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VI. — RECHERCHES PERSONNELLES

Notre but en appliquant la méthode de Steiner pour les recherches sur la sclérose en plaques, était principalement de mieux étudier la nature et la fréquence des cellules argentophiles dans les lésions de sclérose en plaques, ainsi que dans l’encéphale au cours de diverses affections. Chemin faisant nous avons recherché la présence de spirochètes, l’aspect et les formes involutives qui nous étaient familières depuis les travaux (50) sur la présence de T. pallidum dans les cerveaux des paralytiques généraux.

Les indications et la technique de la méthode de Steiner (voir appendice) ont été rigoureusement suivies. Avec chaque coloration des coupes syphilitique étaient également colorées. Seules les séries donnant de belles colorations des spirochètes dans le matériel luétique d'observation étaient conservées pour l'étude microscopique. Ge n’est pas à nous d’insister sur le fini et la perfection de cette méthode. Tous les chercheurs qui l’ont essayée reconnaissent sa supériorité qualitative, ainsi que la grande économie de temps dans l'exécution, qu'elle représente. Un grand avantage est la possibilité de colorer des coupes larges. Elle est une des meilleures méthodes que nous avons à notre disposition pour la démonstration des spirochètes. Dans le matériel syphilitique les spirochètes sont d’une netteté irréprochable.

dues

Nous avons examiné les cerveaux de onze cas de sclérose en plaques, de deux cas de paralysie générale et de 51 cas des affections suivantes

Maladie d'Alzheimer .. 1 cas Obstruction intestinale. 1 cas Idiotie amaurotique ... 1Cas Intoxication saturnine.. 1 cas Polyomyélite ant. aiguë r cas k Artériosclérose cérébrale 5 cas Artériosclérose cérébrale

avec ramollissement.. x cas

Pneumoniè franche ai- GUCE ER ER ra INC AS Mo nddo ie MÉC) ET otre + ICS Normal (mort violente) 3 cas Neuro myélite optique.. 1 cas Maladie de Parkinson.. 1 cäs

Tumeur cérébrale .... 3 cas Syphilis cérébrale .... 2 cas Alcoolisme chronique... 1 cas

Le -G. juvénile........ : A Périonite #0 NS RCE émence précoce .... 3CaS Atrophie de Pick...... 1 Cas Maladie de Schilder- Foix I Cas P d Encéphalite épidémique 3 cas Syndrome de Raynaud ÉPICES Cou 1 Cas avec épilepsie ...... HAS Maladie de Friedreich.. 1 cas Septicémie. ........ NE Cas Paralysie générale .... pcas, Tétanos … ...,.,.2., I Cas Chorée de Huntington. 1 cas Méningite tuberculeuse. 2 cas Edo be Fennec AREA 1 Cas Sclérose tubéreuse .... 2 cas Mélancolie d’involution 1 cas Typhoïde ............ 1 cas Mélancolie d’involution . Sclérose en plaques sans

avec. pellagre "1" "rca plaques incluses ..... 1 Cäs

Dans tous ces cas la même technique fut appliquée. Des pièces de substance blanche, dans le voisinage de ventricules latéraux et moyens, ont été prélevées pour la coloration. Un minimum de trois coupes de chaque pièce a été examiné au microscope, sans que l’examinateur sache la provenance ou l'identité de ces coupes. Au moins trois (et à maintes reprises plusieurs) pièces ont été prélevées sur chaque cas.

Les cellules argentiques ont été trouvées dans dix cas de sclérose en plaques, sur un total de onze cas examinés. C'est surtout dans les espaces péri-ad-

ventitielles des vaisseaux que leur présence était la

plus fréquente. Dans un autre cas, où le diagnostic

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différentiel entre sclérose en plaques et maladie de Schilder-Foix était en suspens, la constatation de cellules argentiques a permis de préciser le diagnostic de sclérose en plaques. Dans un de ces cas, où seule la moëlle épinière était à notre disposition, les cellules argentiques n’ont pas pu être mises en évidence ; d’ailleurs ce fut le seul cas négatif parmi les onze cas examinés. Dans les coupes de cerveau de

-P.G., utilisées pour contrôler la marche de la colo-

ration, les cellules argentiques ainsi que les spirochètes ont été retrouvés chaque fois.

