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dégoût Insfiiré au peuple artiste par toutes ces laideurs. Quant à Rome, si longtemps avare du sang des citoyens réservé pour les champs de tiataille, les vengeances impériales et proconsulaires, les jeux du cirque donnèrent la mesure réelle de son humanité.
La torture a été admise, il est vrai, par le Code chinois, comme moyen d^instruction, mais avec des précautions infinies
Avec quelle raison, quelle mesure les actes à punir sont pesés dans leur criminalité intrinsèque et au point de vue du danger qu'ils peuvent faire courir h la société! Il n'y a guère d'excès dans la répression que pour les crimes de lèse-majesté. Mais on sait que le prince est, en Chine, la bnse de tout l'ordre social. Ou comprend dès lors la sévérité des lois qui protègent ce qui le touche. Avons-nous d'ailleurs été toujours modérés à cet égard?
On se rappelle les garanties sérieuses offertes dans les ju- .gements; — l'arbitraire complètement enlevé au juge; — les assf^sseurs chargés d'éclairer, de surveiller; — l'appel réserve dans certains cas; — enfin l'examen, avant Texécution, de toutes les procédures parle prince lui-même, conseillé par une assemblée délibérante composée des hommes les plus éclairés et les plus illustres.
La législation civile n'est pas mouis remarquable.
La famille se trouve puissamment organisée.... à la romaine ; mais raulonié du père ne va pas jusqu'au despotisme sanglant du vieux BruLus. Il est vrai qu'elle absorbe la vie de l'enfant, mais c'est la un gage d'ordre et de paix. On se prend aujourd'hui à regretter ce vieux pouvoir du père de famille, à signaler les dangers de la Uberté et de l'indépendance absolue pour la jeunesse... A nos yeux, il y a là une conséquence nécessaire de cette loi d'émancipation progressive mais fatale, qui fait l'individu de plus en plus indépendant dans nos sociétés modernes; mais nous n'eu admirons pas moins la grandeur de la vieille famille patriarcale, la stabilité que sa forte constitution donne à l'ordre social, la tranquillité et la digijiie d'allure qu'elle imprime aux hommes et aux choses. G est là en etfet ce que les étrangers peuvent admirer eu Chine.
La iemme> il est vrai, se trouve, en (Mae^ assez mal par ta-
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gée aii j^kit de vue des droits sociaux; mais sommes-nous si génfyc&a DoiMkmtoies» nous, béritiers des Germaios et des Gaulois si fawahles à la femme» et qui ia trouvons encore relevée par la loi du Christ? Au reate, les moeurs, en Chine, ont suppléé à ht Ioi..« les voyageurs nous montrent la femme chinoise avec plus de liberté et d'influence à son foyer que n'en ont Jamais eu les femmes antiques, et le Code annamite, sous sa dureté apparente pour elle, est plein de dispositions bienvellhmtes et protectrioes.
Que Voa compare maintenant la position de Tesdave an* namite ou chinois, qu'il est défendu de maltraiter ou de prostituer, qui peut» par rémancipation, devenir un citoyen semblable aux autres, avec celle de l'esclave antique ou du serf attaché à ht glèbe.
Quelle différence entre l'homme du peuple, en Chine, et le Fellah égyptien, ou le colon des mauvais jours de l'empire romain ; la propriété est complète entre ses mains; les impôts paraissent modérés et répartis éqiiitablement sans privilège et sans abus... Le Gode recommaiide à chaque instant qu'on le traite avec égards et douceur. Aussi les guerres ci* viles et les révolutions n'ont-elles jamais eu pour cause, en Chine, l'hostilité des diverses classes les unes contre les autres, ou un mécontentement général contre l'administration.
Les lois sur les successions, sur les obligatiODs, à part l'éternelle sanction pénale, 8ont à peu près les mêmes que chez nous. Ils ont nos hypothèques, notre droit de gage, quelques règles de procédure simples et raisonnables. Le luxe, à cet égard, peut bien ne pas être considéré comme une richesse.
Au point de vue des droits sociaux, ils ne sont pas plus mal partagés que d'autres peuples.
A part la liberté politique, ils ont toutes les libertés possiles ; — droit d'aller et de vetiir (sauf le cas d'émigration en masse), — droit de choisir une profession, une religion parmi les religions reconnues, — droit de parvenir à tous les emplois. — Enfin ils n'ont jamais eu à supporter ces castes sacerdotales ou guerrières dont le joug a pesé si lourdement ur le ruotide aiitiqutî .
K6couuais60u8 donc que, il y a près de a,000 ans, ce pays
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était arrivé à un état de ^Itsatiofi très-flemblable à celui
dans lequel nous nous trouvons aujourd'hui. Ajoutons que cet état s'est conservé presque intact depuis cette époque. '
Mais il y a entre la race qui l'habite et les races européennes une différence qui réserve l'avenir à celles-ci.
Nous sommes faits pour le mouvement. Que l'on signale les dangers de cette mobilité vertigineuse qui entraîne nos sociétés; que l'on y cherche des remèdes cl des tempéraments, rien de mieux; mais encore faut-il s'incliner respectueusement devant cette loi providentielle du mouvement.
Cette loi, en définitive, c'est la loi du progrès, qui, née de nos instincts, favorisée par l'Évangile, nous a tirés de la désorganisation des premiers siècles de l'ère chrétienne pour nous élever à la grande civilisation moderne : ce qu'elle a fait dans le passe peut nous tranquilliser pour l'avenir (t).
