‹ Etiologie et traitement du cancerChapitre 17 sur 34 · MODIFICATION DE LA VIRULENCE DES CULTURES DU MICROCOCCUS NEOFORMANS · texte numérisé non relu

MODIFICATION DE LA VIRULENCE DES CULTURES DU MICROCOCCUS NEOFORMANS

L’étude de la morphologie du micrococcus neoformans m’a conduit à faire de nombreuses expériences pour atténuer ou exalter la virulence de ce microbe et pour étudier sa destruction dans les tissus normaux de l’économie, ainsi que les effets du passage sur des milieux de culture variés et dans différentes espèces animales.

J’ai étudié aussi l’action de la température et de nombreuses substances chimiques sur les cultures et sur les toxines. J’ai déjà signalé

:. Voirp. ii.

qu’on reproduit facilement in vitro le phénomène de la destruction du microbe au sein des cellules vivantes, et que sur des milieux peu favorables, au bout de très peu de temps, une culture examinée par le Gram-éosine ne montre plus qu’un petit nombre de microbes colorés en violet. Ces expériences ont permis de déterminer divers types de culture de virulence atténuée ou exagérée.

TOXINE DU MICROCOCCUS NEOFORMANS

La toxine active du micrococcus neoformans peut déterminer, à un certain degré de concentration, dans le tissu cellulaire sous-cutané, des foyers de nécrose aseptique.

J’ai pu, après de nombreuses expériences sur les animaux, préparer une toxine très active, dont l’injection n’est pas douloureuse et ne détermine pas de phénomènes inflammatoires accentués.

Celte même toxine a été modifiée par l’action de certains agents physiques et chimiques.

Les détails de préparation des bouillons de culture, des toxines et des vaccins ont été donnés dans une précédente lecture à l’Académie des Sciences 1 .

LA VACCINATION ANTI-CANCEREUSE ACTION DU VACCIN ATTÉNUÉ ET DES TOXINES DU MICROCOCCUS NEOFORMANS

Un vaccin non virulent a été préparé d’autre part avec des cultures du micrococcus neoformans, atténuées par les procédés en usage; ce vaccin présente une certaine analogie avec le vaccin du charbon de Pasteur, comme la toxine acth r e présente une certaine analogie avec la tuberculine de Koch.

L’injection du vaccin doit être continuée par celle de toxines différemment atténuées, et qui sont administrées suivant les cas et suivant la réaction observée chez les malades.

Nous possédons actuellement une expérience clinique assez étendue de la vaccination anti-cancereuse, car les premières injections remontent à un peu plus de 3 ans et nous avons eu depuis cette époque plus de cent vingt cas en traitement.

. Voir p. 4 7 .

LE CANCER

Actuellement, il nous est devenu possible de déterminer par l’examen clinique d’un cancéreux si ce traitement a quelques chances d’être efficace, et comment il doit être institué.

En effet, les injections se montrent absolument inefficaces ou déterminent un accroissement rapide des foyers néoplasiques quand il y a des masses cancéreuses d’un volume considérable, dont le centre est anatomiquement constitué par une masse lardacée. Les cellules de ces masses centrales ont perdu toute vitalité et ne peuvent plus réagir sous l’influence du traitement.

Certains malades, après une amélioration très manifeste constatée par des confrères, ont interrompu volontairement le traitement pendant quelque temps. Chez ceux de ces malades qui ont demandé à être soumis de nouveau aux injections, on a observé une aggravation rapide de leur état local ou général. Il semblait, comme on le remarque dans les expériences sur l’accoutumance du lapin à l’arsenic, que les cellules de l’organisme aient perdu définitivement toute faculté de réagir favorablement sous l’action de la toxine injectée, qui ne faisait plus qu’ajouter à l’intoxication cancéreuse déjà existante.

Ces faits sont bien connus des expérimentateurs qui ont étudié les phénomènes de vaccination contre les poisons chimiques ou figurés ainsi que la phagocytose chez les animaux.

RÉCAPITULATION DES 126 CAS DE TUMEURS MALIGNES TRAITÉS DEPUIS LE MOIS DE JANVIER 1901 jusqu’au 20 JANVIER 1904

i° Mauvais cas.

58 cas doivent rentrer dans la catégorie des mauvais cas et n’ont été suivis d’aucun résultat favorable. Plusieurs malades ont interrompu volontairement le traitement.

Certains confrères voudraient exiger qu’une seule injection pût guérir des cas inopérables et réclament un résultat instantané, comme s’il s’agissait d’une injection de sérum antidiphtérique ou de sérum antistaphylococcique.

2° Guérisons, 21 cas.

OBSERVATIONS 59 a 79.

