‹ Étude anatomique et systématique des molgulidées appartenant aux collections du Muséum de ParisChapitre 14 sur 21 · ANTOINE PSKOV · texte numérisé non relu

ANTOINE PSKOV

L’inteslin décrit une double anse et remonte assez haut vers le milieu de la face gauche. Cet intestin ouvert montre trois régions parfaitement distinctes :

1° Depuis l’œsophage jusqu’au voisinage de la glande génitale, c’est-à-dire jusqu’à l’anse supérieure, la paroi intestinale est recouverte d’une quantité considérable de glandules d’un rouge brun, dont l’épaisseur n’atteint pas moins de 2 millimètres par endroits, surtout au voisinage de l’œsophage. Ils font saillie dans la cavité intestinale et lui donnent un aspect villeux. Leur épaisseur diminue progressivement de l’œsophage jusqu’à l’anse supérieure, où ils ne forment plus que deux petites bandes distinctes, qui se terminent en pointe. Ils ne constituent probablement pas autre chose que la glande digestive que M. Lacaze-Duthierset les autres ascidiologues ont regardée comme un organe hépatique et qui, chez ces Molgulidées, présenterait un développement extraordinaire. Mais celle première partie de l’intestin présente uneautre particularité : c’est un sillon sinueux creusé dans sa paroi et le long de sa face profonde ; il est limité par les glandules hépatiques et son fond est absolument lisse. Il se détache avec la plus grande netteté entre ces glandules et sa largeur mesure au delà d’un millimètre. Il est aussi net que l’endostyle. Il représente évidemment le chemin que suivent les aliments dans cette première partie de l’intestin; il suffit d’ouvrir ce dernier pour s’en convaincre. Mais il n’y a pas lieu de penser pour cela que c’est uniquement ce sillon qui fait prendre aux résidus leur forme de petites cordelettes; le fait qu’on trouve de semblables cordelettes à une assez faible distance de l’œsophage, même chez les petites Molgules ordinaires dépourvues d’un tel sillon et d’une membrane spirale dans l’intestin, indique que cette forme en cordelettes se réalise en premier lieu dans le parcours de l’endostyle, où les particules alimentaires sont agglutinées à mesure qu’elles circulent. Chez les Siomatropa , le sillon inlerhépatique ne fait que continuer l’action du sillon endostylaire.

ÉTUDE DES MOLGULIDÉES.

Sur le plus pelil spécimen de Stomatropa qui existe dans les eolleclions et qui mesure environ 12 centimètres, le sillon hépatique est encore bien marqué, mais il n’est plus guère distinguable qu’à la loupe. Comme je ne me trouve en présence que d’une seule espèce de ce genre nouveau, je ne puis pas dire si le caractère fourni par ce sillon inlerhépatique est d’ordre spécifique ou d’ordre générique.

2° La seconde partie de l’intestin comprend l’anse supérieure, située au-dessous de la glande génitale. Ici, les glandules hépatiques ont pris fin, mais à une très faible distance, la surface interne de l'intestin, sur toute l’étendue de l’anse, présente d'autres glandules d'un jaune pâle, qui forment des bandes parallèles et lui donnent un peu l’aspect de l’estomac cannelé de certaines Ascidies composées. Celle région ne présente aucun renflement, aucun indice extérieur en rapport avec cette différenciation des parois internes. Mais les nombreuses glandes qu’elle renferme sont évidemment la marque d’une différenciation particulière, et je me propose de faire, à ce sujet, une étude comparée du tube digestif des différentes Molgulidées de la collection du Muséum.

3° Enfin, la dernière partie du tube digestif comprend la branche terminale qui part de l’anse supérieure pour aller s’ouvrir dans le cloaque. La surface interne de celte région est absolument lisse; aucune glande ne s’y montre.

L’anus est bordé par deux lèvres ou deux lobes d’assez grandes dimensions, l’un inférieur, l’autre supérieur; ils portent eux-mêmes chacun trois dents beaucoup plus fines, fougues et aiguës.

L’intestin ne présente aucune trace de membrane spirale.

Affinités. — Les Stomatropa villosa, par leur aspect extérieur et leur grande taille, rappellent les Ascopera Herdm. et les Molgulagigantea Herdm. provenant du Challenger . Une comparaison avec ces espèces est nécessaire.

1° Par leur grande taille et par leur siphon branchial, latéral et recourbé vers le bas, les Stomatropa villosa ressemblent aux deux espèces d 'Ascopera décrites par

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