C. LE SINUS MAXILLAIRE
Parmi les cavités de la face, seuls le sinus maxillaire et l’ethmoïde apparaissent avant la naissance, ce qui explique les cas de sinusites maxillaires signalées chez les enfants.
Le sinus maxillaire atteint son parfait développement vers l’âge de dix ans. Il se présente alors sous la
forme d'une pyramide triangulaire dont la base est
interne et nasale, et dont le sommet répond en haut et
en dehors au malaire. La paroi intéressante pour nous est la supérieure qui est orbitaire. Nous avons vu que la face orbitaire du sinus frontal formait à la fois le plancher de ce sinus et le plafond de l'orbite, de même la face orbitaire du sinus maxillaire forme à la fois le plafond de ce sinus et le plancher de l'orbite. Cette paroi ophlalmologqique du sinus maxillaire est oblique de haut en bas, d’arrière en avant et de dedans en dehors. Elle est limitée par le rebord orbitaire inférieur en avant; la suture du maxillaire supérieur avec l’unguis et l'os planum en dedans, et la suture du maxillaire supérieur avec le malaire et la lèvre interne de la fente sphéno-maxillaire en dehors. Epaisse et spongieuse aux confins du rebord orbitaire inférieur, elle est mince et translucide dans ses portions moyennes el reculées,
Elle est sillonnée d'avant en arrière d'abord par le canal, puis la gouttière sous-orbitaire, qui livrent passage au nerf maxillaire supérieur. Mais ce qui présente pour nous un intérêt particulier, c'est que le fond de cette gouttière osseuse est creusé de déhiscences à l'état normal. Ces ouvertures ont une grande importance pour le passage des éléments infectieux du sinus maxillaire dans l'orbite.
La paroi inférieure montre les alvéoles des dents sinusiennes, canines et prémolaires.
La paroi interne est percée par l’osfium maxillaire et parfois par un orifice supplémentaire au centre du méalt moyen.
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La paroi antérieure est chirurgicale {opération de Caldwell-Luc).
Citons les prolongements du sinus : prolongement sous-lacrymal (unissant pathologiquement l’antre à l'appareil des larmes), le prolongement alvéolaire et le palatin supérieur.
La muqueuse et le périoste de la paroi orbitaire du sinus maxillaire rappellent la muqueuse et le périoste de la paroi orbitaire du sinus frontal : muqueuse très mince, dont l'épithélium est formé de cellules à cils vibratiles et dont le-chorion est appliqué sur le périoste qui, lui, semble adhérer à l'os, contrairement au périoste de la face orbitaire.
La vascularisation est assurée par les branches de la faciale et de la maxillaire interne. Les vésicules aboutissent aux affluents de la veine faciale.
D. LE SINUS SPHÉNOIDAL
Ce sinus se constitue peu après la naissance, mais ne se développe rapidement qu'à partir de l’âge de dix ans, quand commence à se résorber la partie postérieure du sphénoïde. Cette résorption est fort lente, aussi la vieille formule de Tillaux reste-t-elle toujours vraie : « les sinus sphénoïdaux n'apparaissent que vers l’âge de vingt ou vingt-deux ans ».
Les dimensions des sinus sphénoïdaux sont fort variables. Les petits sont fréquents; rarement ils s'infectent. Mais 1l n’est pas rare que la petitesse d’un sinus sphénoïdal soit compensée par les grandes dimensions de son congénère ou d'une cellule ethmoïdale.
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Tout autrement intéressants pour nous sont les grands sinus. D'abord leurs parois sont minces, quelquefois même déhiscentes; puis ils présentent des prolongements qui peuvent être fort importants, comme le prolongement des petites ailes du sphénoïde qui peut entourer de toutes parts le canal optique. Enfin, pour les grands sinus, les rapports orbitaires sont très étendus.
Les sinus sphénoïdaux ont la forme de cubes. Ils présentent donc, par conséquent, six parois :
La paroi antérieure, nasale en dedans, ethmoïdale en dehors.
