MES VERTES COLLINES
Laissez-moi, laissez-moi, je meurs sous ce ciel sombre,
Il me faut mon soleil, Mon firmament d'azur que ne voile aucune ombre ,
Mon horizon vermeil,
La mer, l'immense mer, et la brise marine
Dont les baisers de feu D'une acre volupté remplissaient ma poitrine,
Souffle émané de Dieu.
Il me faut cet air chaud parfumé par l'arôme
De nos verts citronniers, Dont le feuillage épais arrondi comme un dôme
Vibre aux vents printaniers.
Il me faut le vallon obscur et solitaire ,
Où j'égarais mes pas , Et les noirs oliviers pleins d'un vague mystère,
Mes berceaux de lilas.
Ah! surtout il me faut les bois et les prairies
Où le papillon d'or Du uectar parfumé de ses coupes fleuries
Epuise le trésor.
Il me faut le ruisseau qui coule et qui murmure Sur le bord du chemin;
I lu j'allais tout enfant puiser l'eau fraîche et pure
Dans le creux de ma main.
II me faut, il me faut de mes vertes collines
Savourer la fraîcheur , Sur ces agrestes monts, où les vagues marines Et le chant du pêcheur ,
Tel qu'un bruit éloigné , doux comme un chant de lyre ,
Arrive jusqu'à nous, Si plaintif, qu'on ne sait s'il chante ou s'il soupire ,
Qu'on l'écoute à genoux.
Car la voix de la mer sans doute est la prière
Des éléments divers ; Elle sert d'interprète à la nature entière,
Hymne de l'univers.
Accord rempli d'amour et de mélancolie
Qui monte vers le ciel, Et va glorifier , lorsque l'homme l'oublie ,
Le nom de l'Eternel.
Laissez-moi, laissez-moi, mon sein ardent aspire
La brise de ces monts , Qu'enfant , je saluai de mon premier sourire
En bégayant leurs noms.
0 de mon sol natal collines embaumées,
Que couronnent les fleurs, J'ai besoin de revoir vos campagnes aimées ,
Loin de vous je me meurs !
Gimella la Romaine , à l'église gothique ,
Que voilent les grands bois, J'aime ton cloître obscur, ta nef mélancolique
Et sévère à la fois.
Quand les moines le soir, à genoux dans leurs stalles Sous leurs longs manteaux bruns ,
Elèvent gravement leur chant par intervalles , Tous voilés de parfums;
Et que femmes , enfants , tous d'une voix émue
Leur répondent en chœur, On tombe prosterné, quelque chose remue
Le fond de votre cœur.
0 Cimier, ô Cimier, ô colline adorée,
Doux témoins de mes jeux !
Où de mon père encor l'image révérée
Apparaît à mes yeux.
Ne reverrai-je plus ces sentiers qui conservent
La trace de mes pas?
Dans les jours douloureux que les cieux me réservent
Je tends vers toi les bras !
Je te nomme en pleurant, hélas, mon cœur t'appelle !
0 Nice ! ô mon pays !
Nice, ô doux sol natal, ô ma Nice si belle
Aux regards de tes fils.
Nice, je veux encor de tes vertes collines
Fouler le sol en fleurs, Aspirer ton air pur dont les senteurs divines
Tarissent tous les pleurs.
Je veux ... ah! qu'ai-je dit! . . . Dans ma douleur amère
Je n'espère qu'en Dieu ; Nice adorée adieu ; terre où mourut ma mère ,
Adieu , patrie , adieu !
t?aa3saaaa
J'irai , quand la mer orageuse Jusqu'au ciel soulève ses flots, Quand la brume est froide et neigeuse, Quand la bise a de longs sanglots, Seule sur ma barque légère , Sur l'abîme prêt à s'ouvrir . . .
Que m'importe le vent contraire? Il est doux parfois de mourir.
Et les yeux tournés vers la rive Qui pour moi n'eut jamais de fleurs, Peut-être attristée et pensive Seule je verserai des pleurs . . .
Nul ne saura ma peine amère, Le rêve que j'ai pu chérir . . .
Au ciel je trouverai ma mère , Il est doux alors de mourir.
Sur mon front la nuit sans étoiles Lance de sinistres éclairs, Le vent a déchiré mes voiles, Autour de moi grondent les mers, La vague monte et me soulève , Son écume vient me couvrir . . .
Un cri sourd gémit sur la grève . . . Mon Dieu , qu'il est doux de mourir.
Hff O TT 3E S
Pag. 99 // fut mon bienfaiteur , je ne le loûrai pas
Allusion à la pension accordée à l1 Auteur par S. A. R. le Duc de Gênes, et qui lui a été généreusement continuée par son Auguste Veuve.
« 118 Qu'Eléonora un joui' de gloire couronna
La Reine Eléonora d'Arborea, femme d'un génie extraordinaire et qui fut le législateur de la Sardaigne. » 147 Miradolo
Délicieuse maison de campagne de la famille Colombini, dans les environs de Pignerol.
» id. Où nous allions près du Chisson limpide
Le Chisone, torrent qui coule à peu de distance de Miradolo, et va se perdre dans le Pô.
» 150 Dans ce poème à grands traits crayonné
Le poème inédit Belle città italiane par madame Colombini , ouvrage qui renferme des beautés remarquables. » 175 Diciame
M. Louis Sassernô Lieutenant-Colonel dans Tannée française , aide-de-camp du Maréchal Massena. » 184 Aussi quand ta fraîche corbeille
Madame Richetta avait envoyé à F Auteur une corbeille de fleurs rares et magnifiques.
La Bibliothèque
Université d'Ottawa
Échéance
The Library
Universiry of Ottawa
Dot* du«