‹ Étude anatomique sur le segment cellulaire contractile et le tissu connectif du muscle cardiaqueChapitre 10 sur 36 · DÉDUCTIONS · texte numérisé non relu

DÉDUCTIONS

Dans les intervalles que laissent entre elles les mailles de ce réseau compliqué étendu dans toutes les directionu comme un filet sur les parois de chaque dépression en fossette, circulent des vaisseaux ordinairement injectés par les globules rouges. Dans ces mêmes intervalles, on voit les cellules du tissu connectif envoyer leurs prolongements protoplasmiques granuleux et délicats, anastomosés en un réseau bien différent du réseau musculaire. (Voy. fig. 1, pl. I).

Ainsi le caractère principal du réservoir urinaire de la grenouille considéré au point de vue de sa musculature, c'est de présenter les éléments contractiles disposés en un véritable filet. Tout les éléments de ce filet sont solidaires entre eux, puisque les cylindres primitifs de substance musculaire se poursuivent dans tous les sens en affectant au niveau de chacun de leurs points nodaux des rapports successifs avec un grand nombre de leurs congénères. La solidarité de Vacte contractile est assurée^ 'par cette disposition, sur tous les points du réseau musculaire enveloppant une même fossette.

De plus, la disposition du muscle sous forme de filet explique à la fois comment la réaction du contenant sur le contenu se fait uniformément sur tous les points de la surface, et comment aussi l'enveloppe musculaire peut opposer une résistance en quelque sorte Jiomogène aux efforts de dilatation consécutifs à l'accumulation d'une masse incompressible à l'intérieur de la cavité. Le muscle est ici disposé de façon à devenir un auxiliaire de la résistance.

Les caractères que nous venons d'indiquer dans un réservoir à parois contractiles pris pour type se poursui-

IG RENFLEMENTS AMPTJLIAIRES

vent dans la plupart des autres cas particuliers. Pour le dire en passant, l'aorte et la pulmonaire sont des réservoirs contractiles . L'imprégnation d'argent ^ de la tunique moyenne montre que les éléments musculaires de cette dernière sont arborisés et unis entre eux pour former un réseau analogue dans sa disposition à un filet. Ainsi s'expliquent les formes bizarres de cellules musculaires de ces grosses artères, formes si différentes de celles des éléments musculaires des artérioles et que M. Ranvier a depuis lomgtemps notées^.

Le fait est encore plus évident lorsqu'il s'agit de muscles lisses qui doublent la paroi des lymphatiques d'un certain calibre. Sur ce point, la disposition du muscle en réseau est particulièrement remarquable, notamment au niveau des confluents renflés en ampoule, qui donnent insertion à de petites valvules et constituent de minimes réservoirs disposés sur le trajet de la lymphe^.

Le long de ces mêmes canaux lymphatiques, chez certains animaux, les batraciens anoures par exemple, se voient des réservoirs contractiles qui constituent un point intermédiaire, pour ainsi dire, entre le réservoir doublé de réseaux de fibres lisses et ceux qui sont revêtus d'éléments musculaires disposés à la façon des fibres cardiaques; nous voulons parler des cœurs lymphatiques, lei encore les cylindres primitifs s'écartent et se rapprochent tour à tour, de manière à former un réseau de mailles. Le protoplasma musculaire et les noyaux qu'il

1 J. Renaut, Cours d'anatomie générale delà Faculté de Lyon ^ 32" leçon, 6 avril 1878.

2 Ranvier, Traité technique d'histologie, p. 565.

3 Ranvier, Traité technique d'histologie, p. (347-048, avec figure.

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