‹ Étiologie Des Occlusions IntestinalesChapitre 10 sur 15 · ES PEN NO · texte numérisé non relu

ES PEN NO

Le 3° calcul était enchatonné dans la région moyenne de la »° portion.

b° de couleur : on y trouve toute une gamme depuis le blane jaunâtre au brun en passant par des teintes grisâtres, bleuâtres ou rougeâtres. Cette coloration des calculs a même servi à la classification de Fürstenberg.

6° de dureté puisque ce ne sont parfois que des paquets de poils (que les animaux ingèrent en se lèchant euxmêmes ou en se lèchant les uns les autres — Pilophagie) recouverts d’une mince couche de calcaire. On les appelle alors des « égagropiles ». Parfois même ces égagropiles sont constitués par des poils végétaux englobés d’une zone pétrifiée (poils des calices accrescents du trèfle incarnat). Ici, également, il faut incriminer l'alimentation végétale, les sels et le catarrhe intestinal.

En vétérinaire, les égagropiles sont particulièrement rencontrés sur les jeunes animaux mis aux pâturages, au cours de leur élevage, ou sur des sujets d'âge en convalescence aux prés, ou sur des juments suitées. Maintes observations ont déjà été relatées à leur sujet chez les solipèdes, plus spécialement. Pourtant nous appelons l'attention sur un fait curieux de présence d’égagropiles chez les camélidés car jusqu'ici nos classiques vétérinaires sont restés muets à leur sujet. Cependant on peut rencontrer chez les ruminants des pelotes comparables à celles que l’on trouve communément chez le cheval, mais plus spécialement d’ori-

gine végétale.

Obs. 9. L'observation que nous relatons a été recueillie par M. Edouard Blanc, explorateur, il y a bientôt 30 ans, sur un dromadaire mort dans l'oasis del Khout, au Souf (Sud constantinois). Cet égagropile est subglobuleux et mesure, après conservation à

sec, 4-5-6 em. de diamètre. Il a été sectionné en deux pour en permettre l'étude et l'on peut se rendre compte qu'il est constitué de couches concerftriques visibles surtout par quelques différences de teinte, Le centre ne paraît recéler aucun corps dur formant noyau. Le caractère le plus intéressant est une grande légéreté, la densité est d'environ 0,28, sensiblement celle du liège. L'examen, au microscope, d'une parcelle de ce corps, montre un assemblage très finement feutré de filaments végétaux extrêmement ténus et tous semblables: ces éléments n'ayant aucune différence essentielle avec Je duvet qui garnit les longues arrêtes du « stipa tenacissima », graminée plus connue sous le nom d'alfa. (Bulletin Société Centrale

rhédecine vétérinaire, décembre 1923, p. 477.

M. E. Blanc indique, en outre, qu’il a trouvé trois fois des formations semblables en Asie centrale sur des chameaux et une seule fois, dans le même pays, sur le droma-

daire.

Chez le cheval le docteur Roger relate quatre observations concernant l'obstruction intestinale par les égagropiles; dans la première Ja présence d’un égagropile avait entrainé la déchirure du colon flottant; dans la deuxième, celle d'un égagropile situé à ro em. de l'origine du colon flottant, au poids de 1 kilog, avec 38 cm. de circonférence sur l'intestin. Dans la troisième observation l’auteur rapporte le cas de la présence dans la partie terminale du gros colon, à l'entrée du colon fottant, d'un volumineux égagropile très irrégülier de forme et qu'on pourrait comparer à-un gros rein sur lequel il exislerait deux Llumeurs largement pédiculées. Une de ecs lumours élail engagée dans le colon flottant. Le poids de l'égagrophile était de r kg. 600.

Enfin la quatrième obsérvalion concerne un égagropile de volume de la tête d'un homme, et situé à la partie terminale de la quatrième portion du colon. (D' Roger, Coliques du cheval, p. 248.)

