ET CŒURS LYMPHATIQUES
renferme sont disposés dans l'écartement des cylindres qui se dissocient incessamment pour s'accoler les uns aux autres.
Cette disposition, signalée pour la première fois par M. Ranvier* chez les batraciens, est surtout évidente dans le cœur lymphatique dorsal des crustacés ^. Examinons maintenant, comparativement aux divers réservoirs contractiles, dont la description sommaire vient d'être faite, la disposition de l'oreillette du cœur sanguin de la grenouille rousse. Si l'on procède par rapport à ce réservoir exactement de la même façon que pour la vessie urinaire de la grenouille, on voit que les éléments musculaires de l'oreillette sont également disposés en un réseau délicat affectant la forme d'un véritable filet, et dont tous les éléments sont solidaires entre eux.
Nous étudierons plus loin sommairement les différences qui existent entre ce réseau musculaire cardiaque et celui du cœur dorsal de l'écrevisse d'une part, celui de la vessie urinaire de la grenouille de l'autre ; mais un fait d'anatomie générale dont l'importance est ici capitale, est mis en lumière dans les considérations précédentes, c'est à savoir que le cœur sanguin n'est, au point de vue morphologique, qu'un cas particulier des réservoirs contractiles répandus sur plusieurs points de l'économie. Nous allons voir maintenant quels sont les caractères différentiels
1 Ranvier, Traité technique d'histologie, p. 706.
2 Nous adoptons ici cette opinion émise d'abord par M. Milne-Ed^vardSj puis développée et démontrée ensuite pleinement par M. Ranvier, que l'appareil circulatoire des invertébrés présente un type identique au fond Avec celui des lymphatiques des animaux supérieurs. Au point de vue de l'anatomie générale, M. Ranvier a, le premier, rais ce fait en lumière, en l'appuyant de raisons et d'arguments positifs. Nous lui rapportons tout l'honneur d'une démonstration aussi importante.
18 SUBSTANCE CONTRAGTILK SÏRIÉK
qui doiiiieat û la constitution de la musculature un caractère typique et qui crée, en quelque sorte son individualité anatomique.
Nous devons auparavant nous poser une seconde ques-. tion : le cœur est un réservoir contractile analogue à celui constitué par la vessie urinaire des batraciens et par les renflements situés le long des lymphatiques, en certains points singuliers, tels que la racine des membres, et qui battent rythmiquement par contraction brusque. Quelle est la caractéristique anatomique de ce muscle au point de vue même de la contraction ? En quoi le muscle cardiaque est-il analogue d'une part et différent de l'autre, des muscles striés soumis à la volonté, comme le biceps ou le grand adducteur par exemple?
On sait que la substance contractile striée n'est autre chose qu'une édification protoplasmique par êlahoraLion ; ce point demande une explication préalable. Certains éléments anatomiques se transforment dans leurs parties constituantes ou se modifient en vue d'une adaptation à des fonctions spéciales. Pour prendre un exemple, une cellule plate moulée et appliquée comme un manteau à la surface d'une arborisation cylindre -axile nue devient, au fur et à mesure du développement, l'origine d'un système cellulaire spécial, celui du segment interannulaire, qui enveloppe le cylindre d'axe.
Plus simplement, si nous examinons ce qui se passe dans la formation des vésicules adipeuses, nous constatons que l'origine de ces dernières n'est autre chose que les éléments cellulaires qui entourent les vaisseaux capillaires ou môme les derniers vaisseaux de distribution, et qui constituent les cellules improprement appelées pé-