TRAITEMENT
Nous serons très bref en ce qui concerne la médicatn pellagreuse. Tout ce que nous venons de dire de la pathogénie de la pellagre montre bien que la thérapeutique est impuissänte à modifier, par exemple, les stigmates héréditaires qu’un pauvre pellagreux apporte avec lui en naissant.
Mais nous pouvons faire autre chose: nous pouvons lui montrer les moyens d'éviter cette épée de Damoclès qui le menace, et cela en lui conseillant d'observer scrupuleusement les lois de l’hygiène dans tous les actes de sa vie physiolcgique :
Une bonne et saine alimentation, aidée de reconstituants ; une habitation salubre; un travail modéré, voilà ce qu’il faudrait au prédisposé pellagreux. |
Pour celui qui est atteint de l’ensemble des symptômes que nous connaissons, pour celui-là, il faudra employer la thérapeutique.
On combaitra la diarrhée en modifiant les sécrétions stomacales; pour cela, on commencera d’abord par un purgatif léger, suivi d’antiseptiques intestinaux. On pourra avoir recours au régime lacté. On donnera de la pepsine et des solutions d'acide chlorhydrique.
Dès que le malade supportera le régime ordinaire, on lui donnera du fer et des glycérophosphates ; des amers, surtout le quinquina. L’arsenic et principalement les cacodylates sont à recommander dans ce cas.
Nous devons ici accorder à l'alcool une mention spé-
PE Lt Co b ciale. À ce propos nous ne pouvons mieux faire que de citer Billod lui-même : « Les malades indigents de l’asile de Sainte-Gemmes, dit-il, ne recevaient qu'une ration hebdomadaire de dix centilitres de vin. Pendant une année, le directeur leur fit donner une ration quotidienne et la pellagre disparut, L'année suivante, le prix du vin ayant augmenté, on en revint au régime précédent et on vit reparaîire les accidents. (Le vin, par l'alcool qu'il contient, excite l'organisme et lui permet de résister).
Nous recommandons aux pellagreux l’alcool, à dose thérapeutique, bien entendu.
Pour l’érythème, qui cèdera très facilement au régime interne, tel que nous venons de le donner, il doit être traité par des poudres inertes. Il faut couvrir les régions érythémateuses avec des gants, des chaussettes ou autres vêtements appropriés. Des bains amidonnés, et plus tard sulfureux, complèteront ce traitement local.
Nous laissons à Zlatarovic l’idée de sanatoria spéciaux qui donneront sûrement de bons résultats aux pays qui ont des milliers de pellagreux.