Composilion des calculs. — Les calculs sont formés en partie de phosphates ammoniaco-magnésiens dans la proportion de 80-90 % de la masse totale. Le reste est constitué par des phosphates et des carbonates de chaux, de la silice, quelques traces de fer, du mucus et des cellules épithéliales. La précipilation de ces éléments se fait en couches concen-

triques (nettement apparentes sur une coupe) sur un corps étranger quelconque ingéré en même temps que les alimenis (caiHou, fraginent de silex, partie métallique, grains de sable où graviers, clou, fil de fer) cu même une parcelle

alimentaire (grain d'avoine, d’orge, de maïs. son...).

L'observation a montré que pendant la guerre les calculs étaient surtout fréquents sur les chevaux qui mangeaient l’avoine par terre; la ration en étant déià parcimonicuse le cheval n’omettait iamtais d’en récupérer tous les grains, mais chaque grain entrainait dans l'appareil digestif un volume de terre cu de sable égal au sien. La même fréquence se retrouve sur les chevaux de meuniers et de boulangers qui Consomment beaucoup &e son. On pensait alors que leurs éléments constitutifs provenaient préformés do l'extérieur ct ne faisaient que s'agglomérer dans l'intestin; on croyait, en particulier, à l’action néfasie de la poussière provenant du repiquage des meules. Fürstenberg a réfuté cette opinion en montrant que les différents éléments constituliifs des calculs proveénaient des aliments et, d'après cet auteur, il se formerait une couche nouvelle après chaque repas de son : un calcul de r7 livres montre 720 couches, il aurait, par conséquent, été constitué en 360 jours à raison de deux repas par jour.

Le phosphate ammoniaco-magnésien esi fréquent dans les céréales et en particulier dans le son. Il est dissous par Hc!l du suc gastrique qui met en liberté du phosphate acide de magnésie. Celui-ci se combine avec Az H° provenant des matières azoltées pour former du phosphate ammoniacomagnésien.

Pourtant si un grand nombre d'animaux trouvent dans

leur alimentation tous les éléments de la formation de cal-

culs, cela ne veut pas dire que tous doivent nécessairement en être porteurs.

Pour d'autres, les calculs se formeraient surtout sur les animaux atteints de catarrhe intestinal qui trouble la digestion et facilite les fermentations. Galippe a soutenu que dans tous les calculs on rencontrait des microbes et il prétendait que c'élaient eux seuls les agents actifs de la précipitation des phosphates amnmoniaco-MagnéÉsiens,

La démonstration n'est pas irréfutable et en réalité l'étiologie des calculs intestinaux est encore bien obscure.

Quoi qu'il en soit, l'existence des calculs intestinaux, n’est pas un fait rare chez nos solipèdes et nous pourrions citer maints exemples à leur sujet. Nous n'apporterons à l'appui de cette étude un peu écourtée, que le résultat de quelques observations choisies parmi un certain nombre d’autres et que nous avons faites en l’espace de ces der-

nières années.

Obs. 10. (Personnelle). — Cette observation est toute récente. Nous sommes appelé le dimanche matin 2 novembre 1924 auprès d'un cheval malade de coliques, chez M. B.., marchand de pommes de terre en gros. Les commémoratifs recueillis auprès d’un domestique de confiance nous apprennent que l'animal à déjà manifesté dans le courant de la semaine quelques malaises sans qu'il y ail lieu de s'en inquiéter autrement; ce serviteur dévoué à prodigué au malade des soins élémentaires, même empiriques qui, à son avis, l'avaient tiré d'affaire et le lendemain il le reimeltait en service modéré, Toutefois il avait remarqué, et cette constatation l'inquiétait néanmoins, que l'animal se « vidail » mal. Fort de ce renseigneiment, nous instiluons un lrailement en vue de remédier à cel étal de choses el nous demeurons confiant dans son action. Il n’en fut rien el le lendemain nous faisions entrer notre malade à l'infirmeric. I s'agissait d'un cheval âgé, mais vindicatif, d'origine anglaise, ayant fait la guerre, mais depuis cinq ans dans la même maison où il faisait un travail pénible pour sa taille, et dans un étal de santé tellement florissant qu'il frisait plutôt un excès d'embonpoint. Du 2 au 11 novembre, c'est-à-dire pendant 10 jours consécutifs, à notre connaissance tout au moins, tous les traitements restèrent

se 55 —

sans action, pas la moindre évacuation et cependant l'état général ne semblait pas autrement mauvais, il n'y avait pas de symptômes généraux et notre malade avait toujours consenti à prendre jusqu'alors des boissons mucilagineuses. À

