‹ Être aimé ou mourir!Chapitre 5 sur 21 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

CLOTILDE, puis FERNAND,

CLOTILDE II me laisse seule!.. Si l'autre, pendant ce temps.., Mon Dieu! le l voilà!

FERNAND, après avoir jeté un coup a" œil du côté par lequel est sorti Bonnivet, entrant précipitamment. Au nom du ciel, madame, daignez recevoir cette lettre.

CLOTILDE. Non, jamais, monsieur!..

Et je ne sais ce que j'ai fait, ce que j'ai dit pour vous autoriser...

FERNAND. Il a bien fallu vous écrire, puisque vous refusez de m'entendre .. < Arrivé à Boulogne peu de jours avant votre départ, plus d'une foisj'ai trouvé l'occasion de vous parler seule, et toujours vous l'avez rendue illusoire en vous dérobant à une explication... Surpris de ce départ précipité, je n'ai eu que le temps ne me procurer un cheval, et depuis Boulogne, je suis votre chaise de poste.

CLOTILDE. Je le sais, je vous ai bien vu... et c'est ce que je trouve très mal... certainement, monsieur; et je ne puis m'expliquer ni votre conduite ni l'espoir que vous avez.

FERNAND. Ma conduite!., c'est celle d'un fou, d'un insensé qui ose vous aimer, sans qu'un seul regard de bonté le lui ait permis... Mon espoir!., c'est de me jeter à vos genoux et d'implorer votre indulgence.

CLOTILDE. Oh! oui, un insensé... vous avec bien raison... car enfin, monsieur, je ne vous connais pas, je ne sais qui vous '■tes.

FERNAND. N'est-ce que cela ?.. Eh ! bien , riadame, je ne suis pas tout-à-fait un étranger pour vous; je suis allié, à une famille que vous connaissez, parent d'une de vos meilleures amies, qui tant de fois, n'a parlé de vous...

CLOTILDE, avec effroi. On vient!..

fille passe à gauche de Fernand.

FERNaND, uvement. Non, madame... flpour la fidélité, la discrétion, je suis i>lève de Saint-Cyr,

CLOTILDE, de même. Mon mari va revenir !

Ferdinand. Je !c sais bien; peuMMxe même remonte-t-iidéjà.

Air : J'ai vu te pâmasse des dames.

Puisqu'ici je ne puis , madame. ..

CLOTILDE

Monsieur , laissez-moi... je frémis !

FERNAWD.

Vous faire l'aveu de ma flamme...

CLOTILDE

L'entendre ne m'est pas permis.

fernand, lui présentante lettre.

Ce billet qui peint mon martyre...

CLOTILDE

Monsieur, je ne puis l'accepter.

FERNAND

Un seul instant daignez le lire !

CLOTILDE

Autant voudrait vous écouter.

fernand. Et vous ne le voulez pas!,.

Vous regardez ce que j'éprouve comm»

un caprice que le temps dissipera... Oh non, madame, ce n'est pas cela. .. c'est un amour vrai et profond que le mien : c'est un de ces sentimens qui marquent dans notre vie , car ils la rendent belle ou la flétrissent pour jamais... de ces sentimens qui font qu'un homme est capable de tout pour obtenir le cœur d'une femme !

CLOTILDE, vivement. J'entends la voix d'Hortense!.. Si mon mari me voyait ainsi, seule avec un étranger!.. Adieu, monsieur, adieu... Je vous en prie, éloignezvous.

Elle court au-devant d'Hortense, et sort par la porte du fond.

FERNAND, la suivant. Encore un mot, un seul...

Il s'arrête à la porte.

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