LE 25 JANVIER
21 CAS. - N os 59 A 79 -
OBSERVATION N° 59 N os 79 ? et 825 '■
Lymphosarcome malin du testicule trois fois récidivé.
Opération. Guérison maintenue depuis 3 ans.
M. B..., âgé de 37 ans, est atteint en janvier 1900 de douleurs testiculaires gauches avec apparition d’une tumeur. Ponction exploratrice le 4 mars. Incision exploratrice le i er mai par le D r Nélaton. Il s’agit d’un sarcome. Castration le 12 juin. La plaie ne se cicatrise pas. Incision d’un foyer de récidive avec suppuration le i 5 juillet 1900. Le malade n a pas quitté le lit
depuis le mois de mai.
En décembre 1900, on constate dans les bourses et le pli de l’aine une récidive du volume d’une tête d’adulte, envahissant le canal inguinal et fixée dans la profondeur. Le malade est opéré par M. Doyen, sur les instances du D r Tapret, le 2 janvier 1901. — La plaie résultant de l’opération et le résultat de l’autoplastie ont été photographiés.
La culture a donné, sur i 5 tubes, i 4 tubes stériles et 1 culture pure de micrococcus neoformans. Histologiquement, il s’agissait d’un lympho-sarcome malin (fig. 173 et 174).
Le 18 février, 3 e opération pour l’ablation de la cicatrice, dans laquelle existait un noyau de récidive de la grosseur d’une noisette, qui présentait la même structure histologique.
i. Ces numéros correspondent au registre d’inscription des malades ainsi qu’au répertoire et au musée du laboratoire d’histologie.
Traitement. 2 5 injections antinéoplasiques en 6 mois. —Actuellement, le malade est en parfaite santé et ne présente aucune trace de récidive.
3o septembre igo/j. — État très satisfaisant.
OBSERVATION N° 60 N 08 H2 et 640
Sarcome des muscles.de la, cuisse. — Opération. Guérison màintenue depuis 2 ans et 3 mois.
M me S..., âgée de 48 ans, présente un sarcome des muscles de la partie interne de la cuisse, du volume des deux poings. Opération, le 25 novembre I 9° I *
La tumeur est un sarcome à cellules fusiformes.
Traitement antinéoplasique.
Le 6 décembre 1902, ablation, par mesure de prudence, de la cicatrice, où existe un noyau induré. L’examen de ce noyau démontre qu’il s’agit d’une cicatrice fibreuse.
Guérison maintenue jusqu’à ce jour, sans trace de récidive.
3o septembre 1904. — État très satisfaisant.
OBSERVATION N° 61 N os 248, 468 et 92
Cancer en masse de l’utérus envahissant les ligaments larges, avec complication
de noyaux pelviens disséminés au voisinage du rectum. — Hystérectomie
abdominale totale. — Guérison maintenue depuis 22 mois.
M me I..., âgée de 48 ans, qui présente un cancer massif de l’utérus, est opérée le 11 mars 1902 par la laparotomie. Semis cancéreux péritonéal. Ablation de plusieurs noyaux sous-séreux au voisinage du rectum, La culture de ces noyaux donne des colonies pures de micrococcus neoformans. L’examen histologique démontre l’existence d’un carcinome. Ce cancer était généralisé au péritoine pelvien, avec noyaux disséminés sur l’intestin et dans l’épiploon.
Traitement antinéoplasique.
Le i4 août 1902, distension de la cicatrice et ascite. Laparotomie pour l’évacuation du liquide et suture de la paroi. Aucune trace de généralisation dans l’épiploon.
Le I er ' août 1903, 3 e laparotomie pour reproduction d’une certaine quantité de liquide et pour distension légère de la cicatrice.
E. JÎOTEN. - TRAITEMENT
CANCER
La malade est placée dans la position de Trendelenbourg. Il existe dans le cul-de-sac postérieur deux masses libres et arrondies, de plusieurs centimètres de longueur, et deux petites masses analogues rougeâtres, pédiculées. M. Doyen fait en même temps l’ablation de deux noyaux sous-péritonéaux laissés au voisinage du rectum dans la i re opération qui avait paru, d’ailleurs, ne devoir donner aucun résultat, car le cas semblait désespéré.
L’examen histologique a montré que ces anciens noyaux cancéreux étaient absolument transformés par envahissement de globules blancs polynucléaires.
Le péritoine pariétal et viscéral était épaissi partiellement sans trace de lésion néoplasique, de telle sorte que la reproduction de l’ascite paraissait en relation avec une péritonite chronique fibreuse consécutive à la disparition des noyaux cancéreux par un processus de sclérose.
