À A. LE SINUS FRONTAL
Diverticules des fosses nasales, les sinus frontaux sont considérés par nombre d’auteurs (Kirin, HArT- MANN, SIEUR et JacoB, etc.) comme des cellules ethmoïdales antérieures insinuées entre les deux tables du
NO SE frontal. Absents à la naissance, ils apparaissent dans le courant de la seconde année, pour atteindre leur plein développement entre quinze et vingt-cinq ans. Nous en pouvons conclure que la sinusite frontale est, dans le tout premier âge, d’une extrême rareté. C'est, comme le fait remarquer M. le professeur RozLer, une maladie de l’âge adulte.
a) Dimensions. — Elles sont extrêmement variables. On admet comme dimensions moyennes : hauteur, 20-25 millimètres; largeur, 25-27; profondeur, 10-15. Mais il est des sinus minuscules et il en est de géants.
Les grands sinus méritent ici une mention spéciale : atteignant en hauteur jusqu’au niveau des bosses frontales, dominant transversalement l'orbite et la moitié interne de l’arcade sourcilière, ils sont particulièrement favorables à l'infection de l'orbite.
b) Rapports réciproques. — Les deux sinus frontaux sont séparés l’un de l’autre par une cloison antéropostérieure, mince, qui n’est pas toujours tout entière. comprise dans le plan médian. Il en résulte que l’un des sinus peut avoir jusqu’à dix fois les dimensions de l’autre.
D'après DeLon (th. Lyon, 1898), la cloison intersinusale est presque toujours complète et la communication entre les deux cavités serait pathologique. On voit donc l'intérêt qu'il y a à ne pas trépaner sur la ligne médiane, de façon à ne pas mettre un sinus sain en communication avec le sinus malade voisin.
Store c) Portion orbitaire du plancher du sinus ou paroi ophtalmologique. — Le plancher du sinus répond par sa partie interne aux cellules ethmoïdales et à la voûte des fosses nasales; c’est là que s'ouvre le canal nato-frontal meltant en communication la cavité sinusale et le méat moyen. Signalons l'existence possible d’un diverticule antéro-inférieur, unguéo-maxillire, que Rouvière et Caudrelier trouvent dans 10 pour 100 des cas. Ce prolongement explique l’ap- .parition, au cours d’une sinusite frontale sans participation ethmoïdale, d'une fistulisation basse, analogue aux fistules d’origine ethmoïdale.
La partie externe du plancher du sinus répond à la moitié antéro-interne de l’orbite et constitue la paroi orbitaire du sinus. C’est, à l’état sec, une lame triangulaire, limitée en avant par le rebord orbitaire supérieur, en dedans, par la suture du frontal avec l’unguis et l’os planum; en dehors, par une ligne sinueuse répondant à l'angle supéro-externe de l'orbite; sa face supérieure, rugueuse, fait partie du plancher du sinus frontal; sa face inférieure, lisse, sauf au niveau de la spina trochlearis, constitue la plus grande partie du plafond orbitaire. Cette lame est ininterrompue, sans suture : le pus sinusal devra donc l’effondrer pour envahir l'orbite. Cet effondrement lui est d'ailleurs fort facile « un coup d’ongle suffisant à la défoncer » (Poirier). Trois points sont plus particulièrement vulnérables : le premier dans l'angle supéro-interne de l'orbite un peu en arrière et au-dessous de la fovea trochlearis; le second, derrière l’incisure sus-orbitaire ; le troisième, à l’union du tiers moyen et du tiers externe du plafond de l'orbite,