En Chine, au contraire, ions les instincts du peuple aspirent à la stabilité, à l'ordre, au repos dans les choses de l'esprit. L'édifice social est d'une régularité merveilleuse et d*une solidité parfaite, mais le temps met sa main partout : des circonstances accidentelles peuvent découvrir quelques parties faibles. Le jour où pour sauver l'édifice il y aura nécessité de changer quelque chose au plan primitif, ce jour-là l'impuissance de vouloir ou d'essayer quelque chaDgemeut u'cntraiaera t-eiie pas la ruine tout entière?
D'ailleurs, qu'on ne se fasse pas illusion sur cet ordre que présente la société chinoise; il est plus apparent que réel: pour des causes différentes, la Chine a ses révolutions. Les nôtres, à tout prendre., valent encore mieux :• elles se font, au moins depuis le seizième siècle, au nom des idées ; celles qui ensanglantent l'Orient n'ont pour mobile qu'un fanatisme grossier ou des appétits matériels.
(1) Cette loi da progrès ne 8*aooiiM dam HmmiiûtA qm depuis ht vanne dn Christ. Jnsqne-là nons tronvons des soeiétés qui se tnasTonDeot, qiii ont des époques pins on moins brillantes { mtâê oetto amélioration oontinne, qui' s*attaelie plntdt à rhnmanité tont entière qv'à des sodétésindlvidnellosy
cette élévation pnrmanente dn niveau întélleotnd et moral des masses, le monde antique parait J être sâté étranger. — Les aptitudes de In xaoe' eaucasiqne peuvent être pour qnelqae chose dans cette marche en avant, mais il ne faut pa» oublier que l'hoiuieur eu revient ou granUe partie à l'Evaagile,
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Bofin, le despotisme qui fait la base même de TorganisatioD sociale cbiiioise est uoe autre cause d'infériorité. — Cette croyance dans la saiutelé, dans rinfàillibiiîté d'un être toutpuissant, dont la volonté peut absorber toute volonté, dont le caprice distribue le déshonneur et la mort^ n'est pas dans les Instincts vrais de l'humanité. Le respect et la servitude * sont deux choses différentes.
Sans doute le despotisme chinois n'est pas le despotisme turc : les règles» les tradition», les usages s'opposent à ce que le prince, malgré sa toute»puissanee, puisse vexer et tyranniser le peuple. C'est dans le cercle de ses conseillers que sa volonté capricieuse et despotique peut s'exercer. Le mandarin , représentant du prince , voit aussi son poavoir limité par une loi à laquelle il est tenu d'obéir, et qui règle tous les actes de sou administration. La hiérarchie des fonctionnaires, dangereuse au point de vue des libertés politiques, est certainement, au point de vue administratif, une garantie d'ordre et- de justice. Enfin le despotisme, en Chine, ne sTest jamais appuyé sur l'élémoit militaire.
En Turquie, rien de tout cela : la législation a été renf«r* mée dans un Code presque exclusivement religieux. Des peuples nomades, montés du premier coup à la vie civilisée, se sont trouvés sans autre loi civile que les habitudes de la tente : la tyrannie et l'arbitraire ont pu s'installer & tous les étages du pouvoir. Enfin, organisés pour le combat, pour la conquête, les l*urcs ont pu fournir à leurs souverains le pire instrument du despotisme, de grands corps militaires privilégiés.
On trouverait, au contraire, à l'état social en Chine, un rapport frappant avec la Russie. — Même douceur de mœurs chez les deux peuples, même facilité pour se iioumettre à la règle, même absence d'mitialive, même respect pour le pouvoir, même régime administralif, ajoutons même corruption. — En Ghiue comme en Russie, le souverain est l'être saint par excellence; la religion lui est humblement soumise. Il y a bien en Russie une noblesse héréditaire et territoriale ; mais son influence i)olitique est peu de chose, et les tentatives qu'elle a faites à plusieurs reprises, dernièrement encore, pour s'orgduiser en pouvoir social, indepeudani et pondérateur.
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ont toujours échoué (1). Par des coups d*État sanglaats les nobles ne sont parfois emparés du pouvoir, ils ne l'ont jamais possédé normalement et légitimement comme raristocralie anglaise.
Le grand malheur du despotisme, même mitigé, c'est qu'il abaisse les âmes, et, avec elles, le niveau de la morale publique ; c'ei^t qu'il a peur et qu'il veut (àire peur. L'ordre matériel ne sufQtpas à une société, 11 lui faut aussi l'ordre dans la vie morale; il ne lui sufflt pas d'être honnête, réglée, il faut qu'elle soit forte, qu'elle regarde en haut. En Russie comme . en Chine, aucune grandeur morale : les classes élevées sont vouées au scepticisme; le peuple, serviteur soumis du maître et de l'usage, susceptible parfois d'être enlevé par un fanatisme monarchique qui a sa grandeur, ne voit dans la vie ordinaire rien au-delà de ses appétits à satisfaire.
Ni en Chine, ni eu Russie, rien de ce que nous appelons la conscience, la moralité. publiques, filles des libertés publiques, liberté de croyanc^^ de pensée, de discussion. « Partout où vous serez assemblés en mon nom, je serai avec vous, » a dit le Christ. 11 y a là une vérité morale aussi bien qu'une vérité religieuse. Les hommes ne se sont jamais réuuis en liberté pour discuter leurs idpes, leurs intérêts, sans que la loi morale, le bien, cette splendeur du vrai» n'ait fini par s'imposer à leur conscience et à leur esprit.
Notre civilisation européenne, plus heureuse que l'Asie, a nourri ces grandes idées, ces grands principe9>, et il nous est permis de penser que, malgré des défaillances et des temps d'arrêt, elle conduit en définitive l'humanité vers des destinées meilleures. ^ ,
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