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Si l’on compare les dimensions ci-dessus avec celles qui ont été constatées chez d’autres Silures, nous les trouvons élevées par rapport à la longueur du corps. En nous basant sur le travail de Mô1LErR (1915), nous avons trouvé que chez les 10 Silures étudiés par lui, le cerveau occupait du 1/13 au 1/16 de la longueur totale du corps. Il s'ensuit que Corydoras possède un cerveau qui, proportionnellement, est plus long que celui de Phreatobius, Ameiurus, Callichthys, Saccobranchus, Doras longispinis, Ceptosis cæcutiens, Pimelodus grosokpfi, Clarias lazeræ, et Silurus glanis, car il occupe le 12,9 % c. v. d. 1/8 de la longueur totale du corps.
Nous avons constaté, dans le cerveau examiné, que les espaces périduraux sont très petits: tel est d’ailleurs le cas chez un très grand nombre de Téléostéens. Il est hors de doute que la petite taille du Poisson est en rapport avec cette constatation, ce que REICHEL (1927) avait d’ailleurs observé chez Phreatobius. La dimension restreinte des espaces périduraux est constante chez tous nos exemplaires de
Corydoras, qu’ils soient âgés d’un jour ou adultes.
Pourtant chez les spécimens âgés d’un jour et de rois semaines, ces espaces périduraux se présentent sous forme de sinus lymphatiques. Ces espaces se trouvent entre le lobe olfactif et les hémisphères cérébraux, ils s'étendent de ces derniers jusqu'aux lobes optiques (Mésencéphale) où ils s’élargissent avant de disparaître complètement. Dans le myélencéphale, nous avons constaté que la fosse rhomboïdale prenait naissance sous forme d’un espace péridural. Selon WEBER (1820), les « sacs paraduraux » de la racine de la moelle jouent un rôle très important. Chez Corydoras, ils représentent les « espaces latéraux myélencéphaliques > (voir chapitre VIT).
Le système nerveux central des Silures comprend six régions. Les deux premières proviennent de la vésicule antérieure de l’embryon, avec les hémis phères cérébraux appelé prosencéphale et du “erveau intermédiaire ou thalamencéphale; celui-ci forme lPinfundibulum avec lhypophyse, le sac vasculaire et les lobes inférieurs et porte dorsalement l’épiphyse et la paraphyse. Aux dépens de la vésicule embryonnaire moyenne, dans laquelle prend naissance laqueduc de Sylvius, se forment le cerveau moyen ou mésencéphale, les tubercules bijumeaux et les lobes optiques. Enfin de la dernière vésicule embryonnaire, contenant le quatrième ventricule, dérivent le cerveau postérieur ou mésencéphale, le cervelet et le myélencéphale eu moelle allongée. Finalement, la
moelle allongée se prolonge en moelle épinière.
Description du cerveau.
Lobes olfactifs. — Chez Corydoras, comme chez Callichthys, les lobes olfactifs sont en contact étroit avec les hémisphères. Ils ont la forme d’une chàtaigne et adhèrent complètement l’un à l’autre. De
leur partie antéro-latérale se détachent les filets ol-
FiGurEs 15 et 16. — Cerveau (vues dorsale et ventrale). Les lettres A, B, C, D, E, F et G représentent approximativement le niveau des coupes : Figures 18, 19, 20, 21, 22, 23 et 24.
factifs. Les lobes olfactifs ont 0,5 mm. de haut, 1 mm. de large et 0,5 mm. de long. Le nerf olfactif se dirige directement vers le nez où il entre en contact
avec l’épithélium des cavités nasales.
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Hémisphères. —— Les hémisphères cérébraux sont très développés chez Corydoras. Is sont séparés dorsalement par un assez profond sillon qui, par contre, n’existe pas à la face ventrale. Comme c’est le cas chez tous les Téléostéens, les hémisphères cérébraux sont striés, le nombre des stries n'étant pas très grand et leur présence peu évidente, particulièrement à la face ventrale; latéralement, elles font
défaut. Ces hémisphères sont lisses chez Clarias ango-
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FIGURE 17. — Cerveau (vue latérale).
lensis, c’est l’un des rares Silures qui partagent cette caractéristique avec Corydoras. D’un point de vue histologique, les cellules ganglionnaires sont nombreuses sur la face médiale (Fig. 18), près des espaces périduraux. Elles deviennent moins nombreuses là où les hémisphères s'unissent aux lobes optiques.
