E. DOYEN. - TRAITEMENT
CANCER
•Le cas est désespéré et on institue le traitement sur la demande d’une personne qui porte intérêt à la malade.
Début du traitement le i cr juin. La malade est très anémique : les plaques pâlissent comme d’habitude et la cicatrice s’assouplit. Le i5 juillet, l’état général est sensiblement meilleur et l’état local est assez satisfaisant.
A la fin de juillet, la malade s’affaiblit pour succomber le 20 août.
Cancer du rectum. — Traitement antinéoplasique. — Opération.
M rao B..., 45 ans, a été opérée en 1899 d’hystérectomie totale pour tumeur utérine et pyosalpingite. Elle présenta il y a un an les signes d’un cancer du rectum très haut situé. On fit il y a 5 mois et demi un anus iliaque pour remédier à l’obstruction. On a essayé sans résultat le sérum d’Adamkiévicz.
Opération le 3 1 mai.
La tumeur, très haut située, est abaissée après résection du sacrum. Ablation du néoplasme et de la cloison recto-vaginale.
Traitement antinéoplasique.
L’état général était très mauvais et la plaie suppura beaucoup.
Le traitement antinéoplasique fut interrompu le 8 août.
3o septembre. — La malade est très faible et la cachexie est due en partie à la suppuration de cette plaie, qui tarde à se cicatriser.
Cancer secondaire des ganglions parotidiens gauches. — Opération.
Traitement antinéoplasique.
M. M..., 47 ans, syphilitique, a été opéré en octobre 1903 d’un cancroïde delà lèvre. Récidive le long de la branche montante du maxillaire. Nouvelle opération en octobre 1903 avec ablation des foyers mentionnés plus haut et du ganglion sous-maxillaire. Le 23 mai, ganglion parotidien du volume d’un œuf de pigeon. Mastication difficile. Envahissement de la région carotidienne, qui est le siège” d’un phlegmon cancéreux.
Traitement antinéoplasique le 2 juin. Opération le 3. Résection d’une partie de la parotide. Curetage et ablation des ganglions carotidiens, qui s’étendent jusqu’à la poignée sternale. Tamponnement de la plaie.
OBSERVATIONS NOUVELLES
Le malade part le io juillet après avoir reçu 12 injections; il avait subi avant le mois de juin pendant 2 mois, sans résultat, un traitement par les rayons X.
Cancer de la langue. — Adénites cervicale et parotidienne gauche.
Traitement antinéoplasique.
M me P..., 62 ans, est atteinte depuis un an et demi d’un cancer de la langue plus étendu du côté gauche. Les. bords sont ulcérés, taillés à pic et gardent l’empreinte des dents. Engorgement énorme des ganglions parotidiens et cervicaux du côté gauche. Le cas est très défavorable.
Traitement du 4 juin au 10 juillet : 10 injections sans résultat appréciable.
Nous avons signalé parmi les mauvais cas (N° 18 ) un cas de cancer de la langue récidivé chez une femme d’une trentaine d’années. L’infection ganglionnaire était très étendue et le traitement n’a pas donné de résultat appréciable. Je rappelle ce cas en raison de la rareté du cancer de la langue chez la femme, notamment vers l’âge de 3o ans.
Nous renvoyons d’autre part à l’observation i43, où. l’on constatera que chez une femme d’un certain âge, mais qui a été soignée à temps, le traitement a amené un cicatrisation rapide et presque complète d’un épithelioma pavimenteux lobulé de l’extrémité et du frein de la langue, de la partie antérieure du plancher buccal et de la gencive.
Cancer du rectum. — Opération. — Traitement antinéoplasique.
M. R..., 5g ans, est atteint d’un cancer du rectum opérable commençant à 4 centimètres de l’anus. Opération le 3 juin par la méthode de Kraske, avec ouverture du péritoine.
L’anus n’est pas incisé. Extirpation de la muqueuse du bout inférieur et suture du bout supérieur au pourtour de l’anus.
Traitement antinéoplasique du 6 juin au 3o juillet. 16 injections.
