‹ Étiologie Des Occlusions IntestinalesChapitre 11 sur 15 · IV. — L'OCCLUSION POST-OPÉRATOIRE · texte numérisé non relu

IV. — L'OCCLUSION POST-OPÉRATOIRE

M. F. Legueu parle en ces termes de l’occlusion postopératoire : « À la suite des laparotomies, on observe parfois des occlusions intestinales que l’on dit post-opératoires parce qu'elles se développent à la suite et sous l'influence de l'opération primitive. On les voit rarement : mais de temps en temps, cette complication, échappant à toute prévision, vient frapper au hasard un malade à qui la simplicité d'une opération semblait devoir assurer une guérison facile. Elle s'installe sournoisement; ses premières manifestations sont masquées sous des apparences d'autant plus trompeuses que l'opération ne remonte qu'à quelques heures; on hésite, on n'Ÿ veut pas croire; et la marche des accidents est quelquefois si rapide, que c'est touteau plus si on à le temps d’en arrêter l’évolution par une intervention souvent insuffisante et trop tardive. » Et il signale, en outre, que les occlusions de ce genre apparaissent, dans une grande majorité des cas, à la suite d'opérations qui étaient accompagnées, soit de draînage, soit surtout de tamponnements à la gaze, et, de plus, que c'est du 3° au 15° jour que l’on voit survenir ces accidents, dans le plus grand nombre des cas. Néanmoins certaines observations relatèrent ce genre d'occlusion post-opératoire au bout de plusieurs

moIs : € est un étranglement par brides ou par adhérences

que l’on constate lors d'une deuxième opération ou à l’autopsie. ;

De l'avis de M R.-A. Pierre, il semble que l’oéclusion post-opératoire survienne dans les cas :

1° où là péritonisation a été insuffisante;

2° où il s'est produit un suintement sanguin;

3° où il y avait une infection même légère de la plaie opératoire.

La prophylaxie de ces accidents serait donc aisée, elle consisterait en une périlonisation minutieuse, une bonne asepsie et la protection du périltoine dans les opérations septiques.

Il n'en est pas moins vrai qu'une occlusion survenant à plus ou moins grande distance d’une opération pelvienne doive évoquer l’idée d’une bride.

M. Legueu (1894) compte, en médecine humaine, sur 57 cas d'iléus post-opératoires 27 faits consécutifs à l’ovariotomie soit 47 %; 9 après salpingectomie soit 16 %; 4 après hystérectomie par voie abdominale pour fibrome soit 7 % et g cas soit 16 % pour hystérectomie vaginale; le total des cas d'iléus survenus après opération intra-péritonéale de l'appareil génital de la femme représente donc 86 % soit plus des 4/5 des cas d’occlusion post-opératoire. Le reste des cas soit 14 % appartient aux opérations de hernies étranclées où non.

Nous avons peu de choses à dire en vétérinaire sur l’occlusion intestinale post-opératoire. À part la hernie étranglée, l’ovariotomie, la cryptorchidie, le domaine des opérations abdominales est assez restreint chez nos grands animaux, cela tient uniquement à la station quadrupédale

dans laquelle les opérés doivent se complaire et aussi à ce

bo

que bien souvent pour le propriétaire, la question pécuniaire l'intéresse davantage que ia chirurgie. Nous citerons néanmoins une observation faite par M. le professeur Coquoi qui attire particulièrement l'attention sur un cas de

hernie ventrale sur un pur-sang.

Os. 14. — Survenue quatre mois avant que le cheval qui en élait porteur soit entré dans son service. Les commémoralifs fournis sont ceux de fréquentes coliques, de troubles digestifs ayant eu pour conséquence un amaigrissement notable du sujet. L'opération fut lentée sans grand espoir de guérison. Effectivement l'animal succomba. L'aulopsie révéla les particularités suivantes : sur une longueur de 2 im. environ le jéjunum est dilalé, épaissi, noirâtre. 2° La hernie était constituée par la portion terminale du jéjunum reséqué au cours de l'opération. Par suite dés adhérences de l’anse ectopiée au sac herniaire, mais réduite par l'opération, les contractions périslalliques de la portion herniée amoindries ou même totalement supprimées, Loulg la partie du jéjunum siluée en amont de l'ectopie devint le siège d'une dilatation et d'üne bhypertrophie compensarice destinées à comballre la stase des matières alimentaires.

