‹ Étiologie du CancerChapitre 9 sur 10 · ÈS TA · texte numérisé non relu

ÈS TA

Que la personne à Hérédité chargée ne s’effraye pas, .

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puisqu'elle est peut-être immunisée, peut-être plus ré fractaire que beaucoup d’autres qui seront frappés alors que leurs descendants ont été indemnes. Et puis, l'étude du cancer est en progrès ; la science enregistre tous les io des victoires plus nombreuses, contrairement à ce: qu'on croît généralement, même chez des cancéreux avancés.

La guerre a-t-elle aggravé-la situation cancéreuse ? Le réponse serait affirmative si l'on s’en rapportait à: de nombreux renseignements que nous avons obtenus. Envisageant cette question, Hartmann écrit 4 « La guerre, qui vient de se terminer ayant entrainé des blessures dans une proportion jusqu'ici inconnue, un vaste champ d'observations se trouve ouvert actuellement. La ques-" tion est importante, non seulement au point de vue scientifique mais aussi au point de vue de la responsabilité de l'Etat et des pensions à servir. Questionné par M. Mou- - rier, Sous-secrétaire d'Etat du Service de Santé, le Comité scientifique de la Ligue franco-anglo-américaine contre le cancer, lui a, le 11 juillet 1918, adressé la réponse suivante é

« Scientifiquement, la question de l'influence des traumatismes et des circonstances de guerre sur le développement des cancers ne pourra être tranchée qu'à la suite de longues études.

« Pratiquement, on peut toutefois dire, dès aujour-* d'hui, que, dans certaines circonstances, les faits de guerre peuvent avoir une action sur le développement de certains cancers. I y a lieu de faire des distinctions entre les

cas, et de les soumettre à une commission de spécialistes

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comme on le fait pour la tuberculose, les cardiopathies, etc. Le rapport de cause à eflet peut être admis nettenient pour certaines tumeurs conjonctivo-vasculaires dont l'évolution a suivi d'assez près le traumatisme. Il est, au contraire, beaucoup moins évident pour la majeure partie des épithéliomas, où l'action cancérigène ne s'exerce que d'une manière beaucoup plus lente. » (Revue Scientifique). |

H. Thierry, inspecteur, constate, à Paris, l'accroissement de la mortalité par cancer pendant la querre, accroissement d'un cinquième environ en ?5 semaines.

(Bulletin de l'Association française pour Flétude du cancer, 30 juin 1919). Le

En tout cas, on ne peut nier l'influence fréquente du

traumatisme sur le développement du sarcome.

Déduetions pratiques

En ce qui concerne le traitement, il faut regretter qu'un grand nombre de malades nous arrivent presque inopérable, ou encore qu'ils ne se soumettent pas au traitement avec la rigueur nécessaire. Le meilleur traitement est toujours l'opération, qui peut donner des guérisons de 3, 4, ro ans et plus. A côté, viennent les rayons X, le radium, l'électricité, les Caustiques, mais ces méthodes n'enregistrent guère de succès que dans des cas opérables ; dans les cas inopérables, les succès sont exceptionnels et ces méthodes ont même assez souvent le résultat très fâcheux d'exciter le mal et de précipiter la fin du malade. Nous n'avons pas parlé des méthodes organiques. Il importe que le public soit moins pessimiste qu'il ne l'est et qu'il prenne toujours les meilleures mesures d'hygiène, d'alimentation, de vêtement et de désinfection.

1° Le traitement chirurgical : certains prétendent obtenir 7 et même 10 p. ©. de survies. Mais l'opération est plus efficace dans le cancer externe, où la propagation par les voies sanguines est, moins commune que dans le cancer interne viscéral, où cét envahisséement constitue la principale difficulté. Certains ont vu des survies de can-

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cers utérins opérés de 5, 6, 9 et 12 ans ; sür 97 amputations de l'estomac pour cancer pratiquées depuis 1881, Kocher compte 20 survies, dont 3 depuis 5 ans, 1 depuis 6, 7, 15, 16 ans. A côté de l’ablation de la tumeur, nous avons des opérations palliatives : ovariotomie dans le cancer du sein ; ligature des artères de la tumeur, curetage et cautérisation ignée.

