INTRODUCTION
L’érythème que nous observons dans la pellagre et qui vient apporter à la maladie son cachet caractéristique, fait partie de ce trépied symptomatique dont l'expression complète chez un malade forme ce qu’on a appelé la pellagre.
Par conséquent, il y a pellagre chaque fois que nous .observons chez un même malade l’érythème caractéristique ernal, les troubles de l'appareil digestif et surtout les troubles plus ou moins appréciables du système nerveux.
L'érythème solaire ne doit rien avoir de commun avec la pellagre s'il n’est pas accompagné de ses compagnons d’armes — qu’on nous permette cetle expression — puisque l’érythème solaire peut se rencontrer chez toute personne exposée au soleil, tandis que l’érythème pellagreux choisit d'abord son sujet, sa région anatomique, son époque d’apparition, et enfin a une évolution tout autre que celui que provoque le soleil.
Par cette définition, nous éliminons, comme vous le voyez, toutes les manifestations morbides qui n’ont rien à voir avec la pellagre. De plus, nous unifions les différentes pellagres (endémo-épidémique, sporadique, et pellagre des aliénés) et nous en faisons, somme toute, une maladie unique, caractéristique, se présentant chez tous ceux qui remplissent les conditions voulues |
Quelles sont, nous demanderez-vous, ces conditions ? Et
voilà justement le point que nous tâcherons d’élucider dans
ce modeste travail. Les observations que nous devons à la complaisance de M. le professeur Mairet, de MM. les professeurs agrégés Brousse et Vires, apporteront à ce travail un peu plus d'intérêt.
Nous avons divisé notre travail en six chapitres :
: Dans l'historique nous nous sommes efforcé de suivre l'étiologie qui a été invoquée par nos prédécesseurs.
Pour suivre le courant de la science actuelle, nous avons recherché, dans l'anatomie pathologique, l'explication de certains points étiologiques jusque-là négligés, et, en eflet, c’est à la suite de cette étude que nous avons pu — comme vous le verrez — trouver l’étiologie et éclaircir la pathogénie.
La symplomatologie, suffisamment étudiée par nos prédécesseurs, n’a subi aucune modification ; il en est de même du diagnostic et du pronostic.
Nous avons insisté sur le traitement de la maladie, jusquelà négligé, faute de connaissances pathogéniques suffisantes.
Le temps et les circonstances nous ont empêché d’apporter à ce travail un contingent personnel, nous avons, toutefois, la conscience d’avoir réuni tous les travaux intéressant notre sujet et d’avoir fait ressortir, aussi nettement que possible, l’image complète de la pellagre, qui est souvent cause encore d'erreurs de diagnostic. Nous ne devons pas oublier que nous avons retiré beaucoup de profit des conseils de
notre éminent maître, M. le professeur Mairet.
A PEL AGRE
RC —n