En médecine canine l’occlusion intestinale post-opératrice est manifeste et typique. On sait notamment que la race du. bull-dog à toujours inquiété fâcheusement les éleveurs-spécialistes de cette race dont les sujets atteignent souvent des prix fabuleux. Leurs soucis provenaient uniquement de Ia mise-bas, car la mortalité des chiennes. était fréquente, d'un pourcentage très élevé, dans les derniers jours de la gestation. Afin de faire face aux grosses pertes d'argent qu'occasionnaient, dans la plupart des cas, la mort de la mère et celle de la portée, les éleveurs aujourd'hui font couramment faire, avant terme, un accouchement pré- Maluré, par une cœsarienne. On à ainsi des chiots vivants et la mère, opérée ainsi dans un milieu sain, guérit presque toujours.

Nous avons eu l’occasion d’autopsier longtemps après,

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certaines de ces chiennes ainsi opérées (mortes d'accidents ou sacrifiées pour vieillesse) et où la cavité abdominale était

reraplie de brides et d'adhérences utéro-intestinales.

O%s. 15. (Personnelle). — Une chienne griffonne bruxelloise, âgée, en état de gestation extra-abdominale (un seul fœtus) fut opérée de la cœsarienne: La mort survint plusieurs semaines après l'opération. L'autopsie révéla manifestement des adhérences utéro-intesti-

nales en masse.

Ces faits confirment une thèse récente où E.-R. Pierre étudie l’obstruction intestinale par adhérences utérointestinales survenant après l'opération cœsarienne et montre que les phénomènes d'occlusion intestinale survenant après section cœsarienne (même lorsqu'ils sont précoces (dans les 20 premiers jours) sont le fait de brides et d’adhérences.” « Ordinairement, ajoute M. Pierre, l’occlusion se produit lorsque l'utérus en involution rentre dans sa loge pelvienne, particulièrement dans les cas où on laisse sur le fond utérin une zone cruentée qui saigne et dans les cas d'infection même légère. »

Pour complèter ce chapitre de:l’occlusion post-opératoire, qu'il nous soit permis d'emprunter à la médecine humaine certaines relations qui pourraient rentrer dans le domaine de ja pathologie comparée.

C'est ainsi que Foucault relate en s'appuyant sur deux observations de fibromes utérins opérés que l'occlusion avait été « amorcée » par une coudure anormale des derniers centimètres de l'iléon au niveau du repli génitomésentérique et que dans les deux cas il existait une lésion plus ou moins diserète des annexes droits. Cette coudure avait été aggravée par les manœuvres opératoires, en particulier par le refoulement en haut des anses intestinales et

par la traction en bas sur les moignons des pédicules.

M. Reynés, dans sa communication au XXV° congrès de chirurgie attire l'attention sur le fait « que la position de Trendelenburg « réalise, dans un ventre ouvert, une situation tout à fait anormale du contenu abdominal et dangereuse évidemment: pour le bon ordre des anses intestinales. Projetées au hasard de la pesanteur et du degré d'inclinaison vers la coupole diaphragmatique, comprimant foie et colon, ces anses sont encore manipulées, touchées, remuées par les mains ou les compresses, au détriment de leur situation normale. A la fin de l'opération, l’opéré est remis en position horizontale, souvent très vite, quelquefois très brusquement. Or, dans ce rapide changement, les anses viennent se précipiter à tout hasard dans la cavité pelvienne. » «

On conçoit que la présence anormale d’une adhérence intestinale, d’une bride iléale, pourra dans ces conditions, provoquer une coudure ou l’aggraver si elle existait déjà. Les tractions sur le péritoine iliaque augmentent encore la coudure, en agissant sur la face postérieure et le bord inférieur du segment intestinal fixé et en aplatissant sa lumière. Et avec M. Quénu nous pouvons dire que : « Toutes Îles opérations qui intéressent le péritoine, alors même qu'elles ont été faites dans les meilleures conditions, amènent constamment des perturbations dans le fonctionnement des or-

ganes abdominaux. » .

En somme, ce qu'il faut retenir, c’est que certaines occlusions post-opératoires sont dues à des fibres, à des adhérences, à des coudures iléales méconnues, Leur gravité vient de ce fait que leur symptomatologie est plus trompeuse. que toute autre, « laissant croire parfois que c’est une sim-

ple constipation, où une obstruction inoffensive », que leur

eee

diagnostie est très difficile et que leur évolution est très rapide.

Il est donc de toute nécessité : d’être sobre de manipulatins des anses intestinales; de ne pas exagérer certaines positions, de ne pas provoquer de tractions pendant la péritonisation des surfaces cruentées; et surtout avant de refermer, de procéder à la vérification terminale; celle-ci portera en particulier sur la dernière portion de l’iléon, dont on

devra supprimer les coudures en sectionnant les adhérences.

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