État actuel satisfaisant. Cependant la reproduction de l’ascite paraît devoir se faire dans ce cas comme dans ceux où le péritoine est profondément altéré sur une grande étendue.
3 o septembre igo/f —État assez satisfaisant. On a fait plusieurs ponctions.
OBSERVATION N° 62 N os 40!2 et 96
Cancer du pylore adhérent aa foie et. inopérable. — Gastro-entérostomie le 13 juillet 1893 . — Récidive dans la paroi en 1897 . — En 1901 , ulcération de la cicatrice et fistule. gastrique — Traitement antinéoplasique à partir du 27 juin 1902 . — Fermeture de la fistule et disparition de l’induration néoplasique. — Guérison maintenue depuis 19 mois.
M. A..., âgé de 53 ans, a présenté les signes d’un cancer de l'estomac en 1892, à la suite d’un traumatisme. En 1893, se produisirent plusieurs mélænas successifs. Le malade était soigné par le D r Péchadre.
Opération le i3 juillet 1893.
La tumeur pylorique est adhérente au foie et inopérable. Gastro-entérostomie postérieure.
Le malade reprend du poids et se rétablit. En 1897, se produisit au niveau de la cicatrice une saillie dure et rougeâtre.
La tumeur présentait tous les caractères d’une récidive, envahissant, en août 1901» tout le creux épigastrique; elle mesurait des dimensions verticales et transversales de i 5 céntimètres. Il se produisit bientôt une fistule gastrique qui se referma momentanément pour se reproduire en avril 1902. Cette fistule laissait sortir un liquide bilieux.
Le 27 juin 1902, le malade entre à la clinique du D r Doyen, à Paris. Il a beaucoup maigri : le pourtour de la fistule présente de petites ulcérations.
La tumeur est squirrheuse, rougeâtre, parsemée de sillons profonds; elle comprend toute la région épigastrique, depuis l’appendice xyphoïde jusqu’audessous de l’ombilic, et envahit l’hypochondre gauche. Traitement antinéoplasique. La fistule se referme sans intervention au bout de quelques semaines. La plaque récidivée pâlit à ses alentours et se rétrécit petit à petit.
Le malade quitte la clinique, le i 4 février igo 3 . En juillet, il revient avec une nouvelle poussée et reproduction de la fistule gastrique. L’amaigrissement et. les douleurs, qui s’étaient reproduits, disparaissent rapidement par suite d’un nouveau traitement. La digestion devient facile; le malade, qui était courbé et contracturé par la douleur, se redressé et reprend son aspect de santé et sa vigueur d’autrefois.
Nous devons noter chez ce malade, qu’après une amélioration. considérable, qu’on pouvait considérer comme une guérison, et qui étàit survenue après les. 8 premiers mois de traitement, une. récidive s’est produite. Cette récidive est survenue pendant les 5 mois d’interruption des injections antinéoplasiques.
Les symptômes généraux graves ont réapparu : la tumeur a subi un accroissement considérable et la fistule s’est reproduite.
Cette récidive a cédé complètement dès les premières semaines, ouïe traitement a été nouvellement institué, c’est-à-dire à partir du mois de juillet 1903.
Actuellement le malade digère très bien et son état général est excellent.
. 3 o septembre 1904. — État très satisfaisant.
Cancer du col de l’utérus étendu aux culs-de-sac vaginaux. —- Laparotomie .
—- Hystérectomie totale avec résection étendue du vagin. — Guérison maintenue depuis dix-sept mois et aemi.
M me G..., âgée de 44 ans, est atteinte d’un cancer du col ayant envahi les culs-de-sac et compliqué d’induration des ligaments larges des deux cotés. La malade est cachectique et le cas très défavorable. Il est impossible de faire l’hystérectomie vaginale.
La laparotomie est pratiquée le 19 août 1902. Castration totale,
La muqueuse vaginale est réséquée sur toute l’étendue nécessaire et le péritoine pelvien est suturé, après tamponnement et drainage, au niveau du détroit supérieur.
Traitement antinéoplasique intense.
L’état général s’améliore rapidement. La malade a été examinée tous les trois mois. Le 19 janvier, la santé générale est parfaite; aucune trace de récidive.
3o septembre igoâ - —État très satisfaisant.
Cancer de la verge 'avec généralisation à tout le pli de l’aine droit, où existe • une tumeur du volume des deux poings, sanieuse, exulcérée, adhérente aux vaisseaux fémoraux. — Ablation du néoplasme et de la masse secondaire avec curetage de la gaine des vaisseaux, qui était envahie par le cancer. — Guérison maintenue depuis 13 mois.
M. L..., âgé de 48 ans, se présente à la clinique, porteur d’un cancer de la verge et d une énorme généralisation à tout le pli de l’aine.