La paroi inférieure forme, sur les côtés, la partie postérieure de la paroi supérieure des fosses nasales.
La paroi postérieure se continue avec la gouitière basilaire de l’occipital et répond au sinus transverse.
La paroi interne sépare les deux sinus. Il est fréquent qu’elle ne soit pas médiane, un des sinus occupant alors presque toute la cavité dont est creusé le sphénoïde. Le même sinus entre dans ce cas en contact avec les deux nerfs optiques et les deux sinus caverneux, ce qui explique la possibilité, au cours d'une sinusite sphénoïdale d’un côté, de complications orbitooculaires bilatérales.
La paroi supérieure répond, en avant, aux gouttières olfactives ; à la partie moyenne, aux gouttières optiques (transversales); en arrière, à la selle turcique qui loge la pituitaire, entourée par le sinus coronaire et sur laquelle repose le chiasma. La paroi supérieure a donc des rapports immédiats avec les nerfs euxmêmes et médiats avec le chiasma.
CRT SEE La paroï externe est la véritable paroi ophtalmologique. On lui peut distinguer une partie postérieure, cranienne, en rapport avec le paquet vasculo-nerveux constituant le pédicule de l'orbite; une partie antérieure, orbitaire, qui non seulement participe à la formation du sommet de l'orbite, mais qui, dans les deux tiers des cas, forme la partie postérieure de la paroi interne de l'orbite. Celte paroi présentera ainsi : la gouttière du nerf maxillaire supérieur ; la gouttière, bien plus large, du sinus caverneux et l’origine du canal optique pour la portion cranienne. La portion orbitaire est en rapport avec la fente sphénoïdale et avec l’arrière-fond de la fosse ptérygo-maxillaire.
Les parois du sinus sphénoïdal sont très minces et très fragiles.
Les veinules se jettent, soit dans le sinus caverneux, soit dans la veine ophtalmique. Quelques artérioles perforent la paroi interne du canal optique.
La muqueuse et le périoste présentent les caractères de la muqueuse et du périoste des autres sinus.
Parois osseuses. — Il est classique de considérer . l'orbite comme une pyramide quadrangulaire ayant, par conséquent, quatre parois, quatre bords, un sommet et une base.
Nous connaissons déjà les parois, que nous avons étudiées avec les sinus. Seule la paroi externe ne présente pas de rapports sinusaux, formée qu’elle est dans
LÉ son tiers antérieur par le malaire, dans ses deux tiers postérieurs par la grande aile du sphénoïde.
L'angle dièdre supéro-interne répond à la suture du frontal avec l’ethmoïde et avec l’unguis.
L'angle supéro-externe reçoit dans sa partie antérieure la glande lacrymale et est formé en arrière par la fente sphénoïdale.
L'angle dièdre inféro-externe est formé, dans son tiers antérieur, par le malaire, dans ses deux tiers postérieurs par la fente sphéno-maxillaire.
L’angle dièdre inféro-interne répond à la suture du maxillaire supérieur avec l’unguis et l'ethmoïde, et, tout à fait en arrière, à la suture du sphénoïde avec l'apophyse orbitaire du palatin.
Le somnuet de l'orbite est pour les uns le trou optique, pour les autres la partie interne de la fente sphénoïdale.
La base est l'ouverture faciale de l'orbite : c’est une ouverture quadrilatère à angles arrondis, dont le contour est formé par le rebord orbitaire. Ce rebord orbitaire, contrairement aux parois de l'orbite, est épais et résistant.
Charpente fibro-aponévrotique. — L'orbite présente, en outre, une charpente fibro-aponévrotique formée de :
1° Le périoste orbitaire qui tapisse les parois osseuses ;
2° Le septum orbitale qui ferme, en avant, la cavité orbitaire ;
3° La capsule de Tenon, qui divise cette cavité orbilaire en deux espaces : l’espace précapsulaire, renfer-