La commissure antérieure qui réunit les deux lobes est grande. Comparativement à la zone intérieure, la zone extérieure a peu de noyaux.
Les hémisphères sont ovales et aplatis. Leurs dimensions sont les suivantes : longueur 2,5 mm.; lar-
geur 2 mm.; hauteur 1,5 mm.
Un sillon longitudinal traverse leur face dorsale formant deux lobes comme chez Clarias lazeræ, Phreatobius cisternarum, Silurus glanis, etc Chez certains Silures, ce sillon se trouve aussi sur la face ventrale, même lorsqu'il est très difficile de distin-
guer cette séparation à cause de la commissure transversale.
FIGURE 18. — Coupe transversale du cerveau montrant le nerf optique.
Thalamencéphale. — Le thalamencéphale est la partie du cerveau que traversent les fibres du nerf optique. Morphologiquement, il est très difficile de distinguer le thalamencéphale. Les deux nerfs provenant des lobes optiques sont formés de fibres réunies en une sorte ‘le ruban passant latéralement aux lobes optiques, et se dirigeant par la partie antérieure du thalamencéphale vers le chiasma optique.
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Le thalamencéphale comprend linfundibulum et l'hypophyse et les lobes inférieurs, le sac vasculaire, l’épiphyse, la paraphyse. Il est difficile de distinguer l’'hypophyse car elle est enfouie dans la zone du tuber cinereum. L’épiphyse et la paraphyse semblent faire défaut, et nous n’en avons pas trouvé la moindre trace. Le sac vasculaire, quoique de dimensions réduites, est très évident; il est situé entre les deux lobes inférieurs et il constitue la partie la plus éloignée de la face inférieure du cerveau. Il a 0.5 mm. de long et à peu près autant de large. Les lobes inférieurs forment la partie la plus importante du cerveau dans cette région. Chaque lobe est séparé, dans ses parties médianes et postérieures, du lac vasculaire par un sillon. Vers le haut se trouve le tuber cinereum et, sur les côtés, les nerfs oculomoteurs. Les lobes inférieurs ont 1,5 mm. de long et 1 mm. de large.
Les ganglions hahénulaires sont considérés comme faisant partie du thalamencéphale. Ils sont très développés chez la plupart des Poissons, présentent une asymétrie caractéristique et ont une grande importance phylogénétique. HOLMGREN (1920) constata que le ganglion gauche est beaucoup plus grand chez les types primitifs tels que Acipenser, Amia, Clupea, OSmerus, etc.; il constata le contraire chez les Téléostéens supérieurs tels que Perca, Gadus, Centronotus, Coltus, ete Chez Corydoras, de même que chez Ameïurus, le ganglion droit est plus grand que le gauche.
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Mésencéphale. -- Le mésencéphale comprend les lobes optiques (Tectum opticum) qui sont très développés chez Corydoras; ici, comme chez presque tous les Téléostéens, ils forment la partie la plus volumineuse du cerveau. Chez les Silures, leurs dimensions varient et, selon MôLLEr (1915), atteint chez Doras longispinis le 1/6 de l’encéphale, chez Ameiurus le 1/3 et, selon REICHEL (1927), chez Phreatobius, le 1/12. Chez Corydoras, les lobes optiques ont 1/4 de la longueur de l’encéphale. Leurs dimensions et leur forme varient en conséquence. Chez Phreatobius et Amblyopsis qui sont des poissons aveugles, les lobes optiques sont atrophiés. Dans leur partie dorsale, les lobes sont légèrement concaves, sur leurs côtés ils sont arrondis, ce qui leur donne l’apparence d’hémisphères pour autant qu’on les regarde de profil, cette partie reposant sur la face ventrale de l’'infundibulum et du cervelet (Fig. 17). Sur le devant de la face ventrale, les nerfs optiques se séparent juste au-dessous du {uber cinereum; dorsalement, les lobes sont séparés par un sillon continuant celui qui sépare les deux hémisphères cérébraux.
Les coupes montrent que les lobes optiques sont beaucoup plus larges dans leur partie dorsale que dans leur partie ventrale; ce fait est dû à leur forme sphérique; on peut constater aussi que les cellules ganglhionnaires sont très nombreuses dans la partie médiane, immédiatement dans le voisinage des ventricules (Fig. 18, 19, 20).
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Au point de vue de leur structure intime, on peut
diviser les lobes optiques en trois régions :