Cancer de l’utérus inopérable. — Traitement antinéoplasique. — Curetage.
M m0 R..., 43 ans, a déjà été opérée à Bordeaux en 1903 de curetage pour cancer utérin. L’état général est médiocre. Douleurs dans les reins et les cuisses. Pertes fétides. En mars et avril, traitement par les rayons X sans résultat.
Traitement antinéoplasique le 7 juin. Curetage le 28 . Le traitement est cessé le 16 juillet, à la n° injection.
Cancer du corps de l’utérus. — Traitement antinéoplasique.
Hystérectomie vaginale.
M me G-..., 55 ans, est atteinte d’un cancer du col ulcéré. Les culs-de-sac sont envahis et détruits. Traitement antinéoplasique le 9 juin. Le 24, l’utérus s’est assez mobilisé pour permettre l’hystérectomie vaginale, qui est pratiquée le 26 . Le 12 août, la malade est entièrement cicatrisée et cesse le traitement à la i 4 ° injection.
TRAITEMENT EXTERNE
M me P..., 5o ans, a été opérée de cancer du sein droit par le professeur Tillaux le 10 octobre igo3.
En décembre 1903 , seconde opération pour récidive dans l’aisselle; le 25 mai, récidive en cuirasse avec noyaux d’une certaine épaisseur, adhérente aux plans profonds, et 3 ulcérations. Ganglions sus-claviculaires, douleurs lancinantes. Traitement antinéoplasique le i4 juin. Le 24 , après la 5 e injection, la teinte rouge a considérablement pâli. Le 27 juillet, après la i5° injection, la malade cesse le traitement.
OBSERVATIONS NOUVELLES
Cancer de la langue et du plancher de la bouche en voie de généralisation.
M me B..., 44 ans, présente un cancer de la presque totalité de la langue et du plancher de la bouche, qui sont recouverts d’ulcérations grisâtres. Il y a un ganglion sous-maxillaire gauche. L’affection s’est généralisée à presque tout le plancher de la bouche.
Traitement antinéoplasique à partir du 18 juin. Curetage des ulcérations le 24 -
Le 27 septembre il n’y a pas de trace d’adénopathie sous-maxillaire et l’affection reste limitée à la cavité buccale. La malade a eu deux hémorrhagies spontanées.
Cancer de la langue, de la voûte palatine et de T amygdale. Traitement antinéoplasique.
M. D..., 5o ans, est atteint d’un cancer inopérable ayant envahi la langue, l’amygdale, le naso-pharynx. Le cas est desespere et le traitement n’est commencé que sur les instances du médecin traitant. i 5 injections du 20 juin au 28 juillet.
Le malade part sans amélioration.
Cancer du sein gauche. — Opération. — Traitement antinéoplasique.
M me P..., 44 ans, est atteinte d’une tumeur du sein gauche qui a débuté en décembre’ i 9 o3. Il y a un gros bourgeon ulcéré et beaucoup de ganglions
^Opération le 21 juin. Traitement antinéoplasique du 21 juin au 1 4 août, i4 injections.
Cancer du sein en cuirasse, compliqué de masses volumineuses et ulcérées.
— Trois opérations, la l Te en 1901. '— Cancer en masse du sein droit.
— Œdème du bras. — Traitement antinéoplasique.
M m0 B..., 43 ans, a été opérée en février 1901 d’une tumeur du sein gauche et 18 mois après d’une i re récidive. Au bout de 2 mois, 3 e opération. Récidive suraiguë.
Actuellement, il existe à gauche une masse dure, rouge, ulcérée et saignante. Tout autour, cancer en cuirasse. Le sein droit est atteint de cancer massif avec énormes ganglions axillaires.
Œdème des bras. Cachexie.
Traitement à partir du i 4 juillet. Le 25, après la 4 e injection, les plaques rouges sont moins colorées et les masses indurées plus mobiles.
Le 10 août, l’œdème du bras a diminué; le 6 septembre, le sein droit est devenu mobile et l’état local est assez satisfaisant, mais la malade est faible et anémique. On interrompt le traitement.
