‹ Étude Anatomo-Pathologique d'un Cas de LymphadénieChapitre 27 sur 42 · IV · texte numérisé non relu

IV

Parmi les altérations de la moelle osseuse, il faut signaler tout d’abord la nécrose que présentent les cellules médullaires et les cellules géantes : c’est la première fois que nous consta tons cette dégénération, mais nous la retrouverons à un degré plus intense dans certaines glandes et, en particulier, dans le rein, et nous en discuterons à ce moment la signification. Cette nécrose n’est ici, d’ailleurs, qu’au second plan; ce qui prédomine dans la moelle osseuse, c’est l’altération formative qui se manifeste dans les divers éléments.

On sait que la moelle est construite sur le même plan qu'un ganglion, avec cette différence qu’elle se compose uniquement d’un réticulum tapissé de cellules endothéliales et circonserivant des mailles où sont enfermés divers éléments cellulaires. Ces éléments, qui traduisent tous, dans notre cas, la tendance proliférative, sont les suivants :

1° Des cellules adipeuses devenues rares et dont les survivantes montrent la disparition de la graisse devant l’augmentation de volume du protoplasma et des noyaux.

2° Des cellules du type médulocelle qui nous ont paru provenir par prolifération des cellules endothéliales et tendre à se transformer en leucocytes polynucléés.

3° Des cellules du type Lymphocyte paraissant également résulter de la prolifération des cellules ‘endothéliales et très

no irrégulièrement réparties, assez nombreuses dans certains alvéoles, manquant complètement dans certains autres.

4 Des cellules géantes plus nombreuses qu'à l’état normal, mais surtout plus volumineases et pourvues de noyaux plus exubérants. Ces cellules nous ont semblé quelquefois résulter manifestement de la conglomération de plusieurs cellules du type médullaire et se sont montrées parfois phagocylaires.

5° Des globules rouges nucléés: nous ne les avons pas relrouvés sur les coupes, les procédés de fixation emplovés ne se prèlant pas à cetle recherche, mais dans les préparations fraiches, ils se sont montrés assez nombreux, sans qu’on puisse affirmer qu'ils le fussent autant qu’à l’état normal.

En résumé, la moelle osseuse nous révèle, en première ligne, l'origine des leucocytes polynucléés qui prédominatent dans le sang leucémique: elle a pu contribuer à y introduire des lymphocytes, et enfin elle nous à paru fabriquer des globules rouges en assez grande quantité. Ajoutons qu'elle ne présente aucune trace de cette dégénération scléreuse que nous avons vu caractériser le processus ganglionnaire.

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