AVANT-PROPOS
C'est un souvenir d'enfance qui nous revient à la mémoire, L'ile de Cos. Le soleil de l'été brûle les vignes et les blés. La mer Egée est bleue avec les îles toutes blanches. Au lointain, c'est la côte d'Asie Mineure. Ici où nous jouons avec d’autres petits Grecs de notre âge, au pied d’une colline où les fouilles entreprises ont été abandonnées depuis longtemps : des sièges de marbre, rongés par le temps, à moitié enfouis dans le sable, marquent encore la place où Hippocrate jadis réunissait ses élèves.
Maintenant, après avoir connu dans les Facultés de Médecine d'Athènes et de Lyon, de belles salles de cours et des laboratoires modernes et suivi, dans les Hôpitaux, les savantes leçons cliniques de nos maîtres, nous ne pouvons penser sans émotion à la petite patrie
ait labas si lointaine où dans la solitude de la colline brûlante, sous Le plein ciel, en face de l’horizon de mon enfance, Hippocrate, il y a plus de deux mille trois cents ans, créa la médecine.
Le sujet même de notre thèse ramène encore notre pensée à la Grèce ancienne.
Ainsi que la remarque a été faite déjà par plusieurs auteurs, ne faut-il pas voir, en effet, dans les Satyres, demi-dieux de la Mythologie grecque, non un produit de l'imagination vive et mobile d'un peuple artiste, mais l'observation d’une malformation tirée de la pathologie humaine. L'appendice caudal et les pieds fourchus des compagnons de Dionysos correspondraient à l'hypertrichose lombaire et aux déformations du pied, du Spina bifida occulta.
Si l'imagination des artistes a embelli ce lype primilif, elle lui a laissé cependant ses caractères essentiels que nous retrouvons, toujours les mêmes, dans le Satyre de Praxitèle comme dans le Safyre au repos de Prologène.
Il ne nous appartient pas d'établir si, pour les anciens Grecs, les Satyres représentaient vraiment un cas pathologique ou si celte figure mythologique n'était pour eux que l'image de l’homme sauvage, livré à ses instincts les plus brulaux et se rapprochant des êtres inférieurs par ses attributs humains et animaux.
IL est toutefois curieux de remarquer encore que cest un médecin de l'armée grecque, ORNSTEIN, qui, le premier, a attiré l'attention sur l'hypertrichose lombaire dans laquelle d'autres auteurs, après lui, verront
= qe le témoin le plus constant de la malformation vertébrale qui nous intéresse.
Cette question, en effet, a donné lieu à de nombreux travaux. Il était tentant d'y apporter une petite contribution.
M. le professeur Nové-JosseraxD a bien voulu nous permettre de l'entreprendre et de consacrer notre thèse inaugurale à l'étude anatomique et radiographique du Spina bifida occulta. Les conseils qu'il nous a donnés, les documents personnels qu'il a bien voulu mettre à notre disposition, l'extrême bonté aveclaquelle il nous a guidé dans notre travail ont facilité notre tâche. Qu'il veuille bien nous permettre de lui adresser ici l'hommage de notre profonde gratitude.
Nous n'oublhierons aucun de nos maîtres si dévoués, tant de la Faculté de Médecine que des Hôpitaux et de l'Ecole du Service de Santé Militaire.
M. le professeur LararJet qui a bien voulu mettre à notre disposition des pièces du Musée d’Anatomie et des sujels pour nos travaux personnels de dissection, trouvera 1c1 l'expression de notre gratitude.
Nous remercions vivement M. le professeur agrégé LaARoYENXE de l'observation et du dessin qu'il nous a si aimablement communiqués pour notre thèse.
Que M. le professeur agrégé Léon THéveNor veuille bien accepter toute notre reconnaissance pour l'intérêt qu 1l nous a porté au cours de nos études.
Nous avons gardé le meilleur souvenir du temps passé dans le Laboratoire d'Anatomie, près de M. le professeur agrégé HoveLAcQuE.
La grande affabilité de M. le D' Rexpu, assistant de
la Clinique chirurgicale infantile, restera toujours présente à notre mémoire.
Nous remercions M. le D' Cnassarp, radiographe de la Charité, qui a bien voulu nous prêter son précieux concours pour les interprétations radiographiques de notre travail.
Nous nous souviendrons de nos maîtres, de nos camarades. L'accueil de la France nous a été bien sensible... Nous l’aimions avant de la connaître. Le souvenir que nous garderons d'elle sera toujours vivace
dans notre cœur.