DIAGNOSTIC
Le diagnostic positif de l’étranglement du grêle derrière une anse de gastro, repose essentiellement sur le fait qu'après une anastomose gastrique survient brusquement une douleur aiguë, suivie de vomissements qui perdent leur caractère bilieux, pour devenir rapidement à tendance fécaloïde. Ces deux symp- -tômes, quelles que soient les heures d’accalmie qui suivent leur apparition, doivent faire faire le diagnostic formel d’occlusion aiguë du grêle, vraisemblablement par étranglement derrière l’anse de gastro-enté- . ro-anastomose, diagnostic d'autant plus formel qu'une onde péristaltique aura pu être remarquée.
Le diagnostic différentiel se pose très différemment suivant que les accidents constatés apparaissent très peu de jours après l’anastomose, ou au contraire dans les années qui suivent cette intervention.
1° Diagnostic différentiel lorsque l'accident survient dans .les jours. qui.suivent l’anastoemose. Le malade avant tout vomit, s'agit-il dun cireulus viciosus ? d’une dilatation aiguë post-opératoire ? d’une invagination du grêle ou d’un étranglement ? C’est là qu’il
faut attacher au symptôme douleur l'importance primordiale qu’il présente. En face d’un accident postopératoire ayant eu une phase douloureuse aiguë, même transitoire, on doit éliminer systématiquement la dilatation aiguë post-opératoire et le circulus viciosus. La douleur aiguë doit faire penser à un accident mécanique aigu, du type invagination ou au type étranglement interne. Ces deux éventualités commandent l'intervention, mais s’il est aisé de réintervenir en période aiguë, il est plus difficile de se décider en période d’accalmie, il faut se représenter clairement la situation pour arriver à se décider à réintervenir chez un malade souvent fatigué. Ceci explique que dans la plupart des observations les réinterventions aient lieu trop tard, mais peut-être aussi, l’absence de notions théoriques très précises, influe-t-elle sur ces retards opératoires. Puissent ces quelques lignes, en précisant l’importance des symptômes douleurs avec vomissements suspects, contribuer à orienter le chirurgien vers un diagnostic qui dictera sa ligne de conduite. |
2° Diagnostic différentiel lorsque l'accident survient tardivement. Le diagnostic peut se poser plusieurs années après la première opération. Dans ces cas-là les grandes coliques abdominales s’élimineront. La colique hépatique par son siège à droite et ses irradiations scapulaires, la perforation gastrique ou la pancréatite par la réaction péritonéale immédiate qui les accompagne et qu’on ne trouve pas dans l’étranglement. La douleur et les vomissements devront faire faire le