À patir de cette date, celle du 11 novembre, une aggravation presque subite fit assombrir le pronostic : l’animal devient inquiet sans pour cela avoir des mouvements désordonnés, il est fiévreux, sa respiralion.est mauvaise, il ne mange plus; on peut même dès ce jour, et ce jour seulement, l'examiner, à son aise, sans craindre ses défenses brutales; l’auscultalion indique manifestement des complicalions pulmonaires, certainement par résorbplion de produits toxiques d'origine alimentaire. En un mot Fanimal s'intoxique Juiniôme.

Le lendemain, c'est-à-dire le 12 novembre, notre malade baisse d'état, sa respiration est de plus en plus accélérée, son haleine nauséabonde empoisonne le box : il fait de la pneumonie gangréneuse incurable, à marche rapide et nous décidons l'abalage.

L'autopsie a révélé la présence d’un calcul intestinal volumineux, pesant 2 ke. 550, en forme de boule, très dure, lisse, occluant complètement le colon flottant, dans lequel il avait même réussi à s'engager sans espoir de relour, fermant herméliquefnent la lumière intestinale. Les tuniques intestinales étaient gangrenées, sphacelées, énormément dilalées el amincies. Mais il semble fort probable que cet enelavement n'a dû se produire qu'assez lard.

Le fail n'en est pas moins curieux, à la fois par le poids et le volume de ce calcul (conservé en collection d'ailleurs) et par la lenteur avec laquelle les symplômes alarmants se sont déclarés. Près de douze jours, en effet, se sont écoulés entre notre première visite

et le sacrifice du sujet.

Obs. 11. (Personnelle. — Un cheval appartenant aux Elablissements L. B. C. est atteint de coliques assez séricuses. Soigné empiriquement par un palefrenier inhabile, il nous est amené dans un état alarmant. Le diagnostic d'occlusion intestinale ful porté dès le début, sans pour cela en préciser ni la nature ni le siège. NH s'agit d'un cheval âgé, depuis quinze ans dans Ja même maison où il faisait un travail assez pénible; à allure rapide, de livraisons de pétrole; ce cheval n’a jamais eu de coliques bien inquiélantes; on pourrait même dire que jamais il ne fut vraiment malade.

Tous les soins que nous avons pu prodiguer à cet animal furent sans succès, on ne peut arriver à le « déboucher » et la situation csl extrêmement grave. Prévenu de notre pronostic alarmant, le propriétaire ne semble pas accorder créance aux conseils de l’abatage que nous lui donnons avec insistance. Ce n'est que le surlendemain,

près de 3 jours après son entrée à l’infirmerie que l'animal fut sacrifié pour la boucherie.

L'incision du gros colon mit à découvert une série de 5 calculs prismatiques, neltement accolés les uns aux autres, dont un central en forme de diabolo pesant à lui seul 600 gr.; l’ensemble formait une masse de 3 kg. 5oo encastrée dans la portion intestinale énormément distendue, congestionnée, sphacelée, presque gangrenée. La disjonction de cet ensemble de calculs fut aisée et le calcul central indique nettement quatre facettes arrondies de dimensions d'une pièce de à francs où sont venus s’accoler quatre autres calculs plus petits. Il est vraisemblable que ces cinq calculs ont dû primitivement être libres, tout à fait indépendants les uns des autres et que peu à peu, sous l'influence de certaines circonstances que nous ignorons, leur accolement tardif vint former un seul et, même calcul composé oblilérant complètement le calibre intestinal.