Le 20 septembre, la malade est toujours faible et paraît en voie de généralisation viscérale.
Tumeur du sein droit. — Opération. — Traitement antinéoplasique.
M me L..., 32 ans, a été opérée au Brésil d’une tumeur du sein droit qui a été considérée comme un squirrhe du sein après examen histologique. La malade demande à suivre un traitement préventif contre la récidive.
17 injections du 16 juillet au 2 septembre.
Cancer du pylore. Traitement antinéoplasique. — Laparotomie exploratrice.
M. L..., 38 ans, est atteint de cancer de l’estomac et présente une tumeur dure et bosselée. Traitement antinéoplasique à partir du 2 3 juillet. Opération
OBSERVATIONS NOUVELLES. I g I
le 28 juillet. L adhérence de la tumeur au foie la rend inopérable et son extension contre-indique même une gastro-entérostomie. Le malade est ramené chez lui en mauvais état le 10 août.
Épithélioma de la face interne de la joue gauche et des piliers gauches du voile du palais. Contracture de la mâchoire. — Traitement antinéoplasique.
M. G..., âgé de 54 ans, se présente à la consultation le 25 juillet. On a constaté, il y a un an, une ulcération de la gencive inférieure, au fond de la bouche, a gauche. Actuellement, il existe à la face interne de , la joue gauche, une vaste ulcération empiétant sur la gencive inférieure et sur les piliers du voile du palais. La mastication est presque impossible et là déglutition difficile.
Le malade se nourrit mal, car il ne peut ouvrir la bouche. La langue est assez souple, mais peu mobile. Douleurs dans le cou et l’oreille. Le malade est absolument inopérable.
Traitement à partir du 25 juillet.
Dès la 3 e injection, le malade remarque que la mastication est plus facile. A la 6 °, la contracture des muscles masticateurs a beaucoup diminué, la déglutition est plus facile et les douleurs sont moins vives.
Le 17 août, on constate une diminution notable du ganglion sous-maxillaire.
Le 9 septembre, l’ulcération buccale est à peu près complètement cicatrisée. Le malade ouvre la bouche de façon à y introduire le pouce et à permettre l’inspection de la cavité buccale.
Il part le 17 septembre, après avoir reçu 21 injections, et peut être considéré comme guéri. Ce malade reviendra dans quelques semaines.
Cancer du pylore en voie de généralisation. — Traitement antinéoplasique.
Laparotomie exploratrice.
M. H... de A..., 64 ans, est atteint depuis 18 mois de cancer de l’estomac.
Traitement antinéoplasique à partir du 25 juillet. Laparotomie le 27 . On constate qu’il s’agit d’un cancer colloïde de l’estomac, généralisé à l’épiploon et au péritoine.
Le malade quitte la clinique le 3 septembre, après avoir reçu i4 injections. État général assez satisfaisant.
TRAITEMENT EXTERNE
Cancer des deux seins. — Cas inopérable. — Traitement antinéoplasique.
M me D... est atteinte de cancer en masse des deux seins avec envahissement des aisselles et œdème des deux bras : gros ganglion sus-claviculaire. Douleurs dans les épaules et la région lombaire. Le cas est très défavorable. On fait sur les instances de la famille i4 injections, du 5 août au 16 septembre : la malade ne présente pas d’amélioration.
Cancer pédiculé de la région glosso-épiglottique. — Traitement antinéoplasique. Opération.
M me D..., 69 ans, présente des accès de suffocation occasionnés par une tumeur du volume d’un petit œuf de poule développée aux dépens du repli glosso-épiglottique gauche et très mobile. Ganglion sous-maxillaire gauche. Traitement antinéoplasique le 17 août. Opération le 23. La tumeur est attirée avec les doigts entre les arcades dentaires, maintenues écartées par un ouvrebouche, et extirpée au delà du pédicule, par quelques coups de ciseaiix.
