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L’intolérance du traitement arsenical inspire alors une autre médication : on essaye des injections hypodermiques de liquide organique de rate et de moelle des os fourni par le commerce. Ce liquide obtenu, d'après le fabricant, par un mélange à parties égales d’eau salée et de macération des tissus dans la glvcérine, filtréet stérilisé par des procédés spéciaux, se présentait dans des ampoules de verre fermées à la lampe, d’une contenance de 3 centimètres cubes.
Le 22 janvier, après les précautions d'usage, on injecte, au moyen de la seringue de Debove, le contenu d’une ampoule dans la région externe de la cuisse droite.
Un quart d'heure après l'injection, le malade accuse une douleur intolérable partant du lieu de la piqüre et irradiant en divers sens: on doit faire, pour la soulager, une injection d’un centimètre cube de morphine.
Le 24, on fractionne la dose de liquide injectée pour éviter, si possible, la réaction douloureuse : les 3 cent. cubes sont partagés en quatre seringuées poussées respectivement sous la peau des bras et des fesses. La douleur est moinsforte, mais exige encore une piqûre de morphine.
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On abandonne alors cette méthode et l'on fait ingérer dans du bouillon le liquide organique à raison de 3 cent, cubes par jour.
Quinze jours après, le 7 février, aucun résultat thérapeutique n'étant obtenu, on remplace le liquide organique par de la moelle osseuse de veau ingérée crue, étalée sur du pain (1). Cette médication est subie avec répugnance par le malade, qui n'a d'ailleurs à ce moment que très peu d'appétit ; aussi est-elle assez mal suivie.
L'aggravation de l'état général ne fait que s'accentuer : les œdèmes sont persistants, le décubitus horizontal est rendu impossible par des douleurs extrémement vives déterminées par le contact du lit et irradiant en tous sens; le niveau de l'épanchement pleurétique atteint l'épine de l'omoplate et augmente la dyspnée habituelle; le malade, affaibli par l'insomnie, les douleurs, les démangeaisons, la transpiration profuse de la nuitet le défaut de nourriture, passe ses journées et la plus grande partie de ses nuits assis sur une chaise au pied de son lit. Son teint est devenu blafard, ses traits sont tirés, les joues sont molles et pendantes.
Le 15 février, D..., qui depuis deux jours avait des démangeaisons vives au niveau de la région costo-mammaire gauche, vit apparaître quelques vésicules claires disséminées et très démangeantes.
Le 16, on constatait une éruption confluente de vésicules dessinant le trajet du sixième nerf intercostal gauche, un véritable zona. Le zona forme une demi-ceinture nettement arrêtée à la ligne épineuse en arrière el à l'appendice xiphoïdien enavant; les vésicules, de grandeur inégale, contiennent un liquide à peine louche et sont développées sur un fond érythémateux qui déborde en largeur la bande d'éruption: dans toute son étendue, on note de l'anesthésie cutanée (Traitement classique du zona).
Dès le 17, le contenu de la plupart des vésicules est purulent. Les jours suivants, on assiste à la rupture des vésicules, qui laissent à leur place des ulcérations assez profondes et très douloureuses. On applique une pommade cocainée.
Presque en même temps, vers le 16, le malade accuse un endo-
(1) Traitement conseillé par MM. Fraser (d'Edimbourg) et Bigger (de Londres). Voir Semaine médicale, année 1891, annexes, page 292.
[Jours dela Maladie
Jawter 1895