S IIT.— EXAMEN DE LA MOELLE OSSEUSE PATHOLOGIQUE SUR COUPES
Les meilleures préparations sont celles obtenues par fixation dans le liquide de Flemming et coloration soit par la safranine, soit par le carmin aluné et l'acide picrique.
On y voit un petit nombre de cellules adipeuses disséminées dans la coupe. Le reste de la coupe est constitué par un tissu riche en cellules traversé de nombreux capillaires à grand calibre et parsemé de nombreux foyers hémorrhagiques.
L'examen à un fort grossissement montre une structure réticulée très analogue à celle d’un ganglion lymphatique. Le réticulum est formé de trabécules très inégales d'épaisseur; assez souvent, une
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trabécule forte circonscrit une grande fenêtre à croisillons, c'est-àdire subdivisée en petites fenêtres par un réticulum délicat, Dans l'intérieur de ce réticulum, on distingue çà et là des cellules fixes dont les noyaux sont allongés, assez fortement colorés et grôles. On les rencontre dans les points nodaux ou dans l’axe des trabécules un peu épaisses,
Les mailles du réticulum sont aussi très inégales et renferment les unes un seul élément cellulaire, les autres 2, 3 et jusqu'à une vingtaine.
Ces cellules sont les suivantes :
a. Cellules adipeuses dont une seule remplit ordinairement un alvéole ;
b. Les cellules médullaires ;
c. Des cellules géantes ;
d. De petites cellules à noyau vivement coloré, du type lymphocyte.
On n’a pas pu reconnaitre sur les coupes les éléments du type globule rouge à noyau, car on n’avait employé comme moyens de fixation que les liquides de Roule et de Flemming qui fixent mal l'hémo-
globine.
Nous allons décrire successivement ces divers ordres d'éléments : 1° Cellules adipeuses. — Certaines présentent une large goutte
sphérique de graisse et un noyau aplati et situé à la périphérie ; quelquefois, on voit la goutte huileuse rétrécie et occupant le centre d'une masse protoplasmique à gros noyau unique ou à plusieurs noyaux.
2 Les cellules médullaires sont, les ünes, appliquées contre les parois du réticulum, à la manière de cellules endothéliales, les autres sont sphériques et libres dans lalumière; quand elles sont très nombreuses dans un alvéole, elles deviennent polyédriques par pression réciproque.
Un assez grand nombre de ces cellules sont frappées de nécrose. Le noyau est complètement indistinet ou dessiné seulement par un contour, dans l'intérieur duquelun ou deux points de chromatine restent parfaitement colorés. Mais, la majeure partie descellules présentent les signes d’une active multiplication : tantôtleur noyau est vo-
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lumineux, festonné, riche en chromatine, tantôt il est presque divisé endeux par une profonde incisure, d'autres fois, il présente manifestement un ou deux bourgeons plus petits que la masse principale. Le terme ultime de cette fragmentation indirecte paraît être le leucocyte polynueléé, car on rencontre un grand nombre de ces éléments bien caractérisés, ayant les mêmes dimensions que la cellule médullaire, le même protoplasma clair, mais avec un noyau recourbé en fer à cheval ou 2, 3 ou 4 petits noyaux. Dans d'autres cellules médullaires, on observe les figures typiques de la karyokinèse, et il nous a semblé que les cellules résultant de la division sous cette forme appartenaient au type lymphocyte.
3° Lymphocytes.— Ces éléments sont caractérisés par leurs petites dimensions, leur noyau sphérique, fortement et uniformément coloré, présentant dans les préparations colorées par la safranine un éclat orangé très vif. Leur protoplasma ne forme qu'une mince couche autour du noyau.
Ces éléments sont très inégalement répartis dans la coupe. Beaucoup d'alvéoles n'en renferment pas; dans quelques alvéoles, au contraire, on en rencontre de petits amas de 5, 6 jusqu à 10. Les uns sont libres dans la lumière de l'alvéole, d'autres sont appliqués contre la paroi, ordinairement par couple affronté, disposition indiquant leur formation récente par karyokinèse d'une cellule endothéliale. Les éléments de cet ordre sont très rarement atteints de nécrose.
4° Les cellules géantes sont très nombreuses, plus nombreuses et surtout plus volumineuses qu’à l’état normal. Elles sont assez régulièrement disséminées dans l'étendue de la préparation ; tantôt une cellule géante occupe à elle seule toute la lumière d’un alvéole, d'au-tres fois, elle est accompagnée de plusieurs cellules du type médullaire. Les cellules géantes présentent, comme ces dernières, tantôt la nécrose, tantôt l'active prolifération. Le nombre des cellules nécrosées est relativement considérable. Elles se font remarquer par la coloration sombre de leur protoplasma et la disparition plus ou moins complète de leur noyau. Les autres cellules géantes présentent, au contraire, les indices d’une multiplication de leur noyau, tantôt par fragmentation directe, tantôt par fragmentation indirecte.
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Parfois ces cellules géantes paraissent posséder la propriété phagocytaire, car on rencontre dans leur protoplasma un globule blanc parfaitement reconnaissable à ses multiples noyaux. Les cellules sont tantôt bien sphériques, tantôt pourvues de plusieurs prolongements à la manière des cellules rameuses du tissu conjonctif. Quelquefois, elles paraissent résulter manifestement de la conglomération de plusieurs cellules du type médullaire.