5 ou 6 points de suture suffisent pour réunir la muqueuse. On continue le traitement antinéoplasique jnsqu’au 16 septembre, et la malade quitte la clinique pour revenir dans quelques semaines.
OBSERVATION N e 230 N° 630
Cancer de l’utérus. — Hystérectomie vaginale. — Traitement antinéoplasique.
M me B..., 37 ans, est opérée le 17 août d’hystérectomie vaginale pour cancer du col.
L’opération est difficile et on laisse des pinces à demeure.
Traitement antinéoplasique.
5 injections du 20 août au 11 septembre.
OBSERVATIONS NOUVELLES
Ostéo-sarcome de l’extrémité supérieure du tibia à marche rapide. — Traitement antinéoplasique. — Évidement osseux.
La jeune K..., 7 ans, est atteinte d’ostéo-sarcome de l’extrémité supérieure du tibia droit du volume du poing.
Début en mai 1904 à la suite d’une chute sur le genou. La radiographie montre que l’envahissement occupe tout le quart supérieur du tibia. Traitement antinéoplasique le 6 août. Le 10 août, curetage de la tumeur. Le 8 septembre, à la 12 e injection, il y a récidive manifeste. Résection du genou portant sur une grande étendue du tibia. Le 3o septembre, après un arrêt de la tumeur et 8 nouvelles injections, on constate une nouvelle récidive du côté du tibia. L’amputation sera nécessaire.
Cancer de la lèvre inférieure ulcéré et étendu à la région mentonnière et sousmaxillaire droite. — Opération. — Traitement antinéoplasique.
M. F..., 43 ans, est atteint d’un épithélioma de la lèvre occupant les' 3/4 de la lèvre inférieure du côté droit, toute la commissure, la muqueuse jusqu’au sillon gingival et la région mentonnière, qui est perforée.
Opération très étendue le 23 août.
Au côté du menton on ne peut faire qu’un curetage des tissus néoplasiques. Ablation des ganglions sous-maxillaires ramollis. Traitement antinéoplasique.
3 o septembre. — État médiocre.
TRAITEMENT EXTERNE
Cancer de l’utérus inopérable. — Curetage, — Traitement antinéoplasique.
M me R..., 37 ans, qui est d’une corpulence considérable, présente un cancer inopérable du col et des culs-de-sac vaginaux.
Curetage le 23 août.
Traitement antinéoplasique.
9 injections jusqu’au 3o septembre.
Lipome du cordon récidivé, avec transformation myxomateuse.
Traitement antinéoplasique. — Opération.
M. L..., âgé de 34 ans, a été opéré autrefois d’un lipome du cordon spermatique droit qui s’était développé en trois semaines et tellement vite que l’on avait cru à une hydrocèle du cordon. A l’examen, la tumeur présentait les caractères d’un lipome. La tumeur fut cultivée, étant donné son développement rapide, et donna une culture positive de micrococcus neoformans. Nous avons vu que les cas qui ont donné rapidement des cultures virulentes se sont montrés, en général, propices à la récidive; le malade a été tenu en observation. Il s’est présenté de nouveau fin août, à la clinique, portant une tumeur récidivée de 5 à 6 centimètres de diamètre et le double de longueur. Le testicule était en avant et nn dedans.
Opération le 3o août. On enlève le testicule qui adhère à la tumeur. Traitement antinéoplasique.
L’examen microscopique démontra que la tumeur nouvelle était partiellement myxomateuse.
Cancer de la parotide gauche. — Opération. — Traitement antinéoplasique.
M me L..., 53 ans, est opérée le n août d’une tumeur de la parotide gauche adhérente, du volume d’une petite orange. Ablation des ganglions sousmaxillaires.
Traitement antinéoplasique à partir du 20 août.
Le 3o septembre, menace de récidive.
Épithéliome du canal nasal. — Traitement antinéoplasique. — Opération.
M me T..., 64 ans, a été soignée il y a un an pour des polypes du nez: 6 mois après, une récidive exigea une nouvelle opération.
