‹ Étude anatomique et systématique des molgulidées appartenant aux collections du Muséum de ParisChapitre 5 sur 21 · I. — Genre Paramolgula · texte numérisé non relu

I. — Genre Paramolgula

Son créateur, Traustedt, lui a assigné comme caractères :

Deux organes génitaux comme chez les Molgules et une branrhie voisine de celle des Eugyres.

Or l’examen de la branchie telle que l’a représentée Traustedt (1) montre que les infundibulums et les lames vasculaires qui les irriguent sont loin d’avoir la même taille,

(1) Ascidiæ simplices fra det stille Océan (Videnskabelige meddelelser, 1884 , pl. II, flg. 17).

amoim: pizoiv

la même régularité et la même structure que chez les Eugyres. Les infundibulums sont petits, d’inégale grandeur et en assez grand nombre dans l’intervalle qui sépare deux lames méridiennes; leurs trémas courts, ne font souvent que 1/3, 1/4 ou même 1/5 détour. Ils sont donc extrêmement éloignés de ceux des Eugyres qui forment une file régulière au-dessous de chaque méridien et ne sont constitués chacun que par deux trémas très longs , enroulés en sens inverse selon une double spirale.

Il suffit d’ailleurs de comparer la figure de Traustedt avec celle que M. Lacaze-Dul hiers a donnée pour YEugyra arenosa (1) ou avec celle d’Herdman pour YEugyra Kerguelenensis (2) pour se rendre compte des différences considérables qui séparent la branehie des Paramolgula de celle des Eugyres.

Avec ses infundibulums de petite taille et répartis sans ordre, ses trémas courts, ses vaisseaux sanguins en forme de lames entre-croisées dans tous les sens, la branehie de Paramolgida &st incontestablement une branehie de Molgulc et on ne voit pas qu’elle puisse être invoquée comme suffisamment caractéristique d’un genre spécial; si on le faisait, toutes les espèces du genre Molgule, par exemple, devraient être regardées comme autant de genres distincts ; il en serait de même des deux espèces d 'Ascopera Hedm., dont l’une a des trémas courbes et l’autre des trémas rectilignes de Cynthia, etc...

Par conséquent, le genre Paramolgula ne pouvant être maintenu à cause de la valeur générique insuffisante de sa branehie, il faut rechercher à quel genre voisin il se rattache le plus étroilement par l’ensemble de ses caractères anatomiques.

1° Les Paramolgula ne peuvent être idenlifiées avec les Eugyres non seulement à cause de leur branehie, mais

(1) Ascidies simples dis côtes de Finance (Arch. Zool. expérim., t. VI, 1877, pl. 27).

(2) Tuniciers du « Challenger », t. VI, 1882.

ÉTUDE UES M0LGUL1DÉES.

encore parce qu’elles possèdent deux glandes génitales.

2° Par leur glande génitale double et leur brancliie, les Paramolgula se rapprochent infiniment plus des Molgules. Mais la Paramolgula Schulzi Trausledt, qui a servi à la création du genre, a les lobes de ses orifices dentelés (1). Or, avec M. Lacaze-Duthiers, je reconnais combien les laciniures des lobes conslituent un caractère externe commode et d’observation facile pour pratiquer des coupures dans cette famille relativement homogène des Molgulidées. M. Lacaze- Dulliiers (2) les a utilisées pour caractériser son genre C te nie e lia.

Traustedt (3), au contraire, n’a pas admis ce genre et a maintenu la Molgula appendicuiata Heller, dont M. Lacaze- Duthiers avait fait avec raison Ctenicella appendicuiata.

Il est infiniment probable que Trausledt se fût aussi trouvé dans l’obligation d’accorder une importance générique aux dents des lobes siphonaux s’il s’était trouvé, comme nous, en présence d’un certain nombre de formes nouvelles, dans lesquelles il était nécessaire de pratiquer des coupures.

Mais ce genre Ctenicella a été aussi accepté par Drasche (4) qui a décrit également une C. appendicuiata — Molgula appendicuiata Heller, en faisant remarquer toutefois que son espèce n’est pas tout à fait la même que celle de la Méditerranée que M. Lacaze-Duthiers a identifiée avec M. appendicuiata Heller.

La Paramolgula Schulzi avec ses lobes laciniés, sabranchie percée de petits infundibulums irréguliers comme ceux des Molgules et sa double glande génitale, rentre donc exactement dans le genre Ctenicella Lac.-Dulh., et je propose de l’y incorporer sous le nom de Ctenicella Schulzi.

(1) Loc. cit., pl. IV, fig. 39.

(2) Arch. TjOoL experim ., t. VI, 1877, p. 604.

(3) Die einfachen Àscülien Golfe Neapel ( Mitth. Stalion Xeapel, 1883).

(4) Molgules de VAdriatique (Verhandlungen der Zoolog... in Wien, 1884).

avioüm: l'izo.v.

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