La tumeur de l’aine a été le siège d’un phlegmon et présente à sa partie centrale un cratère à bords saignants et éversés. — Œdème de la cuisse. — Le cas paraît inopérable et l’intervention n’est tentée qu’en considération des bons résultats déjà obtenus chez d’autres malades par le traitement antinéoplasique.
Opération le 8 décembre 1902.
L’amputation de la verge est faite, et ensuite la réunion de l’urèthre à la peau. La masse inguinale est extirpée en une seule pièce, mais la partie profonde demeure adhérente à la gaine des vaisseaux fémoraux, qui se trouve envahie. Il faut se contenter en ce point d’un curetage prudent.
Tamponnement partiel de la plaie, qui était infectée depuis plusieurs mois. La tumeur est un épithélioma typique. Traitement antinéoplasique.
La plaie inguinale ne s’est cicatrisée entièrement qu’au bout de 5 mois.
M. L... revient souvent à la clinique. Il est en parfait état de santé. La cicatrice est d’une souplesse absolue. Il n’existe, fin janvier igo4, aucune trace d’induration ni de récidive, même au niveau de la gaine des vaisseaux où j’avais laissé des traces manifestes de tissu néoplasique.
3o septembre 1904. — État très satisfaisant.
Lymphosarcome de l amygdale avec adénopathie carotidienne. — Menaces de récidive rapide aussitôt après l’opération. — Traitement antinéoplasique. — Guérison maintenue depuis 13 mois.
M G..., agee de 48 ans, envoyée par le D 1 Besançon, présentait en décembre 1902 une tumeur de 1 amygdale gauche, commençant à envahir les
piliers du voile du palais et compliquée d’une adénopathie carotidienne du volume d’un œuf de pigeon.
Opération le io décembre 1902, par la voie rétro-maxillaire.
La masse ganglionnaire extirpée et la partie profonde de la tumeur reconnue, on l’isola des parties voisines avec l’index jusqu’à la muqueuse bucco-pharyngée, qui fut alors sectionnée par la voie buccale.
La pièce, qui était très fragile, demeura ainsi tout à fait intacte pour l’examen histologique. Tamponnement de la plaie.
Quatre jours après l’opération, toute la région présentait cette induration blanche suraiguë que l’on observe dans le cas de récidive immédiate des sarcomes malins dans la plaie opératoire.
Le traitement antinéoplasique est commencé immédiatement ; l’induration disparaît en quelques jours et la plaie se cicatrise dans les conditions normales.
L’examen démontra qu’il s’agissait d’un lympho-sarcome malin (fig. i 63 , i6/L i 65 et 166).
État actuel. —- Cicatrice souple. Aucune trace de récidive, treize mois après l’opération.
3 o septembre. — État très satisfaisant.
TRAITEMENT EXTERNE
Cancer du sein gauche récidivé pour la deuxième fois, ayant envahi le pectoral
et la gaine des vaisseaux axillaires. — Opération incomplète. — Résorption
de l’induration axillaire. — Guérison maintenue depuis treize mois.
M me L..., âgée de 46 ans, a été opérée en 1897 par le D r Gasiglia, de Nice, d’une amputation partielle du sein gauche ; une récidive nécessita en octobre 1899 une deuxième opération, qui consista dans l’ablation totale du sein avec curage de l’aisselle.
Une deuxième récidive ne se fit pas attendre et se produisit dans toute l’épaisseur du muscle pectoral.
En décembre 1902 existait une masse considérable intramusculaire, adhérente à une masse axillaire diffuse, fixée profondément, et compliquée d’œdème du bras. L’intervention avait été considérée comme impossible.
Opération le 24 décembre 1902 par les D ,s Doyen, Grinda et Gasiglia.
La tumeur du pectoral est enlevée, ainsi que tout ce qu il est possible d’extirper de la masse axillaire.
Il est laissé dans la profondeur une assez notable quantité de tissus cancéreux, adhérant à la gaine des vaisseaux et englobant entièrement la veine axillaire.
Traitement antinéoplasique.
Le 23 janvier igo 4 , M me L. est dans un état général satisfaisant, bien qu’elle se plaigne de quelques troubles digestifs.
La cicatrice est souple, présente à son tiers supérieur un petit noyau fibreux du volume d'une lentille et qui n a pas le caractère néoplasique ; dans 1 aisselle existe profondément une corde fibreuse qui explique la persistance de 1 œdeme partiel du membre supérieur.
En effet la partie interne du bras est œdématiée ; les parties supérieure et externe ne présentent aucune trace de gonflement, pas plus que le pli du coude, l’avant-bras, ni la jnain.