Le i3 août, trépanation du sinus pour empyème. On reconnaît au bout de
OBSERVATIONS NOUVELLES
quelques jours la présence d’une tumeur à la partie supéro-interne. Opération le 27 par la voie cutanée sous-orbitaire.
Traitement antinéoplasique à partir du i er septembre.
Cancer du sein droit. — Opération. — Traitement antinéoplasique.
M me B..., 63 ans, est opérée le I er septembre d’ablation du sein droit pour cancer, avec curage de l’aisselle. Les ganglions sont très petits et le cas est assez favorable.
Traitement antinéoplasique du 3 au 24 septembre.
Cancer du pharynx avec généralisation aux ganglions du cou des deux côtés.
Traitement antinéoplasique.
M. G..., 60 ans, se présente avec un double chapelet de ganglions du cou allant d’une oreille à l’autre. La déglutition est très pénible, la salivation abondante et fétide. On constate, en entr’ouvrant la bouche, une tumeur cancéreuse occupant particulièrement le côté droit du pharynx.
Traitement antinéoplasique à partir du 3 septembre. 9 injections jusqu’au 23. La déglutition devint plus facile et les ganglions diminuèrent de volume en s’indurant.
TRAITEMENT EXTERNE
M me de T..., 37 ans, est atteinte depuis un an de cancer du rectum très haut situé adhérent au sacrum et inopérable. Anus contre nature il y a deux mois pour remédier à l’obstruction.
Traitement antinéoplasique à partir du 12 septembre.
Cancer du sein gauche. -— Opération. — Traitement antinéoplasique.
M me B..., 67 ans, est opérée, le 2 septembre 1904 , de cancer du sein gauche avec curage de l’aisselle; 3 ganglions du volume d’un haricot sont en-
semencés et donnent en 24 heures 3 cultures pures de micrococcus ncoformans.
Traitement antinéoplasique à partir du 20 septembre.
Cancer de la verge avec infection ganglionnaire. — Traitement antinéoplasique. Opération.
M..., 63 ans, est atteint de cancer de la verge étendu autour du sillon préputial. Ganglions inguinaux gauches volumineux. Quelques petits ganglions à droite.
Traitement antinéoplasique à partir du 22 septembre. Le 27 , le suintement sanieux a beaucoup diminué. Opération le 3o : amputation de la verge à la partie moyenne et ablation de ganglions caséeux gauches, inguinaux et cruraux.
Cancer du rein gauche. — Traitement antinéoplasique. —- Opération.
M. P..., 63 ans, entré en observation à la clinique le 12 septembre 1904, pour une tumeur du rein, est opéré de néphrectomie le 21 septembre. L’examen histologique démontre qu’il s’agit d’un cancer. Traitement antinéoplasique à partir du 28 septembre.
Néphrectomie le 3 octobre.
Récapitulation des Observations cliniques
Première série, comprenant 126 observations arrêtées à la date du 20 janvier 1904 1
Ces 126 cas comprenaient.
A) 21 cas où il n’était plus possible de reconnaître trace de tissu cancéreux.
B) 47 cas en observation, dont 18 avec résultat favorable.
C) 58 cas sans intérêt, tous mauvais cas, et où le traitement avait été commencé trop tardivement ou n’avait pas été suivi avec persévérance.
A) Sur les 21 cas de guérison, deux (N 0s 68 et 73 ) étaient morts accidentellement le 25 janvier 1904 *
Un autre cas (N° 76 ) est mort accidentellement de pneumonie le 18 juillet 1904. Sa plaie était demeurée cicatrisée et sans trace de récidive.
Le cas N° 61 , qui présente de la péritonite chronique, a été de nouveau ponctionné.
On n’a pas eu de nouvelles récentes des cas 66 et 79 .
Tous les autres cas (soit i5), Obs. N os 59 , 60 , 62 , 63, 64, 65, 67 , 69 , 70 , 71 , 72 , 74 , 70 , 77 ,' 78 , sont actuellement, à la fin de septembre, en parfait état, et sans trace de reproduction cancéreuse.