2° Le traitement physico-chimique : l'électricité en faradisation ou fulguration, combinée ou non à l'opération; les rayons X, qui agissent surtout à la surface et dont l’action est en général insuffisante, le radium, notamment, dont l’action est très semblable à celle des rayons X et qui peut aussi s’injecter sous forme d’eau saturée d’émanation, ou s'introduire en tubes dans l'épaisseur des tumeurs, l'air liquide, les rayons violets et ultra-violets ; l'acétylène ou plutôt le carbure de calcium. l'arsenic (ou l'acide arsénieux ou l’atoxyl), la quinine ; le formol ; la chélidoine, la ciguë : les acides, le phosphore blanc, l'acétate de potasse, la tyroïdine,

3° La sérothérapie : le sérum des animaux recueilli après injection de tissus cancéreux ; le sérum d'animaux injectés à l’aide de parasites supposés spécifiques ou de produits cancéreux ; le microbe de l'érysipèle et ses produits de culture ; l’autosérothérapie. ;

4° Le traitement palliatif et moral : soulager les douleurs, arrêter les hémorragies, etc. L'air, la lumière, les vêtements seront surveillés attentivement ; relever l’appétit : lait, œufs, viandes fraîches, légumes, fruits, etc. Chez nombre de cancéreux le cœur serait plutôt petit :

éviter donc les grands efforts. Pour prévenir ce mal, sur-

veiller les organes faibles, l'estomac entre autres, les ulcères.;. Weit a écrit : « Le cancer de l'utérus a, presque disparu de ma clinique depuis que nous opérons toute fenime qui a un col déchiré plein de tissu cicatriciel » ;. cette règle, suivie aux Etats-Unis et au Canada, y aurait une influence heureuse. La gymnastique, qui facilite la combustion de nos déchets, constitue un des meilleurs facteurs de la santé, renforce l'organisme dans sa résistance à l’envahissement par le cancer. Le cancer tendant à se développer en milieu acide, la médication alcaline

semblerait être préventive du cancer dans certaines con-

ditions.

La iulle organisée contre le cancer s'impose impérieusement. Le 23 novembre r906, je disais que l'appel du professeur Poirier devait être entendu, et préconisai la fondation d'un institut anticancéreux.

Un point important, c'est defréaliser, à l'exemple de l'étranger (ce que l’on poursuit en Angleterre, ce qur a été établi dans les colonies anglaises) : il faudrait procéder à une enquêle approfondie sur le cancer, de façon à déterminer les régions où le cancer est le plus fréquent, à préciser les conditions dans lesquelles les cas se sont développés et à prendre même des mesures appropriées, d'autant plus que la guerre semble avoir accru le nombre des cancéreux. La même enquête pourrait être faite dans les colenies.

La lutte s'impose donc ; on peut rendre accessibles au publie nombre de notions compliquées ; il faut faire en sorte de vulgariser nos connaissances sur le cancer à l’ai-

de des procédés les plus divers, comme la brochure-ta-

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bleau, abondamment distribuée, les conférences, en s’inspirant des campagnes de lutte contre la tuberculose, j'aicoolisme, diverses infections ; el de celles relatives à l'hygiène Gétérales aux prenuers soins, et l'hygiène de

l'enfance. À mon avis, la santé publique aurait beaucoup à gagner si, dans chaque pays, des médecins se ‘chargeaient de la rédaction de brochures sur ces sujets et les faisaient distribuer par des comités divers. J’émets un autre vœu ; il serait désirable de voir toute personne, à partir de l’âge de 4o ans, se soumettre une ou deux fois par an à un examen médical général et complet, surtout \en ce qui concerne le cœur et les urines. Combien de maux n'éviterait-on pas.de la sorte! Combien d’albuminuries,,: de diabètes, de tuberculoses, d’affections du cœur et de cancers passent inaperçus, préparant ainsi des fins prématurées. Eviter ou retarder les maladies en général, c'est éviter ou retarder le cancer. Je dois signaler l’excellente idée du professeur Fraipont, de Liège : Ia propagande anticancéreuse par l'éducation des femmes : il enseigne, notamment, aux sages-femmes à se montrer attentives à certains signes permettant de dépister le cancer au début. ù