Dans au moins cinq cas de sclérose en plaques, des structures rappelant des spirochètes ont été constatées, mais d’une façon si sporadique et inconstante, que nous n'avons pas pu nous prononcer dans un sens affirmatif net. Nous avons jugé que des trouvailles plus fréquentes et en nombre plus considérable, ainsi que des formes plus constantes,

devraient être observées avant que l’on puisse déter-,

miner avec plus de sûreté leur signification et leur rôle étiologique. | Mais tandis que ces structures extracellulaires ne se montraient que rarement, les cellules argentiques n'ont manqué dans presque aucun des cas de sclérose en plaques (sauf dans la pièce de moëlle épinière d’un cas). Leur topographie, les formes de

ces inclusions argentiques (fig. 5, 6, va, 7b) corro-

borent pleinement les affirmations de Steiner. En ce qui concerne les Br cas des aïfections diverses (énumérées plus haut) soumises à la même technique de coloration, on a procédé de la même façon : les pièces furent prélevées aux alentours des ventricules, sans prendre en considération le lieu d'élection des lésions et cela pour pouvoir comparer plus objectivement avec les lésions périventriculaires de la sclérose en plaques. (Plus loin nous in-

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diquerons les résultats obtenus en examinant par cette méthode des régions à lésions hémorragiques caractéristiques).

Dans aucun des cas de cette série de 51 cerveaux à étiologie diverse, aucune cellule argentique, aucun spirochète n'ont pu être mis en évidence, à l'exception du cas de paralysie générale juvénile où les spirochètes se sont présentés en abondance. Nous devons faire observer tout le premier que le choix de notre matériel de contrôle, en dépit d’un nombré appréciable de cas, a laissé subsister de doutes dans notre esprit. Le fait d’avoir limité le lieu de prélèvement des fragments anatomiques aux seules régions périventriculaires a fait échapper à notre examen les territoires où les lésions typiques des diverses affections examinées étaient le plus caractéristiques. La prudence scientifique nous avait incité à reproduire dans la série de contrôle des conditions identiques à celles de la série dès scléroses en plaques ; n’y a-t-il pas là une cause d'erreurs À

Des travaux récents (51) ont suggéré la possibilité de lésions de sclérose en plaques pouvant être dues à la stase locale des petits vaisseaux. Il nous a paru intéressant de rechercher si des lésions hémorragiques ou thrombosiques, présentant des aspects histologiques analogues à ceux de la sclérose en plaques, pouvaient contenir elles aussi, des cellules argentophiles. Dans nos expériences citées plus haut, le nombre des cas à lésions hémorragiques élaient peu élevé. Üne étude comparative à l’aide des colorants différents s’imposait encore, pour essayer de reconnaître l’origine de ces cellules.

Le matériel de ces recherches (*) a consisté en deux cas de sclérose en plaques, choisis en raison de leur richesse en plaques récentes, et en huit cas s’accompagnant des lésions hémorragiques ou thrombosiques. Parmi ces huit derniers cas, dans cinq d’entre eux les lésions étaient apparemment d'origine artériosclérotique, dans deux autres cas elles étaient d’origine traumatique ; le dernier d’entre eux était un cas d’encéphalite hémorragique de nature obscure. (Cinq parmi ces cas ont été mis à notre disposition avec une grande obligeance par le Dr. Leo Alexander, de Boston State Hospital. Tous les autres cas appartiennent au service neurologique du Boston City Hospital.

La technique et les instructions de Steiner ont été rigoureusement suivies, les coupes de contrôle d'origine syphilitique ont été jointes à chaque coloration ; seules les séries possédant des coupes syphilitiques jointes satisfaisantes et un minimum de précipitation ont été examinées ; des coupes sousjacentes ont été soumises aux colorations diverses méthodes de Masson, Spielmeyer, Scharlach, gallocyanin et crésyl violet, coloration de Mann et autre. De plus, plusieurs coupes ont été soumises à la micro-incinération (52) (grâce à l’obligeante du Dr. Alexander). Dans les coupes provenant des cas à lésions hémorragiques, nous avons eu à notre disposition des coupes déjà colorées.

(#) L’accomplissement de ces recherches a été permis grâce au fond de recherche sur la Sclérose en Plaques, de la Faculté de Médecine de l'Université d'Harvard.

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