La malade dit que l’œdème varie, et cette observation concorde avec la présence d’une bride fibreuse axillaire gênant partiellement la circulation en retour. Il est incontèstable que le traitement a arrêté l’évolution du cancer, car la masse axillaire laissée dans la plaie aurait dû augmenter notablement de volume, au lieu de se résorber au point de ne plus laisser comme trace qu’une corde fibreuse.
Il n’y a pas de nouvelles récentes.
Cancer da col. — Amputation du col le 20 janvier 1903 . — Empâtement péri-utérin consécutif. — Hystérectomie vaginale le 28 février 1903 . — Traitement antinéoplasique. — État satisfaisant un an après la première opération.
M me L..., âgée de 38 ans, est amenée à la clinique par son médecin, le D r Brosset, pour cancer du col. Elle ne consent pas à l’hystérectomie. Amputation susvaginale du col, le 20 janvier 1903. La cicatrisation tarde. Il se produit une périmétrite suspecte.
2 e operation; le 28 février igo 3 : hystérectomie vaginale, sur la demande du médecin traitant et de la malade. Guérison rapide. Traitement antinéoplasique. État actuel satisfaisant : aucune trace de récidive.
3 o septembre 1904. : —État très satisfaisant.
TRAITEMENT EXTERNE
Cancer de l’utérus et des ligaments larges paraissant inopérable. — La tumeur se mobilise après 6 injections antinéoplasiques. — Hystérectomie vaginale. — Fistule consécutive dè l’uretère gauche. — Aucune récidive onze mois après l’opération, époque à laquelle la malade meurt accidentellement d’une pneumonie.
M V..., âgée de 46 ans, soignée par le D r Barbary, de Nice, présentait un cancer du col et du corps de l’utérus envahissant les ligaments larges et considéré
OBSER VATIOiN S.
comme inopérable. La malade se plaignait de douleurs lombaires qui l’empêchaient de dormir. Elle était très cachectique, bien qu’ayant conservé un certain embonpoint.
La tumeur s’est mobilisée en une huitaine de jours, après une première série d’injections antinéoplasiques; les douleurs lombaires se sont calmées. L’hystêrectomié vaginale a été faite sur la demande de là famille r -en février 1903, par M. Doyen, avec l’aide des D rs Grinda et Barbary. Les pinces ayant été placées assez loin sur les ligaments larges, la malade présenta après l’opération de l’anurie complète, par compression des uretères.
L’urine apparut aussitôt l’ablation des pinces, et huit jours après l’opéraion, il se produisit une petite fistule de l’uretère gauche.
Traitement antinéoplasique.
La cicatrisation du champ opératoire se fit parfaitement, mais il persista un petit orifice par où se faisait l’écoulement intermittent des urines.
A la fin du mois de décembre 1908, M me Y... devait être opérée de la fistule uretérale par le D 1 ' Grinda, la cicatrice étant absolument souple et sans trace de récidive. Elle contracta accidentellement une pneumonie qui l’emporta en quelques jours.
Il n’y avait donc aucune récidive près d’un an après l’opération, qui avait été faite dans les conditions les plus défectueuses.
Le traitement, commencé avant l’opération, a fait disparaître en quelques jours les douleurs lombaires et a considérablement amélioré l’état général, qui est redevenu très satisfaisant jusqu’à l’éclosion-de l’affection intercurrente accidentelle qui emporta la malade.
N os 768 ' et 839 .
Petit épithélioma du bord gauche de la langue détruit par un caustique, par ■ l e £) r Ducastel. — Ablation d’un petit épithélioma médian de la lèvre inférieure et d’un ganglion néoplasique sous-maxillaire. — Ablation ultérieure
d’une récidive du cancer de la langue. — Traitement antinéoplasique. —
Guérison maintenue depuis dix mois.
M. M..., âgé de 56 ans, est présenté à la clinique par le D r Hauser, en mars 1 go 3 . On observe sur le bord gauche de la langue une cicatrice provenant de la destruction par la méthode des caustiques d’un petit épithélioma, par le D 1 Ducastel.
Il existe une petite ulcération médiane du bord libre de la lèvre inférieure, indurée à sa base, et un ganglion sous-maxillaire gauche du volume d’une noisette. Première opération 2 4 mars i 9 o3. Ablation du ganglion et du petit
épithélioma de la lèvre; le diagnostic est confirmé par l’examen microscopique.
Le 22 mai existait une récidive manifeste du cancer de la langue, de 2 centimètres d’étendue. Ablation le 26 mai.
Traitement antinéoplasique.
