‹ Étude anatomique et systématique des molgulidées appartenant aux collections du Muséum de ParisChapitre 15 sur 21 · ANN. SC. NAT. 7.QOL. VII · texte numérisé non relu

ANN. SC. NAT. 7.QOL. VII

1ATOIXE PIZOX.

Herdmann (1), lesquelles atteignent aussi de grandes dimensions (30 centimètres de longueur). Mais à cela se bornent les rapprochements qu’il est possible de faire entre ces différentes espèces.

Il y a d’abord quelques caractères extérieurs qui les différencient nettement; les Ascopera sont très longuement pédonculés, et la largeur de leur pédoncule est à peine le tiers de celle du corps. De plus, aucune des deux espèces d 'Ascopera n’est agglutinante, et la surface de leur tunique est lisse sur toute son étendue, tandis que celle des Stomatropa villosa présente, comme nous l’avons vu, un revêtement sableux de plus d’un centimètre d’épaisseur sur toute sa moitié inférieure.

Enfin, à défaut de ces caractères extérieurs, il y aurait encore les caractères anatomiques internes pour enlever tout doute. Les caractères génériques des Ascopera sont bien tranchés et bien différents de ceux des Stomatropa ; leur tube digestif a ses deux moitiés verticales et parallèles l’une à l’autre, en même temps qu’à la glande génitale; leur branchie a des trémas rectilignes ou courbes, mais jamais arrangés en spirale; les lobes de leurs siphons sont égaux et non dentés.

2° Les Stomatropa villosa se rapprochent davantage par leur forme générale des il lolgula gigantea Herdm. (2), et la comparaison de ces espèces s’impose d’aulant plus que les trois spécimens de Sir. villosa qui existent dans les collections du Muséum proviennent des mêmes régions que les Molgula gigantea étudiées par Herdmann. L’un des trois provient des côtes de Patagonie et un autre a été dragué près des îles Malouines, par 52°45 de latitude et 67°9 de longitude. Or, certains spécimens étudiés par Herdmann ont été également dragués sur les côtes de la Patagonie, d’autres par 52°20 de latitude et 68° de longitude.

11 est incontestable que, par leur forme générale, leurs

(1) Le « Challenger », vol. VI, pi. I à III.

(2) Voir Challenger , t. VI, p. 69 et pl. IV.

ÉTUDE DES M0LGUE1DÉES.

dimensions, l’aspect de leur tunique et le revêtement sableux qui les recouvre sur la moitié inférieure du corps, les espèces d’Herdmann et celles du Muséum de Paris se ressemblent beaucoup. Le plus grand spécimen de Molgula gigcintea présente 33 centimètres de longueur et dépasse par conséquent de beaucoup ceux de Stomatropci, qui ne mesurent pas plus de 20 cenlimèlres, mais cela ne conslilue pas évidemment une différence spécifique; d’ailleurs les spécimens du Challenger varient de 5 à 33 centimètres. Les siphons sont aussi placés de même dans les deux espèces, avec celte différence, il est vrai, qu’ils sont beaucoup plus longs chez les Stomatropa vi/losa.

La disposition des 1 rémas de la branchie, pas plus que les lames méridiennes et les côtes, ne présentent non plus de différence caractéristique.

Mais les Molgula gigantea possèdent 'seize tentacules à l’orifice branchial, tandis que les Stomatropa villosa n’en ont que huit.

A côté de ces différences et de ces ressemblances qui toutes sont d’ordre secondaire, il ne reste donc, pour distinguer ces deux formes, que leurs caractères génériques, qui sont parfaitement nets et sont basés, comme nous l’avons vu plus haut, sur la forme des siphons et des lobes dentelés qui en garnissent l’ouverture.

Habitat. — Sur les trois spécimens qui existent dans les collections, un provient des côtes de Patagonie où il a été recueilli par M. Ingouf; les deux autres ont été rapportés par la Mission scientifique de la Romanche , au Cap Horn, et ont été dragués aux îles Malouines, par 320 mètres de profondeur.

EXPLICATION DES PLANCHES

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