Obs. 12. (Personnelle). — Nous venons de‘signaler deux cas d'occlusion complète par les calculs intestinaux. Sans pour cela aller jusqu'à dire que ce soit un phénomène commun, nous dirons seulement que beaucoup d’entre nous en ont constaté la présence au cours de leur carrière : que le calcul soit unique, qu'il v en ait plusieurs accollés facettes à facettes, où plusieurs de calibre variable, plus ou moins espacés sur toute la longueur intestinale. Mais du seul fait que la lumière intestinale est fermée hermétiquement, l'issue de Ja maladie est fatale,

Par contre, nous pouvons produire ici, d'autres observalions où la présence de calculs n'a jamais produit de symptômes extrêmement graves chez les animaux qui en étaient porteurs, mais seulement des coliques sourdes, tenaces. d'un traitement facile, mais de longue haleine, et

suivi de guérison clinique.

Nous relaterons, notamment, le cas d’un cheval de nourrisseur

Si A NF LE È e . . à ”

pas très âgé, mais pourtant vieux serviteur dans la maison où il est

toujours ulilisé et où il a vu passer deux propriétaires différents.

Jamais, pendant l'exercice du premier maître, l'animal n'a été

»bjet de la moindre visite de notre part, sa santé était parfaite. Ce >

n'est que l’an dernier, alors passé en deuxième main, que ce cheval en trois mois manifeste deux crises de coliques qui durèrent chaque fois une bonne journée. Toutes deux se sont terminées heureusement après l'expulsion de matières fécales, abondantes sous le coup du traitement mais mélangées de « pierres »

Ces calculs, gros comme des œufs de pigeon étaient à chaque crise, au nombre de trente à quarante, presque d'égale grosseur et de même configuration. ,

Le fait aurait pu nous paraîlre suspect si nous n'en avions été lémoins el que les pièces à conviction, dont la composition chimique pourrait être analysée, ne puissent à l’occasion êlre présentées.

D'ailleurs le cheval qui fait l'objet de cette observation est toujours eu service au même endroit, en excellent état et c'est plutôt par une question de prudence et d'appréhension que nous avons conseillé au propriélaire de contracter une assurance sur la mortalité. Depuis ce jour, par une heureuse coïncidence, jamais nous n'avons eu l'occasion de prodiguer nos soins à cet animal bien connu maintenant dans le quartier retiré mais populeux où il est utilisé et où les enfants l'ont dénommé « le pondeur de cailloux ».

Obs. 13. (Personnelle). — Nous signalerons enfin cette dernière observation aussi curieuse qu'originale; chservation faile sur un cheval de boucherie sur lequel nous ne possédons aucun antécédent. Nous relaterons donc brutalement le fait, en nous appuyant sur une constalalion « de visu ».

Cet animal était en bon état, très vieux, atleint de- fourbure chronique et d'un clou de rue avec arthrite de la naviculaire. Il à dû être abattu vraisemblablement, uniquement pour ces accidents, tout traitement ou intervention chirurgicele, n'était pas intéressant sur un pareil sujet de valeur inférieure.

Quoi qu'il en soit, il était porteur d'un calcul assez bizarre en forme d'anneau, de bague presque nettement circulaire sur son pourtour interne, ‘plutôt ellipsoïde sur son pourtour externe. La lumière de l’anneau à bords presque lisses mesure 7 em. de diamètre de haut en bas et de gauche à droile, et son épaisseur assez régulière a une moyenne de 3 em.; cette lumière au milieu d’un corps dur aplati explique le poids de 155 gr. relativement minime de ce calcul. Situé à la marge de l’anus où il s'était pour ainsi enchatonné, il permettait assez librement l'expulsion des excréments, depuis son arrêt au terminus intestinal.

La muqueuse du rectum était légèrement dilatée au niveau du sphincter anal et cédant aux efforts naturels d'évacuation portait uniquement à cet endroit un sillon circulaire, sans ecchymoses, sans érosion, seulement un peu d'épaississement, conséquence d'un long contact.

Page 1