‹ Étiologie et pronostic du phlegmon de l'orbiteChapitre 13 sur 31 · LES ES · texte numérisé non relu

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est-ce sans étonnement qu'on constate la réponse donnée par la statistique que nous publions à la question qui vient tout de suite à l'esprit. À quoi sont dues les suppurations profondes de l'orbite ? Dans la très grande majorité des cas, elles sont consécutives à l'inflammation des sinus périorbitaires.

Longtemps on a cru qu’un foyer purulent sé développait primitivement aux dépens de l’œil et de sa loge postérieure, qu'il finissait par produire, en direction des cavités limitrophes, une perforation osseuse et qu'il s'évacuait à travers cette perforation dans lesdites cavités. Il est reconnu aujourd'hui qu'il n’en est rien et que, bien au contraire, c’est le sinus qui primitivement suppure et dont le pus vient envahir l'orbite. Et les empyèmes des sinus frontaux, ethmoïdaux+ sphénoïdaux et maxillaires ont pour cause : les maladies générales (grippe, rougeole, érysipèle...), les infections nasales (traumatiques, opératoires, rhinites), les infections d’origine dentaire.

La question qui se pose ensuite est celle de la fréquence relative de telle ou telle sinusite dans l’étiologie des suppurations de l’orbite profonde?

En principe, toutes les sinusites, quel que soit leur siège, quelle que soit leur forme, peuvent se compliquer. Cependant, les complications de la sinusite sphénoïdale sont plutôt rares, celles de la sinusite ethmoïdale ou mieux encore fronto-ethmoïdale le sont moins. La sinusite maxillaire est assez fréquemment trouvée à la base étiologique des suppurations qui nous occupent et la sinusite frontale très souvent, aussi souvent à elle seule que les trois autres réunies.

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On remarquera également que les sinusites aiguës se compliquent plus fréquemment que les sinusites chroniques. Il faut à ce propos bien s'entendre sur la signification du terme chronique. Il faut entendre par là les sinusites qui sont ef demeurent chroniques et éliminer les sinusites réchauffées. Ces dernières, en effet, donneront des complications plus souvent encore que les sinusites aiguës.

Remarquons enfin que les sinus, l'anatomie nous l’apprend, n atteignent guère leur complet développement avant quinze ans. Il semblerait devoir en résulter que les seuls sujets frappés par les complications sont les adultes. Or, on trouve des observations concernant des enfants et même des nourrissons. Le D' LEMAITRE, dans son Rapport à la Société française d’oto-rhinolaringoloqie du 9 mai 1921, nous en donne très clairement l'explication : « Dans l'enfance, écrit-1l, les sinus « sont peu développés : les sinusites sont rares. Par « contre, les parois orbitaires des sinus, non ossifiées, « sont extrêmement friables ; dès que la sinusite est « installée, le pus franchit aisément la barrière fragile « qui lui est opposée. Ainsi s’explique, chez l'enfant, « et surtout chez l'enfant de douze à quinze ans, « malgré la rareté des sinusites, la fréquence relative « de leurs complications ophtalmologiques. »

L'état général des sujets porteurs de sinusites jouet-il un rôle dans le développement de leurs complications ?

L'état scrofuleux signalé dans un certain nombre d'observations, surtout concernant des enfants, semble de quelque importance. Mais c'est surtout le terrain

ÉCRO RES syphilitique que l'on rencontre assez souvent chez les adultes. En 1909, M. le professeur RoLLET rapporta des observations dans lesquelles la spécificité était avérée et il écrivit que « souvent le sujet est syphili- {ique ».

Nous aurions voulu, pour en lerminer avec les sinusités, indiquer quels sont les agents pathogènes qui engendrent les complications. Malheureusement rares sont les observations qui rapportent un examen bactériologique ou, lorsqu'il s’en trouve un, les recherches n'ont porté que sur le pus sinusal. Seules les observations de M. le professeur Rozcer comportent un examen bactériologique soigneux. On en trouvera les résultats à la suite de la statistique que nous avons établie.

Rarement le phlegmon orbilaire est dû à une autre cause qu'une sinusite. Tout au moins, quelle que soit la cause primitive, il est rare que l'affection ne ‘passe pas par le stade sinusite. Nous avons cependant pu recueillir quelques cas où il ne se trouve pas de sinusite à la base étiologique du phlegmon orbitaire. La tuberculose peut être quelquefois incriminée ou la syphilis, parfois l’influenza, le traumatisme ou une infection strepto ou staphylococcique. Enfin nous apportons un beau cas de thrombo-phlébite. Quant à la dacryocystite, nous ne croyons pas quil soit possible de lui accorder une part étiologique, même minime, dans les phlegmons de l’orbite. Nous avons, à la clinique de M. le professeur Rozrcer, dépouillé un tel nombre d'observations de dacryocystites sans jamais en voir une causer une suppuration de l’orbite profonde qu’il nous

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semble invraisemblable qu'elle le puisse faire. Nous rapporlons bien une observation de sinusite frontoethmoïdale, suite de cellulite orbitaire provoquée par une dacryocystite, mais nous n'avons qu’une bien médiocre confiance dans l'exactitude du fait. L'auteur, de très bonne foi, d’ailleurs, a certainement pris la cause pour l'effet.

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