Etiologie des grossesses extra-uterines
Il y a quelques mois, nous eûmes l'idée d'étudier, dans ses diverses phases, le développement de l'ovule anormalement implanté sur un point quelconque en dehors de l'utérus.
La formation des annexes, les modifications histologiques provoquées dans les tissus par cette greffe ectopique, nous semblaient offrir un réel intérêt, étant donné surtout la fréquence admise aujourd'hui de cet accident chez la femme.
Imbu que nous étions des idées classiques régnantes, il ne nous semblait pas douteux qu'on pût facilement provoquer des grossesses extra-utérines en entravant les œufs dans leur migration normale vers l'utérus, sans empêcher pour cela leur fécondation.
Nous ne connaissions pas à ce moment les recherches et les expériences négatives des rares auteurs qui s'étaient occupés de la question. Aussi, ces expériences reprises ne nous ayant donné aucun fait positif, nous nous sommes attachés à déterminer la cause de ces insuccès et par là même à ébaucher une étude critique de l'étiologie et de la pathogénie des grossesses extra-utérines.
Malgré tout, il nous a paru intéressant de publier nos recherches et d'en faire le sujet de notre thèse inaugurale.
Notre travail sera donc tout naturellement divisé en deux parties :
Dans la première, qui contient nos observations, nous passons en revue tous les faits physiologiques et expérimentaux
qui peuvent éclairer la question. Dans la seconde, nous avons tenté de coordonner tous ces faits, en y ajoutant les renseignements d'autant plus précieux, qu'ils sont plus rares et plus vagues, que nous donne à ce point de vue la clinique sur la pathogénie de la grossesse extra-utérine elle-même, des hématocèles, des hématosalpinx, qui ne sont le plus souvent que des variétés, ou plutôt des accidents de la môme affection.
Si imparfait que soit ce travail, il contient cependant, croyons-nous, quelques expériences intéressantes. Avec notre inexpérience des choses de la clinique, nous en avons tiré peut-être prématurément des conclusions que tous nos maîtres pourront ne pas partager : la sincérité de notre conviction jointe au désirde rester personnel sera notre excuse.