M. M..., qui était très affaibli au moment de ces interventions, a signalé, dès la première semaine du traitement, une amélioration remarquable de son état général. Il est actuellement en parfaite santé et ne s’est jamais senti mieux portant.
3 o septembre 1904. — État très satisfaisant.
Cancer exubérant du col de l'utérus. —Héihorrhagies graves et répétées. —•
Amputation sus-vaginale du col. — Traitement antinéoplasique. — Cicatrisation complète. — Aucune trace de récidive six mois après l’opération.
M me L..., âgée de 4 i ans, se présente à la clinique en juillet 1903, envoyée par M me Frary Gross. On constate un chou-fleur cancéreux du volume du poing, qui remplit le vagin et saigne tellement au moindre attouchement qu’il est impossible d’explorer les culs-de-sac.
La malade est faible, elle souffre de douleurs lancinantes et se trouve épuisée par des hémorrhagies presque continuelles. Aspect général cachectique.
Opération le 20 juillet.
Après curetage de tout le chou-fleur cancéreux, M. Doyen, constatant que les culs-de-sac ne sont pas très envahis, fait la section circulaire de la muqueuse vaginale en tissu sain et pratique l’amputation supracervicale en cône du col de l’utérus.
L ablation totale de 1 utérus n a pas été faite parce que la malade ne paraissait pas en état de supporter une intervention grave.
Traitement antinéoplasique.
La cicatrisation de la plaie s est faite lentement : elle était entièrement recouverte d’épiderme et très souple le 6 novembre.
Le i 5 février, aucune trace de récidive.
L’état général est meilleur que jamais, et il est impossible de soupçonner à 1 examen local que cette malade a été considérée comme inopérable il y a 7 mois, en juillet dernier.
3 o septembre 1904. — État très satisfaisant.
Cancer du corps thyroïde avec symptômes de goitre exophtalmique et adénopathie
bilatérale. — Opération le 18 septembre 1903 .— Injections antinéoplasiques. Disparition des phénomènes de goitre exopthalmi que et guérison
sans récidive.
M mc P..., âgée de ko ans, se présente en septembre 1903 à la clinique de la rue Piccini, portant une tumeur cervicale très large qui occasionne une suffocation presque permanente.
Il y a un certain degré d exophtalmie, de la tachycardie (i 4 o pulsations) et du tremblement.
A l’examen local, on constate une tumeur diffuse du corps thyroïde, qui commence à être adhérente à la peau, et deux masses ganglionnaires latérales de la grosseur d’un œuf de poule.
La malade est cachectique et le cas paraît très défavorable.
Opération le 18 septembre 1903 (fig. 77, 78, 79, 80 et 81).
Traitement antinéoplasique.
Cicatrisation obtenue en quelques jours. La cicatrice, d’abord indurée, s’assouplit progressivement.
Le k décembre, on reconnaît un ganglion sus-claviculaire droit, qui disparaît après quelques injections.
L’état général est parfait. La malade a repris ses forces et son embonpoint et se trouve très bien portante le 12 janvier 1904.
3 o septembre 1904. — État très satisfaisant.
Cancer du pylore. — Pylorectomie et gastro-entérostomie. — Traitement antinéoplasique. — La malade, presque mourante après les suites immédiates de l’opération, se remet en quelques semaines. —- État général excellent le 15 janvier 1903 . — Aucune trace de récidive.
M rae B..., âgée de 47 ans, est envoyée à la clinique en septembre 1903 pour une sténose cancéreuse du pylore, par le D r Piédecoq. La tumeur est du volume d’une orange, mais assez mobile.
Opération le 22 septembre igo 3 .
Résection du pylore par la méthode de Doyen, avec fermeture en cordon
E. DOYEN*. -- TRAITEMENT Dü CANCER. IO
de bourse du duodénum et de l’estomac. Gastro-enterostomie postérieure et réparation par une suture en bourse de toute la plaie peritoneale (fig. 124 et 1 25 ). Traitement antinéoplasique.
La malade quitte la clinique le 16 octobre 1903, 22 jours après l’opération. Elle est encore très faible, et on la renvoie à la campagne sous la surveillance de son médecin.
L’état général s’améliore très rapidement, ainsi que la nutrition : le i 5 janvier 1904, l’état général est très satisfaisant. La malade s’alimente bien. Il n’y a ni dilatation de ce qui reste de l’estomac ni trace de récidive.
3o septembre 1904. — État très satisfaisant.
Récidive d’un épithélioma de la lèvre et adénopathie sous-maxillaire gauche. — Opération. — Traitement antinéoplasique. — Guérison maintenue jusqu’au j ü 2 décembre, époque à laquelle le malade est mort accidentellement, sans trace de récidive.