Si nous exceptons donc les cas 66 et 79 , dont on n’a pas eu de nouvelles récentes, les résultats acquis le 25 janvier s’étaient maintenus identiques et satisfaisants le 3o septembre 1904, chez les 19 autres malades.
x. Voir communication à l’Académie de Médecine, p. 60 à 80.
B) Sur les 47 cas en observation, 7 cas (N os 92, 96, 97, 98, 100, ii4, 118) peuvent être placés actuellement au nombre des guérisons, c’est-à-dire au nombre des cas où il est impossible de déceler aucune trace de tissu cancéreux.
A ces 7 cas, nous pouvons en ajouter un 8 e (N° n 3 ), où la mort est survenue accidentellement, alors qu’il n’existait pas de récidive.
Deux malades (N os 88 et 124) sont mortes également d’une affection intercurrente, alors que, localement, elles étaient en parfait état.
8 cas (N os 80, 81, 89, 91, 102, 108, 122, 125 ) sont en voie d’amélioration et rentrent dès aujourd’hui, sans conteste, parmi les cas favorables.
Les cas favorables de cette première série de 126 observations sont donc demeurés au nombre de 18, comme nous l’avions signalé dans la statistique de fin janvier 1904.
Parmi cette même série, il y a 8 cas (N os 83 , 85 , 87, g 5 , 101, ni, 119, 120) dont nous n’avons pas reçu de nouvelles à la fin de septembre. Nous laissons donc les résultats en suspens, tout en signalant que de ces 8 cas la moitié environ, étant données les nouvelles reçues en juillet et août, resteront favorables.
Il nous reste sur les 47 cas en observation, 21 mauvais cas, dont 8 sont morts depuis janvier, sinon davantage, car nous n’avons pas eu de nouvelles de tous.
Notre première série de 126 observations se divise donc ainsi, le 3 o septembre 1904 :
19 fions résultats confirmés sur les 21 cas du 20 janvier 1904, 2 n’ayant pas donné de nouvelles ; et 8 bons résultats parmi les cas en observation le 20 janvier 1904, soit un total de :
27 cas favorables, pouvant être considérés comme autant de guérisons.
On voit que nous 11e comptons pas 2 cas favorables, parce que les malades sont morts accidentellement avant que l’observation ait été assez prolongée.
8 cas sont en voie d’amélioration manifeste, et peuvent être considérés, sans conteste, comme des cas favorables.
10 cas (8 des cas en observation le 20 janvier et 2 cas retranchés des 21 cas signalés le 20 janvier comme guérison) n’ont pas donné de nouvelles récentes et demeurent en observation.
RÉCAPITULATION DES OBSERVATIONS CLINIQUES. i5 &
Le nombre des mauvais cas est donc augmenté de ai, soit un total de :
79 mauvais cas. dont un grand nombre sont morts très peu de temps après le commencement du traitement, et sans avoir pu être suivis un temps suffisant.
On jugera par ce chiffre que nous n’avons pas cherché à améliorer la statistique en supprimant les cas par trop défavorables et où le traitement a été institué in extremis, sur la demande des malades, sans qu’on ait pu leur donner aucun espoir.
Deuxième série.
Nous arrivons à la deuxième série d’observations, qui comprend 116 cas, tous postérieurs au 20 janvier 190/1- Sur ces 116 observations, nous comptons actuellement 20 cas où il n’y a aucune trace de cancer pouvant être reconnu à l’examen du malade, et qui peuvent être inscrits parmi les guérisons.
Ce sont les N os 127, 189, i 45 , i 5 i, i 54 , 107, 189, 161, i 65 , 166, 169, 177, 180, i 84 , i 85 , 2o3, 211, 218, 222 et 226.
En effet, nous ne comptons pas 6 observations récentes (N os 222, 234 , 237, 24o, 24 i et 242).
7 cas qui paraissent guéris doivent être observés quelque temps encore(N os i 4 ï, 177, 182, 200, 201, 229, 23 o).
