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Comment concilier cette opinion avec celle de Pozzi la misère physiologique, les privations favoriseraient le développement du cancer, qui s’observerait plus fréquemment dans les clases inférieures de la société ; ce serait le contraire pour les myomes. Du reste, d’après Chisolm, presque 1 pour 100 blancs — hommes et femmes — meurt de cancer, et seulement 1 sur 300 nègres des deux sexes y succombe.
Au Mexique, le cancer serait presque inconnu dans les terres chaudes, mais à peu près aussi fréquent qu’en Europe dans les zones tempérées. Il est à peu près inconnu dans le nord du Brésil ; en 1897, on n’a pas cité un cas sur 1,223 décès à Manaos (Amazones), mais il est assez fréquent vers le sud ; de mêmeen Argentine. La proportion est à peu près la même en Australie, en Nouvelle: Zélande qu'en Europe.
Dans les diverses contrées tropicales de l'Afrique (Bashford), des spécimens de néoplasmes malins indubitables ont été trouvés. Plus de 1.000 cas ont déjà été rapportés de l'Inde. On les rencontre aussi dans les régions arctiques. Donc il n’est venu aucune confirmation de cette hypothèse que la maladie serait limitée à certaines races Ou à certaines régions géographiques ; aucune île, aucune colonie, aucun protectorat n’en a été trouvé absolument exempt ; le cancer a été trouvé parmi toutes les races et sous tous les climats à travers l’Empire britannique. Au Cap, le cancer a la fréquence européenne.
Y a-t-il accroissement progressif du nombre des décès cancéreux?
La statistique de la ville de Paris donne les chiffres
suivants de décès cancéreux pour 100.000 habitants vi-
vants ï: — Décès par cancer 1876-1880: Pr Ed tte aie En LSSE-L SOS E OS ere de dire 9 LÉQB LÉO hi Lnes ee ai ‘5118 90 1891-1899 7... 2. US ET 99 LOL TOO ace USSR UE 109 Tpor-É00 Due 20 eine acte 109
Nous y reviendrons.
Les données ne sont cependant pas d'une précision définitive. Et il y aurait de 15 à 20 p.c. de cas de cancer non diagnostiqués pendant la vie. En Allemagne, notamment, la mortalité se serait accrue considérablement. Mais, dit Bashford, les chiffres des statistiques allemandes étaient faussés par les erreurs inhérentes aux relevés de mortalité et par d'autres ; il n'est donc pas surpre- , nant que, le recensement du cancer du 15 octobre 1900, en Allemagne, ait laissé tous les problèmes du cancer tels qu'ils étaient auparavant. Et pour ceux qui peuvent s'affranchir de l'erreur qui consiste à confondre le nor: bre «des décès avec la proportion de la mortalité et apprécier justement l'importance, dans la statistique, de l’âge d'apparilion particulier du mal, 1 n'y aurait rien qui indique une endémie cancéreuse où un accroissement actuel dans Ja proportionnalité des décès cancéreux (Bashford). À mon avis, la proportion du nombre des cancéreux va en augmentant, parce que, la longévité augmentant, un plus grand nombre de personnes atteignent
l’âge du cancer. En tout cas, il y aurait augmentation des
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cancers viscéraur, internes. De Bovis fait remarquer que les cancers externes sont facilement apparents et d’un diagnostic sans difficulté, qu'il y aurait même une ,notable diminution dans les cancers du sein et de l'utérus, qui, dans les anciennes statistiques, formaient le plus fort contingent des cancers en général, tandis que l'augmentation porterait sur les cancers viscéraux ou internes, dont le diagnostic est actuellement plus facile. Voici une statistique parisienne intéressante donnant les propor-
tions successives
; Sein * Utérus Bouche LOTO AE 206 80.2 0.6 LOS TA reste LA on PL Cr EE EE 6.1 LBOO TOQD Tom PROS Pl 69.9 6.4
En ce qui concerne les localisations du cancer et l'influence du sexe, nous possédons des données importantes. Sr lon admet que la femme est plus que l’homme prédisposée à ce mal, comment comprendre l'énorme prédominance de l’épithélioma des lèvres et de la langue chez celui-ci sinon par les irritations plus nombreuses par le tabac, la pipe et l'alcool? D'autre part les calculs da foie sont plus fréquents chez la femme, de même le cancer des voies biliaires { la cirrhose prédomine dans le sexe masculin et de même le cancer du foie. Donc, les organes qui, dans l’un et l’autre sexes, sont plus particulièrement atteints, sont ceux qui sont le plus sujets aux états inflammatoires chroniques provoqués par les habitudes, le mode de vie, les travaux, les vices particuliers même à chaque sexe (Menetrier). Le milieu acide doit avoir une grande influence, puisque, dans le tube diges-