M. M..., âgé de 46 ans, se présente à la clinique, porteur d’un épithélioma récidivé très étendu, envahissant la totalité de la lèvre inférieure, avec infection ganglionnaire sous-maxillaire gauche. Opération le 17 octobre 1903. Ablation de toute la lèvre inférieure en V ; autoplastie par la méthode des triangles.
L’opération était faite pour la deuxième fois et l’autoplastie a donné, malgré la perte de substance de la première opération, une bouche plus large qu’au moment où le malade était arrivé à Paris.
La loge sous-maxillaire (glande et ganglions) a' été vidée en totalité. Traitement antinéoplasique. Le 18 novembre, le malade présente une récidive dans la cicatrice sous-maxillaire. On augmente l’intensité du traitement. L’induration cède en 6 jours. Le malade quitte Paris le 24 novembre. Les cicatrices sont souples.
État général excellent.
M. M..., dont on avait d excellentes nouvelles, succomba accidentellement, le. 12 décembre, à une syncope.
Cancer du sein gauche à marche aiguë, avec induration et vascularisation de toute la région thoracique gauche, de la région axillaire et de la région scapulaire jusqu’au niveau des apophyses épineuses. — Traitement antinéo -
plasiqae avant l’opération. —Disparition de l’induration et atténuation de la teinte rouge vif, qui devient rose pâle. —Opération. — Traitement antinéoplasique. — Guérison.
M m0 de C.., agee de 48 ans, est envoyée de Buenos-Ayres avec une tumeur de la région externe du sein gauche, du volume d’un œuf de poule, très saillante, à développement suraigu et prête à s’ulcérer. Tout le sein est envahi d’une manière diffuse. Il y avait quelques mois auparavant un petit adénome sous-cutané, mobile, qui avait été examiné par le professeur Dieulafoy et considéré comme absolument inoffensif.
Cette petite tumeur prit subitement un caractère malin et se développa avec une rapidité extraordinaire. Tout le sein devint induré en masse et la région thoracique antérieure latérale et postérieure, y compris celle de l’épaule, présentèrent un œdème d’un rouge vif qui s’étendit avec une grande rapidité. On jugea l’opération impraticable parce qu’il était impossible d’enlever toute la peau malade.
Le i 5 octobre igo 3 , M me de C.., qui constatait que la tumeur augmentait de jour en jour, accepta de se soumettre à 3 injections antinéoplasiques. On observa une diminution considérable du volume. du sein et la teinte rouge de la peau de la région thoracique gauche disparut presque entièrement. Opération le 22 octobre igo 3 .
Le sein gauche fut enlevé largement, avec toute la graisse et les ganglions de l’aisselle. Les ganglions étaient nombreux, mais pas très volumineux. Continuation du traitement antinéoplasique.
La cicatrisation était complète au bout de 6 jours. L’examen microscopique démontra qu’il s’agissait d’un carcinome. La plupart des ganglions axillaires étaient cancéreux. Les ganglions les plus profonds étaient simplement enflammés, comme on l’observe au début de l’infection cancéreuse, avant l’apparition des cellules épithéliales. La peau prélevée à la limite de l’opération, au niveau des plaques rouges, présentait une vascularisation énorme du derme, s ans foyers d’infection épithéliale caractéristique. Fait remarquable : tandis que tous les ganglions axillaires à marche rapide dans le cancer du sein donnent habituellement des cultures positives de micrôcoccus neoformans, les ganglions de ce cas, sans doute parce qu’il avait été fait des injections préopératoires de sérum antinéoplasique, n’ont pas donné de culture. L examen du sédiment des tubes a montré des diplocoques morts et se colorant encore par le Gram- Huit jours après l’opération, toute trace de l’œdème rouge signalé plus haut avait absolument disparu. La malade, qui était très affaiblie avant 1 opération et.se plaignait d’un malaise général, avait repris ses forces et sa gaieté. La cicatrice est actuellement souple et il est impossible de se douter que ce cas ait été considéré par plusieurs chirurgiens competents comme absolument inopérable.
3 o septembre 1904. — État très satisfaisant.
Épithélioma végétant des deux ovaires, avec généralisation péritonéale ei ascite à marche rapide. — Opération. — Traitement antinéoplasique. — Guérison rapide. — État général parfait. — Aucune reproduction du liquide.
M m0 D..., âgée de 4o ans, est envoyée à la clinique par le D' Thiroloix. Elle présente tous les symptômes d une tumeur végétante à marche rapide, remplissant le cul-de-sac postérieur. L’ascite, qui représente 4 à 5 litres, s’est développée avec une rapidité extraordinaire dans les 8 derniers jours.
