale à 6.3 p . 100 de la mortalité générale, ce qui les fait rentrer dans la moyenne que nous avons adoptée.

Nous arrivons maintenant au deuxième point de la question, à savoir quelle est la fréquence avec laquelle le carcinome se montre dans les organes. — Nous envisageons d'abord cette partie de notre travail à un point de vue général, après quoi nous examinerons, en particulier, quelques-uns des organes où le cancer se développe soit le plus souvent, soit le plus rarement.

Cependant comme il y a lieu de tenir compte de la structure anatomique normale, nous croyons qu'il sera bon d'en dire quelques mots avant d'aborder cette étude de la fréquence du cancer dans les organes.

Velpeau n'admet pas qu'on puisse en contester l'action étiologique ; pour Virchow, elle ne jouerait que jusqu'à un certain point le rôle de cause prédisposante, aussi bien pour les tumeurs primitives, pour les « nodosités mères », que pour les tumeurs secondaires. Ainsi les reins sont, après les poumons et le foie, le plus souvent le siège d'éruptions métastatiques ; le cancroïde et le cancer, entre autres, s'y montrent avec prédilection ; et cependant les reins ne sont pas plus exposés que d'autres glandes, la mammaire par exemple, au courant des masses infectieuses. Etpourtant, qui a jamais vu de jnétastases dansle sein? Si la glande mammaire était aussi sensible à la dyscrasie cancé-

reuse qu'on l'admet généralement, pourquoi «e le serait-elle que pour la dyscrasie primitive et non pour la diathèse secondaire?

Le testicule pourquoi est-il si fréquemment le siège de tuberculose secondaire, et si rarement celui de carcinose secondaire ? Comment l'expliquer plus facilement que par une disposition locale.

Quoi qu'il en soit, tous les organes peuveot être pris, soit primitivement soit secondairement (Lebert) ; le cancer peut s'attaquer aux tissus osseux (J. L. Petit, Boyer^ Dupuytren), séreux, synovial (Boyer, Dubois), muqueux, cellulaire. Dupuytren défendait contre Roux et Pinel la possibilité de rencontrer le cancer dans le cerveau ouïes ganglions lymphatiques.

Depuis que l'attention a été portée sur ce point; depuis que le microscope est venu jeter un jour nouveau sur cette partie si difficile de l'étude des tumeurs, dites prœter naturam, on a rencontré des néoplasmes malins partout, sur tous les points de l'organisme. Néanmoins il est bien évident que cértain.s de ces organes sont plus souvent atteints que d'autres, et Virchow explique ce fait par € la prédisposition locale, qui doit toujours et régulièrement être le point capital; c'est elle qui décide la nature du produit développé. »

Nous allons donner ici quelques résultats de statistique empruntés aux différents auteurs, et contenant les principales manifestations de la carcinose. Nous rejetons à la fin les tableaux résumant nos recherches sur les hôpitaux de Paris, parce qu'ils auraient tenu trop de place dans le cours de notre travail : ce qui ne nous empêchera pas de nous servir ici des résultats qu'ils pourront nous fournir lorsque l'état de la cause le demandera.

Si l'on met en face l'une de l'autre deux séries de proportions pour cent, faites par organes, et prises l'une dans Marc d'Espine, et l'autre dans Virchow, on remarque malgré de

légères différences, que l'ensemble général esl à peu près le même.

M. d'Espine Virchow

Estomac

Estomac

Utérus

Utérus

Foie

Intestin

Mamelles

Foie

Intestin

Mamelles

Les organes étant placés par ordre décroissant, il n'y a eu une interversion sensible qu'entre l'intestin et la mamelle.

Tout à l'heure nous n'avons parlé que de quelques-uns des chiffres présentés par Sibley, ceux dont nous avions besoin. Nous allons reproduire ici en parallèle avec d'autres trouvés dans Lebert, Rosenstein (Prague 1850 à 1852), et Marc d'Espine, tout ceux qui représentent le nombre des cancers recueiUis par lui à Middlesex-Hospital, de 1853 à 1856. Une quatrième colonne

NOMS

sleiii

erl. ■

laid?'

iParl

d'organes.

fl

en

ai

ce

Lèvres. Bouche

fi

Œsophage. . . .

Estomac. In-

Rectum. Anus.

Corps thyroïde

Ly,mphatiques.

A reporter . .

NOMS d'organes.

DO

'in

Report . . .

Face

Moelle et cerveau

Seins

Grandes et petites lèvres.

Clitoris

Utérus

Ovaires

Vessie

Pénis

Scrotum

Testicules . . . .

Peau

ToTAViX. .

'Espine,

de Paris

renfermera ceux des chiffics exUails par nous de la statistique des hôpitaux de Paris, qui se rapportent aux organes dont il est fait mention.

L'ordre de décroissance entre le nombre des cas observés par M. d'Espine et ceux recueillis dans les hôpitaux de Paris est absolument le même : estomac, utérus, foie, seins, rectum, bouche, organes génitaux de l'homme. Dans Ja statistique de Lebert, il y a quelques changements, mais si faibles qu'ils autorisent cependant à admettre la série telle que nous l'avons donnée.