Le médecin remplit un rôle social toujours plus grand. « La société, écrit le professeur Poisson, confie à ce médecin ce qu'elle a de plus cher : ses enfants dans les crèches, ses femmes/dans les malernilés, ses travailleurs dans les hôpitaux ; elle ne cesse de lui demander ses avis pour si hygiène des villes, la responsabilité des criminels et des dégénérés ; elle favorise.de toutes ses forces les ligues et

les congrès contre les maladies évitables, et ses plus hauts

représentants se font un honneur de siéger au milieu des”

médecins qui les dirigent. Elle mêle le médecin à toutes les affaires publiques. Que dis-je? Elle en fait un moraliste, et personne n'est plus qualifié que lui pour combatire, par ses écrits ou par ses conférences, l'alcoolisme, les excès et les vices, sources intarissables de maladies, de misères et de hontes. »

Il faut réaliser l'éducation hygiénique et préventive du public ; j'estime que la distribution, à toute famille, de brochures-tablequæ, illustrées, sur l'hygiène générale et les premiers soins, l'hygiène de l'enfance, l'alcoolisme, le Cancer, la tuberculose et diverses infections y contri- . buera, au plus grand bien de tous ; il faut pénétrer le

peuple des règles d'or de l'hygiène.

Tableaux-brochures, journaux, conférences, enseigne-

ment Scolaire, propagande par la femme (ŒFrAIPoNT), etpositions permanentes d'hygiène dans le plus de villes possible, tels sont les principaut procédés de l'hygiène générale et préventive du public,

N'est-ce pas le médecin, par l'éducation hygiénique

donnée dans les écoles, par l'enseignement de la puéri-

culture, par la prévention des maladies évitables, par la

codification de l'alimentation, du travail et du repos ; n'est-ce pas le médecin qui peut le mieux, fortifiant la Société, améliorer le sort de l'individu et de l'espèce. (Laxpouzy) ? cu

Le professeur H. Hartmann écrit :

« Aujourd'hui on reconnaît la tuberculose de bonne

heure, on prévient le malade de son état, de la nécessité

qu'il a à se soigner pour ne pas dévenir phtisique; on fait

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ce qu'il y a à faire et l'on guérit un grand nombre de malädes qu'on laissait mourir autrefois. Il faut qu'il en soit de même pour le cancer.

« Pour arriver à ce résultat, il y a toute une éducation à faire, du public et même des médecins. En Amérique, une société puissante, The american Society for the control of Cancer l’a entreprise. En France, une ligue franco-anglo-américaine a commencé à-le faire. Ges diverses ligues, en même temps qu'elles contribuent au développement de centres de recherches et d'enseignement, de dipensaires-hôpitaux, centres de traitement, cherchent à vulgariser les notions indispensables à ‘connaître ur le cancer.

« La ligue franco-anglo-américaine a déjà fait distribuer, tiré à 100.000 exemplaires, un petit tract en quelques lignes exposant ce qu'il est indispensable au grand public de savoir.

« Le nombre des cancers augmente’ d'année en année. Le cancer frappe indistinctement toutes les classes de la société, le riche comme le pauvre, la femme un peu plus souvent que l’homme: C'est une des causes de mort les plus fréquentes après quarante ans. [l {ue par an plus de 32.000 personnes en France. Son incurabilité résulte le plus souvent de l'ignorance du publie, qui néglige le cancer à ses débuts, parce qu'il n'est pas douloureux dans les premières périodes de son développement. »

Résumé. — IT Mesures et soins préventifs : Faire lusage le plus modéré des boissons fermentées ; vin étendu d’eau ; pas de liqueurs. Le tabac est plutôt nuisible ; en

tout cas, le proscrire en cas d’avarie. Légumes soigneu-

sement 'lavés, crus ou cuits, aussi frais que possible. Fruits. Alcalinisation. Hydrothérapie : bains vers 30°,

frictions légères. Gymnastique. Surveiller les organes

faibles, l'estomac ; se méfier des ulcères (estomac, cof. Re ÿ ; é $

À partir de fo ans, se faire examiner le cœur et les urines

« ou 2 fois par an. Il. Soins particuliers : La maison d’un

cancéreux sera désinfectée complètement et souvent (sou-

fre, chlore, ac. phén.) ; le malade prend un bain ou est

lotionné à l'alcool tous les jours.

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