VESSIE TRINAIRE DE LA GRENOUILLE
cet ordre d'idées, la vessie urinaire de la grenouille constitue le meilleur objet d'étude.
Une grenouille est assommée par un coup sur la tête ; le plus ordinairement dans ce cas la vessie ne se vide pas. L'animal est ouvert, le pédicule de la vessie pleine est isolé ; on y jette une ligature d'attente puis, en piquant ce pédicule avec une canule tranchante aboutissant à une seringue munie d'un robinet à trois voies, on fait une injection de nitrate d'argent à 1 0/0 dans la cavité du réservoir urinaire, qui se distend alors au maximum.
Dès que l'on voit le sac vésical commencer à devenir opalescent, on aspire le liquide qu'il contient et l'on introduit successivement, sans enlever la canule, de l'eau distillée, puis de l'alcool à 36° de Cartier. Au bout de quelques minutes le sac vésical est fixé dans sa forme à l'état d'extension parfaite; on peut l'enlever, le diviser avec des ciseaux et l'étendre par fragments sur une lame de verre sans qu'aucune rétraction ne se produise dans les lambeaux ainsi étalés. L'épithélium vésical est alors imprégné d'argent; à l'aide d'un pinceau un peu dur on enlève cet épithélium par lambeaux, de façon à décou vrir les plans musculaires ; lorsque cet enlèvement a été effectué exactement, ce qui est facile, on colore la préparation à l'aide de l'hématoxyline et de l'éosine, puis on la monte dans la glycérine salée à 1 0/0 et on peut ob server la disposition suivante * :
Les muscles lisses du réservoir vésical sont disposés par faisceaux qui circonscrivent une série de loges ou d'alvéoles. Les travées interloculaires sont formées de
1 J. Renaut, Cours d'anatomie générale de la Faculté de médecine de Lyon; 23' leçon 9 mars 1878