Opération, le 3 novembre 1903 . Tentative d’hystérectomie vaginale, puis laparotomie. L’ascite est évacuée en inclinant la malade en avant et l’opération est terminée dans la position de Trendelenbourg. Les masses végétantes remplissaient tout le bassin, avec semis abondant sur le péritoine pariétal et l’épiploon. Castration totale et suture du péritoine pelvien.
Traitement antinéoplasique. La malade, qui était pâle et affaiblie au moment de l’opération, reprend en quelques semaines l’apparence de la santé. Le i5 janvier, cicatrice vaginale absolument souple; le ventre est plat, aucune trace de reproduction de l’ascite. Elle fait de longues marches sans fatigue. 3o septembre 1904 . — État très satisfaisant.
Cancer dub or d de la langue, de l’amygdale et du pilier antérieur duvoiledu palais. — Adénopathie considérable. — Ablation d’un ganglion. — Récidive. — Curetage de la masse ganglionnaire adhérente à la gaine des vaisseaux carotidiens. —Excision simple d’une partie de l’épithélioma buccal. — Traitement antinéoplasique. Cicatrisation rapide. — La guérison est complète le 15 janvier. État général excellent; localement il n’existe plus trace d’induration cervicale.
M. M..., âge de 46 ans, se présente à la clinique le 10 novembre ave une tumeur cervicale carotidienne gauche diffuse, de volume considérable.
La peau est rougeâtre. Il s écoule par plusieurs orifices de la sanie cancéreuse. Le malade est envoyé par le IV Dubois, qui a cru reconnaître de l’actinômycose.
Il existe à la partie profonde du bord gauche de la langue un épithélioma
végétant qui s’étend à l’amygdale et au pilier antérieur du voile du palais, jusqu’au voisinage de la luette.
L’examen des débris qui sortent par les fistules et qui ne présentent d’ailleurs pas les caractères des grains d’actinomycose, ne montre, par la méthode de Gram, aucune trace des filaments ramifiés caractéristiques.
Le cas peut etre considéré comme absolument inopérable. On observe chez le malade, à la partie extérieure de la paupière inférieure gauche, un petit epithelioma de 8 millimétrés de long sur 4 de large. La masse cervicale indurée s’étend de la région parotidienne àla région sous-maxillaire et jusqu’à l’os hyoïde. Cette masse est complètement immobile dans la profondeur.
L operation n est tentee que dans 1 espoir d’obtenir une cicatrisation semblable a celle du cas n° 4> ou il a ete fait dans la profondeur un simple curetage des masses cancéreuses adhérentes à la gaine des vaisseaux fémoraux. Les orifices fistuleux sont circonscrits par une incision, et la superficie de la masse est extirpée. Dans la profondeur on ne peut faire qu’un curetage très prudent, car la masse néoplasique est diffuse, partiellement lardacée et partiellement caséeuse, et il faut de grandes précautions pour ne pas déchirer toute la gaine vasculo-nerveuse.
L’épithélioma latéral de la langue est excisé pour l’examen histologique, qui a confirmé le diagnostic.
La plaie cervicale est tamponnée. Traitement antinéoplasique.
La langue se cicatrise d’elle-même et la plaie cervicale se ferme avec une telle rapidité, que le 8 décembre il ne reste plus qu’un bourgeon charnu de bonne nature, rose et exubérant, entre les lèvres de l’incision cutanée. Le 9 décembre, anesthésie, curetage de ce bourgeon charnu et ablation du pilier antérieur du voile du palais pour l’examen histologique.
Tamponnement de la plaie du cou. La plaie évolue rapidement vers la cicatrisation.
Le 26 décembre, extirpation à la pince gouge de la partie saillante de l’amygdale, qui est constituée également par un épithélioma à globes épidermiques, en voie de sclérose rapide.
Pendant le traitement, l’épithélioma de la paupière a presque entièrement disparu.
Actuellement la cicatrice du cou est souple. Il n y a plus trace d induration profonde, et pas plus à l’examen extérieur qu a 1 examen intra-buccal on ne peut soupçonner que ce malade était atteint il y a deux mois et demi d un epithelioma intrabuccal, envahissant l’amygdale, avec généralisation diffuse aux ganglions profonds du cou, et considéré comme inopérable.
Mort accidentellement de pneumonie le 18 juillet 1904 . La guérison s’était maintenue jusque-là sans trace de récidive.
Épithélioma de la face avec envahissement de la muqueuse nasale et labiale, deux fois récidivé. — Opération. — Guérison.
M. Z... a été opéré il y a 3 ans d’une première récidive d’épithélioma du pli naso-labial, atteignant la muqueuse nasale et en bas le cul-de-sac muqueux gingivo-labial. L’opération a exigé l’ablation partielle de l’aile du nez et de la muqueuse gingivale; autoplastie.