Citons pour en ûnir, le tableau dans lequel Marc d'Espine a réparti quelques-uns de ses 889 cas :

Estomac...,. 399 soit 45 O/o

Utérus 139 — 15 —

Foie (pancréas,

(péritoine) 93 — 12 —

•Seins 76 — 8,5 —

Intestins 30 — 3,3 —

Rectum

Glandes (cou, aine, aisselles, parotide

thyroïde) 29

Peau(face, cuisses) 27

OEsophage

Bouche (lèvre,

langue) 18 —

. Os

OEil

Organes génitaux

homme

Ovaires

24 soit 2,8

Reins. ......... 2 —

Divers 24 —

Dans ces' différentes citations que nous avons faites de statistiques, nous avons compris, avec leurs auteurs, divers cancroïdes qui se trouvent répartis aux rubriques : face, bouche, cuisses, etc.

Cette explication donnée, nous entrons dans quelques réflexions sur les manifestations cancéreuses dans certains organes en particulier. Nous eussions été très-désireux de pouvoir établir une comparaison entre les divers organes, quant à l'âge où le cancer est le plus commun dans ces derniers;

inallieureusement, les documenls sur ce sujet étant très-rares, nous n'avons pu trouver que quelques renseignements concernant l'utérus et le sein, et permettant de comparer ces deux organes entre eux (I).

Vutérus, l'organe qui domine dans la femme, est le plus, souvent atteint entre tous, et cela dans des proportions que l'on peut dire très-supérieures. Le cancer utérin se manifeste à tout âge, lui aussi, mais il en est un d'élection où il se montre surtout. Des données de quelques auteurs, nous allons essayer de tirer une moyenne, qui pourra nous indiquer, par période de dix ans, l'ordre de décroissance dans lequel il se montre, suivant les âges.

Scanzoni (2) nous offre le résultat d'une pratique de huitans, période dans laquelle il a été à même d'observer 108 cas :

20 à 25 ans

45 ans

Parmi les 2,781 cas de Leroy d'EtioUes, dont nous avons parlé (page 19), les cancers utérins figurent pour 684 sur 2,148 décès de femmes.

4 à 20 ans 20 à 40 ans 40 à 60 ans 60 à 90 ans Cas . 2 66 345 271 - 684

Veit, réunissant les statistiques que Lebert, Lever, Ghiari et Scanzoni ont données, a trouvé 446 cas, qui lui ont servi à établir une table de proportion à 100 :

(1) llénocque, in Dict. Encyclopédique, loco citato.

(2) Scanzoni, loc, cit.

20 à 30 ans :h à 40 — 41 à 50 — 51 à 60 — 61 a 70 — au delà

On peut comparer ce résultat à celui obtenu par West, et l'on verra que les chiffres diffèrent peu entre eux, pour les mêmes âges, et restent toujours dans les mêmes rapports avec ceux correspondant aux autres âges. Il a calculé sur 595 cas :

20 à 30 ans 82 cas soit 8,9

Dans les deux cas, le cancer a été quatre fois plus fréquent de trente à quarante que de vingt à trente, et l'ordre de fréquence dans lequel on pourrait placer les âges resterait le même :

maximum 40 à 50 2» : 30 à 40 3° : SO à 60 minimum ex œquo 20 à 30 et 60 à 70

On arrive aux mêmes conclusions en parcourant les recherches de Dugès et Boivin, portant sur 409 cas, et qui mettent aussi le maximum de quarante-cinq à cinquante ans. Valleix, Lever sont du même avis.

Cependant il est des cas où le carcinome se montre bien plus tôt; Garmichael cite une jeune tille morte à vingt et un ans ; Wigaud en a vu un exemple chez une enfant de quatorze ans (1). M"^*^ Boivin en a compté 1.2 cas au-dessous de vingt ans. Il faut croire que Lisfranc en avait vu beaucoup,

(i) In Churchill, Maladies des femmes,

6 O/o des cas 27,1 39,3 19,5 6.9 1/f 100,0

puisque, pour lui, le maximum de fréquence est de dix-huit à l rente-cinq ans.

Pour le cancer du sein, Paget place la période maxima de quarante-cinq !"> cinquante ans, tandis que pour Velpeau elle serait de cinquante à soixante ans.

Velpeau

Biikelt

40 avis

675 cas

458 cas

Ces deux statistiques réunies, et comprenant ainsi 1,131 cas, donnent la proportion suivante :

20 à 30 ans

au delà

i^escas sont donc relativement moins fréquents pour le sein que pour l'utérus. D'après Tanchou, il y aurait 2,996 cas utérins contre 1 ,147 du sein; cependant, ce dernier semblerait devoir l'emporter dans la période de quarante à cinquante ans. Sibley a tracé, sur 441 cas, un tableau comparatif des plus intéressants :

c. sein

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