‹ Étiologie et pronostic du phlegmon de l'orbiteChapitre 5 sur 31 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

On confond parfois dans le langage courant phlegmon de l'œil et phlegmon de l'orbite. Il est intéressant de signaler cependant combien rarement une affection de l’œ1l se complique de suppuration orbitaire. « Cette notion, dit M. le professeur Rollet, est contraire à tout ce que nous savons en pathologie viscérale : un phlegmon périnéphrétique, périanal, du ligament large, une pleurésie ou une péricardite purulentes sont d’origine rénale, rectale, utérine, pulmonaire ou cardiaque; mais on ne voit guère un phlegmon de l'orbite d’origine oculaire. » |

Le phlegmon de l'œil est banal. Il entraine la perte de l’organe de la vision. Mais si, dans le phlegmon de l'œil, le malade perd à peu près fatalement l'œil atteint, il ne meurt pas.

Au contraire le phlegmon de l'orbite est rare. Son diagnostic est parfois difficile au début. Actuellement,

LES TON EE l'œil, avec les pansements antiseptiques, reste indemne en apparence, mais le nerf optique, entouré de pus, subit une inflammation et s’atrophie, d'où cécité. D'autre part, l’affection est grave au point de vue vital : le malade peut mourir.

Il était donc intéressant d'étudier le phlegmon de l'orbite non pas au point de vue des symptômes, qui sont connus de tous, mais au point de vue de l’étiologie et du pronostic.

Nous comptons montrer en effet dans les chapitres suivants que le phlegmon de l'orbite n’est pas de cause idiopathique, comme on le voit dans de nombreuses observations du travail de Schwendt écrit en 1882, qu'il n’est pas non plus de cause obscure, mais qu'il est de cause bien établie aujourd’hui, c’est-à-dire presque toujours d’origine sinusique.

Cette notion étiologique ainsi déterminée, il en découle une conclusion capitale. Le phlegmon de l'orbite est grave, avons-nous dit, très grave puisqu'il est souvent suivi de mort. Pour guérir le malade, il ne suffit donc pas de vider l’orbite de son contenu purulent, il faut aussi vider le sinus. Et c’est ainsi que nous pouvons rapporter neuf observations de la clinique ophtalmologique de M. le professeur RoLLET où il y a eu sept guérisons parce qu'on a ouvert non seulement l’orbite mais aussi le sinus. Encore les deux cas de mort sont-ils dus l’un à un cas opéré tardivement, l’autre à une sinusite frontale chronique, latente, passée inaperçue et non opérée.

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