tif, le cancer est fréquent dans l'estomac et le gros inteslin, acides, mais beaucoup plus rare dans l'intestin grèle, alcalin. La stagnation favorise aussi le cancer. Des Jors, l’acidilé et la stagnation seraient deux facteurs de développement du cancer de l’estomac et du gros intestin. Et si le cancer de l'estomac représente presque partout la forme la plus commune de ce mal, si en Amérique notamment. il est particulièrement fréquent aux Etats-Unis, il est au contraire plus rare au Brésil et de beaucoup distancé par le cancer de l'utérus. Une particularité analogue se retrouve à Porto, où l'utérus et ses annexes donnent 35.5 p. c. des cancers, l'estomac 23.2, le sein 6.5 et le foie 4.5 p. €. La statistique en Espagne montre aussi la grande fréquence .du cancer des lèvres, qui, chez l’homme, vient au deuxième rang, immédiatcment après celui de l’estomac, et paraît bien être en rapport avec Pusage immodéré du tabae si universellement répandu dans ce pays (Menetrier). Le cancer du sein et dé l'utérus est rare en Turquie. Les Chinois seraient beaucoup moins sujets que les Européens à cet affreux
mal. Celui-ci. n'a jamais fait de victimes parmi les sau- L \
vages du Chäco de Argentine (Sobre-Casas). On a attri-
bué la rareté relative du cancer chez Les juifs à l'emploi modéré (du chlorure de sodium; pour certains, les grands iangeurs de viandes salées, de jambon fumé, seraient plus sujets aux cancers que d’autres; mais Se de sont imprécises, puisque, d'autre part, à Budapest, la mortalité par cancer chez le juif l'emporterait sur celle du reste de la population (respectivement 7 % des morts et 5.5 %). Et s’il est presque inconnu chez les nègres d’A-
Le.
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{rique, par contre, il infecte avec une certaine fréquence ceux des Elats-Unis. On a attribué la fréquence du cancer en Normandie à la contamination de l’eau utilisée - pour la fabrication du cidre.
On a prétendu que cette affection atteignait surtout les personnes à régime carné, mais Comment comprendre a) que certains peuples de-l'Amérique duSud, dont l'ali-
anentation est presque exclusivement carnée, soient presque complètement indemnes ; b) que, dans une statistique asiatique, 65 p. c. des malades étaient exclusivement végétariens ? En tout cas, ce setaient la Suisse, l'Irlande et l'Angleterre qui fourniraient les plus forts eontüngents des cancéreux ; viendraient ensuite l'Ecosse, la Hollande, la France et l'Italie.
Y a-t-il des maisons, des régions, des villages el des milles à cancer?
Behla à fait une étude très’ attentive à ce sujet pour Euckau, Passau, etc. D'après Haviland, les habitants des plateaux secs sont peu sujets au cancer, tandis que ceux qui vivent le long des rivières à débordements périodiques sont beaucoup plus fréquemment atteints, Pour l'Allemagne du Sud et les régions avoisinantes de la ,Suisse et de l'Autriche, le cancer végéterait mieux sur les terrains. imperméables, les alluvions, argiles, marais et
‘lourbières que sur.les roches poreuses et les sables. Le cancer est assez fréquént en Vénétie, plus rare dans l’'Italie moyenne et méridionale. Certains admettent que la mortalité cancéreuse s'accroît proportionnellement au nombre de citadins vivant au kilomètre carré. On a noté
des maisons et des quartiers où ont succombé un grand
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nombre de cancéreux. Mais, sans contester les faits, on peut leur donner une interprétation qui semble plus rationnelle : 1° Les agglomérations s’établissent surtout le long des .cours d'eau ; 2° les villes attirent les malades en grand nombre par leurs hôpitaux, leurs instituts, leurs spécialistes ; 83° la population des villes comporte plus de sujets âgés de plus de 20 ans ; 4° les statistiques relatives aux quartiers à cancer totalisent des cas se rapportant à un grand nombre d'années. Et il va de soi qu’un quartier qui a abrité de nombreuses familles pendant cinquanteé ans, par &xemple, a présenté un grand nombre de “décès pour causes diverses : tuberculose, maladies de cœur, cancer, etc. La recherche isolée des décès cancéreux peut donc fournir des conclusions illusionnantes. Sans compter que des coïncidences, des changements de domicile peuvent encore fausser les résultats.