Je ne classe, parmi les cas de guérison, que ceux où il n’existe plus actuellement aucune trace de tissu néoplasique. Certains de ces malades ont été opérés dans des conditions exceptionnellement graves, pour des néoplasmes déjà récidivés et qui paraissaient inopérables. Chez plusieurs d’entre eux, des masses néoplasiques qui avaient envahi la gaine des vaisseaux fémoraux, axillaires ou carotidiens, ont été partiellement laissées dans la plaie, qui a été curetée dans la profondeur; dans ces cas la cicatrisation, qui s’est faite après tamponnement de la plaie, ne s’est produite qu’au bout de plusieurs mois.

Ces 21 cas se rapportent à des tumeurs très variées : lymphadénome du testicule avec généralisation au pli de l’aine, sarcome des muscles de la cuisse, cancer de l’estomac avec généralisation à la paroi, cancer de l’utérus avec noyaux disséminés dans le péritoine pelvien, cancer de la verge, généralisé à la région inguino-crurale avec envahissement de la gaine des vaisseaux, cancer de la langue, cancer du corps thyroïde, épithélioma de la face avec généralisation ganglionnaire, sarcome de l’amygdale avec généralisation aux ganglions du cou, épithélioma du sein avec extension rapide et envahissement de la gaine des vaisseaux axillaires, cancer des ovaires avec greffe péritonéale et ascites cancer de la langue, de l’amygdale et du voile du palais avec masse, cancéreuses diffuses et envahissement de la gaine des vaisseaux carotidiens.

Parmi les cancers de l’utérus nous citerons notamment une femme qui présentait un chou-fleur vaginal du volume du poing, sanieux et ulcéré, et qui était devenue tellement anémique par suite des pertes de sang et de la cachexie cancéreuse que l’hystérectomie paraissait impossible. Le chou-fleur vaginal fut cureté, le col fut évidé à coups de ciseaux et la malade fut soumise au traitement antinéoplasique. L’état général s’est rapidement relevé et actuellement il ne persiste aucune trace delà lésion, qui, le 28 juillet dernier, paraissait absolument inopérable.

3 ° Cas en observation et généralement améliorés. OBSERVATIONS 80 a 126.

Les cas en observation sont au nombre de 47. Parmi ces cas, 18 ont donné un résultat favorable indéniable. Ils ne sont cependant

LE CANCER

pas comptés parmi les cas de guérisons, parce que les masses néoplasiques en voie de résorption n’ont pas encore complètement disparu ou bien parce qu'il ne s’est pas écoulé encore un temps assez long depuis l’opération ou depuis le commencement du traitement.

Ces cas seront publiés en détail. Nous citerons notamment l’action rapide du traitement sur plusieurs cas de cancers en cuirasse; les plaques indurées, d’abord rouges et violacées, pâlissent rapidement pour devenir jaunâtres et prendre l’aspect d’un cuir mince, où réapparaissent des îlots de peau saine. Les douleurs cèdent en général aux premières injections, ce qui prouve bien l’arrêt de l’extension du processus néoplasique. Tous ces malades accusent également une amélioration extraordinaire de leur état général. Ils reprennent leur vigueur ancienne et toutes les apparences de la santé.

L'action du traitement, chez les malades qui réagissent favorablement, provoque donc à la fois l’arrêt de l’envahissement néoplasique et la disparition de l’intoxication spéciale qui caractérise la cachexie cancéreuse.

Sur les 47 cas en observation, 29 doivent être suivis quelque temps pour permettre de conclure dans un sens ou dans l’autre, mais tous sans exception ont bénéficié du traitement, au moins temporairement.

Les 58 cas signalés comme n’ayant pas donné de résultats concluants seront résumes brièvement.

Nous donnerons ensuite le détail des 21 observations favorables telles qu’elles ont été arrêtées à la fin de janvier 1904, puis le résumé des 47 cas en observation à la même époque.

Observations récentes .

Les observations récentes sont publiées, par ordre de dates, à la suite des 126 premières, qui ont été complétées, autant qu il a été possible de le faire, jusqu’à la date du 3 o septembre 1904.

On trouvera à la suite des observations cliniques une récapitulation générale des cas, favorables et défavorables de la vaccination et de la sérothérapie anti-cancéreuses.

Cas où le traitement n’a pas donné de résultats concluants

OBSERVATIONS N os 1 A 08

Les 58 premiers cas sont simplement énumérés, l’observation détaillée ne présentant aucun intérêt.

En effet ces 58 cas concernent des malades atteints de tumeurs malignes très étendues ou bien en voie de généralisation, et chez lesquels le traitement a été institué trop tard et n’a pas été continué assez longtemps.

Chez un certain nombre de ces malades où l’on avait observé une amélioration temporaire manifeste, le traitement a été interrompu par suite de leur indocilité ou d’influences étrangères.

Ces 58 cas ont été classés par régions : tumeurs malignes de la tête et du cou, tumeurs malignes du sein, des membres, de l’œsophage, de l’épiploon, de l’estomac, des organes génito-urinaires et du rectum.

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