Le malade se présente avec une nouvelle récidive le 24 novembre 1903 . Il y a deux noyaux épithéliomateux le long de la cicatrice.
Opération.
Traitement antinéoplasique.
Bien que l’ablation ait été faite à la limite exacte des noyaux épithéliomateux, afin de ne pas exagérer le tiraillement de l’aile du nez produit par l’opération antérieure, la cicatrisation se fait dans d’excellentes conditions.
État actuel satisfaisant.
3o septembre 1904 * —État très satisfaisant.
TRAITEMENT EXTERNE
Récidive d’un épithélioma de la joue droite. —Adénopathie sous-maxillaire bilatérale. — Traitement antinéoplasique à partir du 8 décembre 1908. —
Disparition rapide des trois noyaux de récidive et des adhérences profondes
de la cicatrice. — Résolution de l’adénopathie.
M. M..., âgé de 52 ans, a été opéré le 24 octobre d’un épithélioma de la joue par le D'' Loévy. La tumeur avait à peu près les dimensions d’une pièce de 5 francs. A la partie moyenne de la cicatrice, qui mesure six centimètres, se trouve un noyau induré adhérent au périoste de l’os malaire. On y observe une petite ulcération.
A la partie supérieure, saillie exubérante, ovalaire, du volume d’un petit haricot et indurée, adhérente profondément.
Induration lenticulaire à la partie inférieure de la cicatrice.
Il s’agit évidemment d’une récidive rapide, car il existe de chaque côté, notamment du côté droit, un ganglion sous-maxillaire du volume d’un haricot.
Le diagnostic certain ne pourrait être fait que par l’extirpation des noyaux indurés et l’examen histologique.
Le malade préféré se soumettre d abord au traitement antinéoplasique.
Le traitement est commencé le 8 décembre 1903 .
Le 12 décembre, la cicatrice est devenue souple, et au lieu d'être rouge elle a
pris la meme coloration que le reste de la peau. Le noyau induré inférieur a disparu.
Le 19 décembre, la partie moyenne indurée et adhérente commence à se mobiliser et il y a une diminution notable du ganglion sous-maxillaire droit.
Le 22, les ganglions ont encore diminué; la cicatrice, qui était primitivement douloureuse, est devenue mobile. Elle est indolore, d’un rose normal, et les noyaux suspects se sont entièrement résorbés.
L état général est beaucoup meilleur. Le malade accuse un appétit parfait; il fait remarquer lui-même que son état général est excellent et qu’il a repris ses forces d’autrefois.
Actuellement, il peut être considéré comme guéri. Le cas a été observé avant et après le traitement par le D 1 Darier, qui a confirmé la guérison.
3 o septembre 1904. — État très satisfaisant.
N° 411 ET TRAITEMENT EXTERNE
Cancer de l’utérus. —■ Hystérectomie vaginale, le 11 mars 1903. — La plaie
ne se cicatrise pas. — Douleurs lombaires et récidive vaginale. — Cicatrisation sans opération.
M me T..., âgée de 42 ans, a été opérée le 11 mars igo 3 , par un autre chirurgien, d’hystérectomie vaginale pour cancer. La malade avait conservé, comme il arrive souvent, les apparences de la santé. Elle continua à souffrir de douleurs lombaires très vives qui l’obligeaient à garder presque constamment le lit.
Au toucher, on constatait, le 16 décembre 1903, au fond du vagin, une ulcération indurée et anfractueuse de 4 à 5 centimètres de large sur 2 centimètres de hauteur et de 1 centimètre de profondeur.
Cette ulcération était entourée d’une aréole rouge violacé en forme de bourrelet. Il n’y avait pas encore d’écoulement sanglant habituel, mais seulement des pertes blanches.
Le caractère de l’ulcération au spéculum et notamment la constatation au toucher de l’induration du bourrelet et des parois du cratère dénotent sa nature cancéreuse. On essaie de commencer par le traitement antinéoplasique, sans intervention chirurgicale.
Au bout de dix jours les douleurs lombaires avaient à peu près complètement disparu. Il n’y avait plus d’écoulement. L’ulcération commençait à diminuer d’étendue.
Le 8 janvier, les douleurs lombaires avaient définitivement disparu, ainsi que toute trace d’induration, et l’ulcération était à peu près cicatrisée.
Le 17, cicatrisation satisfaisante.
Le 25 mars, curetage, dans le but de bâter la cicatrisation. La curette ne ramène que peu de chose, — État satisfaisant le 21 avril.
Pas de nouvelles récentes.