Certains faits méritent encore d'être rapprochés. Quelques régions de la Suisse présentent beaucoup de goîtres et de cancers, et la longévité y dépasse rarement 80 ans: À la mairie d’une ville des Pyrénées, de 3,500 habitants, nous avons relevé, pour 1906, 5 décès,(3 hommes, 2 femmes) de go à oh ans et 10 morts (8 hommes, 2 femmes) de 95 à 99 ans : il y eut, en 1907, 4 morts de tumeur ma-
ligne sur 200 décès, soit environ + décès annuel par tumeur maligne sur 1.000 habitants ; tandis que dans certains villages de la même vallée, les goîtres étaient exces' sivement répandus et très volumineux jusqu’au jour où l'on n'a plus utilisé en boisson que l’eau de source. Il est vrai que, d'autre part, l'hygiène générale faisait des pro-
grès.
Le cancer à Paris. — Le service municipal du casier sanitaire vient de publier le rapport de M. Juillerat sur l'évolution de la tuberculose et du eancer à Paris depuis la guerre. Les constatations sont aussi alarmantes pour l'une que pour l’autre maladie.
Décès par cancer. De 1907 à 1912 : au-dessous de 3.000 :
1919 : 3622 (Béchet et Hartmann)
De plus, le nombre des maisons qui ont compté plusieurs décès par cancer va chaque année croissant.
« Comme toujours, les maisons où se sont produit!des décès par cancer sont pour un cinquième des maisons tuberculeuses, et la proportion des maisons tuberculeuses croit avec le nombre des décès cancéréux que les maisons ont eu à supporter. Les maisons tuberculeuses sont réparties en six flots : les masures des quartiers Saint- Merri et Saint-Gervais, celles qui s’étagent entre le Panthéon et le boulevard Saint-Germain forment les trois premiers îlots, certains centres ouvriers de Plaisance, du faubourg Saint-Antoine et de la Villette constituent les trois autres. »
Le cancer fauche, chaque année, en France, 32.000 existences, ce qui représente un total d'environ 140.000
cancéreux répartis dans le pays.
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Répartition régionale du cancer en France. — Dans une étude'd'ensemble sur le Cancer. el son traitement (Conférence fäite devant la Société des Amis de l'Université, Revue Scientifique, n° 8, 24 avril 1920), le professeur Henri Hartmann examine cette question : « En France, toute-une. série de départements a une mortalité dédépassant la moyenne ; ces départements sont groupés dans le nord- est. La ligne qui les borne part de Caen pour aller au sud de Tours, se diriger delà vers Dijon et de Dijon remonte vers Mézières. C'est ce que Bertillon appelle le carré fatal. Un autre groupe de départements est au contraire favorisé, le carré béni de Bertillon ; il’ est limité par une ligne qui part de La Rochelle, se dirige vérs' Saint-Etienne sans l’atteindre et de là descend le long du Rhône. La différence entre ces deux régions est énorme. Alors que dans le carré fatal la mortalité oscille autour de 100 décès annuels par 100.000 habitants, elle oscille, dans le carré béni autour de 30, descendant à 12 et même à 8 dans la Lozère et dans l'Aveyron. Deux au-. tres centres secondaires de cancer existent, l'un en Vendée, l’autre dans l'Isère, atteignant Lyon et même un peu Saint-Etienne. On a donné, de ces différences dans la fréquence du cancer suivant les régions et même suivant les différentes régions d’un même pays, des raisons multiples. On a invoqué la constitution du sol. J'avoue qu’en. comparant la carte du cancer en Franee à une carte géologique de notre pays, je n'ai pas trouvé de rapports. »
En 188r,
Grande-Bretagne,
Norvège, LE
Hollande, Prusse, / Pays de Bade, Suise, :
Autriche, Villes de Danémark, Australie, Nouvelle-Zélande Population : 98.380.000 habitants.
Mortalité pour cancer = 44,8 pour 100.000.