24 cas sont en voie d’amélioration manifeste ou bien ont présenté ce fait très remarquable, d’un arrêt dans l’évolution du néoplasme avec amélioration de l’état général (N os 128, 129, i 3 i, t 32 , i 42 , i 43 , i 44 , 147, i 52 , i 56 , 170, 188, 190, 193, 194, 196, 198, 205 , 207, 208, 209, 233 , 238 et 239).
10 cas, dont la moitié environ doivent être favorables d’après la marche de la maladie dans les premiers temps du traitement, n’ont pas donné de nouvelles (N os i 33 , 187, 162, 171, 173, 181, 202, 206, 216, 236 ).
Nous avons enfin 4'9 mauvais cas dont 16 sont morts à notre connaissance.
Nous ferons donc la même observation que, dans cette 2 e série d’observations, nous n’avons pas éliminé les mauvais cas et que nous avons soigné tous les malades auxquels on nous a prié de donner nos soins.
Plusieurs de nos premiers cas de guérison, confirmés depuis plus de 2 et 3 ans, ne se sont-ils pas produits dans des cas où toute opération
ÉTIOLOGIE ET TR.UTEMElNT DU G ING ER.
paraissait impossible, où le mal avait été considéré par plusieurs médecins compétents comme au-dessus des ressources de l’art? Dans un certain nombre de ces cas, la guérison a été obtenue sans opération ou après une opération incomplète, qui avait laissé des tissus nettement cancéreux dans la plaie.
Ces plaies de mauvaise nature se sont cependant cicatrisées sous l’influence du traitement et il n’y a pas eu de récidive : voir les observations 59, 60, 62, 64 , 65 , 70, 71, 72, 74, 76, 78, dont les premières remontent au 2 janvier 1901, au 6 décembre 1902, au 8 décembre 1902, au 10 décembre 1902, au 20 juillet 190.3, et au 18 sejotembre 1903, pour ne citer que ceux de ces cas où les guérisons datent déjà de plus d’un an.
Si nous faisons une récapitulation générale des 242 observations, en supprimant, pour ne pas avoir l’air de favoriser notre statistique, tous les cas qui sont morts accidentellement après guérison confirmée et ceux dont nous n’avons pas reçu de nouvelles récentes, nous comptons 22 observations de l’ancienne série (N os 59, 60, 62, 63 , 64 , 65 , 67, 69, 70, 71, 72, 74, 7 5 , 77> 7 8 ’ 9 2 ’ 9 6 ’ 97’ 9 8 ’ I00 ’ ” 4 ,118), et les 20 cas appartenant à la série d’observations postérieure au 25 janvier, soit en tout le 3 o septembre 1904 :
42 observations, où il n’existe actuellement aucune trace de cancer et que nous pouvons compter à ce jour comme des guérisons confirmées.
Nous ajouterons, pour satisfaire les plus incrédules, que dans notre prochaine statistique générale, nous signalerons intégralement, comme nous l’avons fait jusqu’ici, les suites observées, qu’elles soient favorables ou défavorables.
Parmi les cas en observation, nous avons signalé dans la i r0 série 8 cas (N 0S 8o, 81, 89, 91, 102, 108, 122, 125 ) et dans la 2°série 24 cas en voie d’amélioration manifeste (N os 128, 129, i 3 i , i 32 , i 42, i 43 , i 44 , 147, i 52 , i 56 , 170, 188, 190, 193, 194, 196, 198, 2 o 5, 207, 208, 209, 233 , 238 , 239) auxquels nous devons ajouter i 3 cas récents (N os i 4 i , 177,182, 200, 201, 222, 229, 23 o , 234 , 237, 240. 24 i , 242).
Soit pour les deux séries d’observations à la fois, 32 cas avec résultat favorable le 3 o septembre, et i 3 cas trop récents pour permettre de conclure.
Dans chaque série, 10 cas, soit 20 cas en tout, n’ont pas donné de nouvelles récentes.
Enfin, le nombre total des mauvais cas des deux séries est de 128; nous les avons énumérés plus haut.