FAUT-IL FAIRE UNE ILÉOSTOMIE COMPLÉMENTAIRE
L’iléostomie est certainement une pratique très intéressante dans les occlusions hautes du grêle, mais il est un principe général de ces iléostomies, principe rappelé par M. SANTY, à la Société de Chirurgie de Lyon, en janvier 1939: c’est que le siège de l’iléostomie doit toujours être situé au-dessus de l’étranglement. Or, dans le cas qui nous intéresse, l’occlusion est extrêmement haute, puisqu’elle peut siéger même au niveau de la première anse jéjunale. Par conséquent, si on s’en rapporte à ce principe de placer l’iléostomie aussi haut que possible, il faudrait la faire presque au niveau du duodénum pour être classique. Nous insistons particulièrement sur ce point, car il est probable que l’iléostomie haute est spécialement indiquée dans le cas qui nous intéresse. Mais il est certain, comme le faisait remarquer le Docteur DENIS à la même Société, que l’iléostomie ne suffit pas en elle-
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même pour traiter une occlusion haute du grêle. L’iléostomie n’agit que dans la mesure où le péristaltisme intestinal est conservé et où l'intestin a suffisamment de vitalité et de motilité pour faire cheminer, et chasser les éléments toxiques qu’il contient, par conséquent, la thérapeutique générale doit être immédiatement instituée soit sous forme de lavements hypertoniques, soit sous forme d’injections de sérum salé hypertonique intra-veineux, soit sous forme de médicaments spéciaux tels que : prostigmyne, péristaltine, lobe postérieur d’hypophyse, qui agissent sur la musculation intestinale. En plus, toutes les méthodes opératoires qui tendent à diminuer l’intoxication au niveau de l’intestin grêle devront être employées. Nous insistons en particulier sur la douceur des manœuvres. lors de l’extraction de l’anse enclavée. Il faut en effet se méfier de ne pas traumatiser cette anse distendue pour ne pas créer des voies d’absorptions multiples aux produits toxiques du grêle.
Traitement préventif. — On peut recommander deux manœuvres opératoires lors de la confection de lanastomose. En premier lieu, placer l’anse efférente de telle sorte qu’elle regarde en avant et non pas en arrière où elle serait prédisposée à l’enclavement. En second lieu fermer lorifice postérieure lorsque cela est possible par quelques points unissant le péritoine postérieur à l’anse afférente. Enfin éviter dans la mesure du possible les anastomoses à anse longue et en particulier les anastomoses précoliques.
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