En 1891, mortalité — 59,6 | En 1901, mortalité — 56,3 En 1911, mortalité — 90,4 En 1912; :
Population ‘de ces pays), 136.892.000.
Morts de cancer, 125.832. è Mortalité pour cancer — Q1,9 pour 100.000.
En citant ces chiffres, le professeur Hartmänn ajoute : Si la proportion des morts dues au cancer, par rapport au chiffre global de la population, avait été,en 188r ce qu'elle a été en 1912, on aurait eu go.4r1 morts par cancer au lieu de 4h 047. La mortalité par cancer a plus que doublé en 30 ans.
Pour l'agglomération bruxelloise : A8r décès par tumeurs malignes en 1907 (623.000 hab.) ‘dont 05 pour Bruxelles (199.000 hab.) ; pour 1906 (agglom., 611.000 hab.), 438 décès par tumeurs malignes. Pour Gand (165.000 hab.) ; statistiques de M. Ie D° Boen), nous avons compté pour 1940, 1906, 1907 : 422 décès par cancer,
plus 22 par tumeurs diverses, soit environ 145 décès can-
ot céreux par an. Pour Anvers : 1906 (312.000 hab.), 224 décès cancéreux ; 1907 (320.000 hab.), 234 id. Pour Liège : 1906 (171.000 hab.), 120 décès cancéreux ; 1907 (172.000 hab.), 160 id. ; ne sont pas compris les cas des hôpitaux, etc., étrangers à la ville, Donc les 4 villes, Bruxelles, Anvers, Liège et Gand, comptent en 1907 plus de 1.000 décès cancéreux pour 1.300.000 habitants. Si nous observons que les cancéreux vivent 1, », 3 et 4 ans,
-on peut estimer. à 3.000 environ le nombre des cancéreux actuels de ces 4 villes. J'avais réuni des éléments pour une carte cancéreuse de la Belgique. Et des groupements internationaux devraient s'entendre pour dresser la carte universelle du cancer. Qu'on considère qu'il meurt par an 50.000 CanCÉTeUX aux Etats-Unis, 30.000 en France et 4.000 en Suisse. ;
Nous concluons : 1. La répartition du cancer est universelle. 2. IT est plus fréquent aux latitudes européennes ; rare aux régions équatoriales et froides. 3. Il paraît être plus répandu dans les régions basses. 4. La race noire scrait plus réfractaire que la race blanche. 5. L'hérédité et le mode de vie sont fréquemment en cause. Avec un mode de vie défectueuse, l'ulcère de l'estomac sem-
ble fréquemment évoluer en cancer.
| L'inoculation du cancer
Les caractères essentiels de la cellule cancéreuse sont la mobilité et la pérennité. Au fond, elle ne distingue pas d'une autre cellule de l'organisme par des caractères tranchés : ce n'est que sur un ensemble de signes, l’ulcération des tissus, l'agencement des cellules et surtout leur diffusion, que nous établissons le diagnostic. D'ordinaire, les cellules cancéreuses ont un noyau plus coloré et les figures de division de celui-ci sont nombreuses ; leur protoplasma est plus dense ; d'autre part, elles varient de forme selon des conditions diverses el ne rapellent que vaguement les cellules normales auxquelles elles se subslituent ; enfin, elles sont mobiles, pouvant se transplanter, se transpoñfter du foyer principal en des points éloigués et y produire de nouveaux foyers (métastases). = Le cancer est transmissible par inoculalion, mais entre abimaux de même espèce et surtout de même pays. La souris blanche se retrouve dans tous les laboratoires, étant très facilement inoculable : à Londres, on en a inoculé plus de 50.000." Mais les souris françaises, allemandes, danoises et*anglaises sont inégalement sensibles visà-vis d’une même tumeur. De plus, le rat peut garder
intactes, pendant des semaines, sous la peau, les cellules
= ho — cancéreuses d'une souris, qui $e remettront à végéter chez d’autres sôuris auxquelles on.les aura inoculées (Ehrlich). L'inoculation doit être considérée comme une greffe : le fragment injecté se développe contme un parasile, comme un organisme étranger dans l'organisme inoculé. Mais une souris qui a résorbé, digéré son cancer d’inoculation, devient, dans une certaine nresure, ré-
fractaire à une nouvelle inoculation.
. ‘: Cancérotropisme | PVR NOEL : /